En allant vers Saint-Loup, le métro 2 cherche encore son terminus

Décryptage
Julien Vinzent_
3 Nov 2017 12

La métropole pose un nouveau jalon vers le prolongement du métro de Dromel à Saint-Loup, avec le lancement d'un appel d'offres visant à déterminer précisément le projet et ainsi préparer le coup d'envoi des travaux. Parmi les questions à trancher, celle, de taille, du rajout d'une station supplémentaire sur le site de l'ancienne usine Rivoire et Carret.

Vue aérienne projetée du terminus Rivoire et Carret, par le cabinet Tangram, avec une esplanade bordant les bâtiments.

Alors que les premières études datent de 1986, l’extension vers Saint-Loup de la ligne du métro 2 avance tranquillement mais on ne sait pas encore vers où (lire notre précédent article). Une question principale reste à régler : celle du terminus. Depuis deux ans, deux options sont sur la table avec l’ajout possible d’une sixième station au niveau de l’ancienne usine Rivoire et Carret (11e). Soit 527 mètres plus loin que le premier terminus pressenti, au niveau du lycée Marcel-Pagnol. Mais ce rajout d’un demi kilomètre est forcément coûteux et complexe, alors la métropole hésite. Elle cherche donc un peu d’aide.

Déterminer quel serait le meilleur terminus fera partie des missions de l’assistant à maîtrise d’ouvrage que recherche la collectivité. Plus généralement, celui-ci devra finaliser le programme des travaux, passer les marchés, préparer la concertation publique… Il s’agit de la traduction du vote il y a près d’un an d’une enveloppe 15,3 millions d’euros afin de couvrir ces premières phases d’études. Si cette mission doit commencer en janvier prochain, le démarrage des travaux ne devrait pas intervenir avant 2021 et la mise en service de ce tronçon de plus de 4 kilomètres bien après 2025.

Pour déterminer où s’arrêtera la ligne 2, la question s’attardera surtout sur les correspondances en bus. « Des difficultés circulatoires sont apparues dans l’élaboration des scénarios de restructuration du réseau de bus, liées à l’emplacement de la station terminus à Saint-Loup Pagnol », s’inquiétait la métropole l’an dernier. Poursuivre jusqu’à la friche industrielle Rivoire et Carret permettrait d’accueillir plus facilement quatre lignes de bus et un parking-relais de 300 voire 500 places. 90 % des voyageurs de cette station seraient en correspondance avec une des lignes en provenance ou à destination de La Valentine, Saint-Marcel, Éoures… En parallèle, la métropole compte profiter de l’arrivée du métro pour raccourcir et réorganiser les lignes de bus. Les économies dégagées (2,1 millions d’euros par an) viendraient en partie compenser les 8,2 millions d’euros nécessaires chaque année pour faire rouler le métro sur la future extension.

La réorganisation du réseau de bus prévue avec l’arrivée du métro.

L’hypothèse ne semble pas encore définitivement retenue puisque l’appel d’offres du 23 octobre présente le prolongement à cinq stations comme le scénario de base. Le prestataire retenu devra cependant « prendre en compte » l’option Rivoire et Carret et « compléter l’étude de pré-faisabilité réalisée en 2015 » sur ce sujet. Cette dernière estime le coût global de cette variante à 694 millions d’euros, soit environ 100 millions de rallonge.  Pas négligeable quand on sait que la station Maison-blanche a déjà été ajoutée au projet initial faisant ressembler cette extension à un serpentin. « Je défends ardemment ce choix qui correspond à une véritable logique de desserte de la vallée de l’Huveaune », commente Lionel Royer-Perreaut, maire LR des 9e et 10e arrondissements.

Une complexité supplémentaire vient s’ajouter à ce dossier. En mars 2017, la métropole, encore elle, a lancé un projet d’envergure sur ce même site de Rivoire et Carret. Il s’agit de regrouper en un « centre technique métropolitain » plusieurs services, notamment les garages Rabatau et Crillon ainsi qu’une partie du centre de transfert des déchets de la Capelette. Les deux projets sont-il compatibles ? « Nous y travaillons », assure Lionel Royer-Perreaut.

La dernière inconnue, qui risque de peser sur le calendrier, est celle du financement. Le prolongement du métro est inscrit dans l’agenda de la mobilité métropolitaine voté en décembre 2016. Il y côtoie de nombreux autres projets, situés à Marseille comme dans le reste de la métropole. La métropole, aux capacités d’investissement limitées, parviendra-t-elle à les mener de front ? La réponse dépendra du soutien de l’État, dont l’ampleur est encore attendue par les élus locaux.

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