Le grand écart de Renaud Muselier

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le 30 Jan 2012
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Exercice convenu que celui des voeux où journalistes et hommes politiques s’échangent des souhaits de bonne santé et de réussite plus ou moins sincères. Renaud Muselier était ce jeudi un des derniers à s’y coller au nom d’on ne sait laquelle de ces multiples casquettes. Un plein sac de couvre-chefs dans lequel le député a semblé se perdre au cours d’un discours particulièrement lu voire ânnoné. Ce qui tranche avec le discours enlevé et sans notes qu’il a donné le lendemain lors des voeux de la mairie du 4/5 aux côtés de « son cher Bruno » Gilles, le sénateur-maire et de Jean-Claude Gaudin.

Dans toutes ces fonctions, il y a aussi celles qu’il aimerait avoir. Ainsi, comme Jean-Claude Gaudin a entrouvert la porte, Renaud Muselier a inévitablement été interrogé sur les municipales de 2014. Plus d’ailleurs que sur les législatives de juin où il se représente dans sa 5e circonscription. « J’ai toujours été candidat à la mairie de Marseille, je le suis toujours », lance-t-il tout en estimant qu’il n’est pas temps de s’engager plus avant.

Le sniper

Non, l’heure est à se positionner. Dans le sillon de Gaudin de préférence. Dans la sphère politique locale, l’élu du 4/5 s’échine à endosser un double costume : riposteur en chef et grand sage. Pas toujours facile à mélanger. D’un côté, Muselier tire sur tout ce qui bouge. Le deuxième tome de l’Affaire Guérini est déjà à l’écriture, le projet Hollande est décortiqué une heure à peine après son annonce sur le mode déjà connu du candidat relou-flou-mou du genou. La gestion de MPM est elle aussi passée à la moulinette : dépense outrancière de l’argent public, recul des investissements, carence dans les services de propreté et de transports : Magnéto Esther.

L’effet d’accumulation marche à plein, quitte à grossir le trait. Par exemple, la communauté urbaine, dont « Muso » est au passage le premier vice-président, a récupéré depuis 2008 de nouvelles compétences auparavant dévolues à la Ville, ce qui explique au moins en partie l’augmentation de certaines dépenses.

On retrouve là encore le modèle de la riposte tous azimuts lancés autour du président Sarkozy pour la campagne présidentielle. Le site de Renaud Muselier est devenu un véritable organe de réponse à toute déclaration du candidat socialiste, multipliant les « réactions ».

Miser sur l’expérience

Mais le député ne peut se contenter de ce rôle de porte-flingue de Nicolas Sarkozy. Il reste persuadé que son CV fera la différence pour être choisi comme candidat UMP en 2014 parmi les Teissier, Blum, Tian voire Boyer. Il est « le seul à avoir été ministre » : « deux fois », précise-t-il sans ajouter qu’il s’agissait d’un même poste dans deux gouvernements successifs. Il entend bien faire oublier la petite phrase que tout le monde a retenu comme un résumé de son passage en tant que secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères aux côtés de Dominique de Villepin : « Il fait tout et je m’occupe du reste ».

Paris au service de Marseille

Il valorise aujourd’hui cette expérience en cumulant les présidences de l’Institut du monde arabe (Ima) et du conseil culturel de l’Union pour la Méditerranée. A l’Ima, alors qu’il l’excluait il y a quelques mois, il entend se rapprocher des quartiers populaires. « C’est un outil indispensable pour la paix dans nos quartiers », estime-t-il en expliquant que la culture doit favoriser l’intégration de « jeunes dont l’identité est partagée entre les deux rives de la Méditerranée ». Il faut bien que ce poste parisien, peu médiatisé, se voie à Marseille. Pour enfoncer le clou, il verrait bien la ville être jumelée avec Bengazi, cité symbole de la révolution libyenne. Ca mange pas de pain, c’est symbolique et ça peut buzzer. Tout bénéf’.
Renaud Muselier, l’ancien champion universitaire de rugby, veut se placer au-dessus de la mêlée. « Muso », c’est l’abeille qui survole mais aussi celle qui pique plus souvent qu’à son tour. A Marseille, « face aux collabos de tout bord » (on vous laisse apprécier le point Godwin), il veut aussi apparaître comme le visionnaire, celui qui, seul ou presque, contre les corporatismes, a toujours su distinguer l’intérêt général. Quoi qu’il arrive, il était là.

Renaud Muselier n’a pas peur de tenter le grand écart. Au risque d’avoir les adducteurs qui sifflent quand se lancera définitivement la seule campagne qui l’intéresse vraiment.

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Commentaires

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  1. aléthéïa aléthéïa

    Bonjour Jean-Marie,

    ton article est interessant mais je suis étudiante en Master 2 droit des collectivités territoriales et je ne vois pas de quoi tu parles quand tu évoques les compétences supplémentaires de MPM depuis 2008.

    pourrais-tu m’éclairer?

    Après tu fais référence au point Godwin qd Muso évoque les collabo de tous bords. mais le point Godwin, trop souvent évoqué à tord, ne s’applique que lors d’un débat et fait référence au moment ou l’un des contradicteurs n’ayant plus d’autre argument traite son interlocuteur de “fasciste” ou autre joyeusetés pour le décrédibiliser sur un plan moral.

    je ne suis pas sur que ce soit l’objectif de Muselier qd il évoque ces “collabos”…

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  2. jexprime jexprime

    On a les sources que l’on peut à Marsactu !! Le blog de la conseillère communiste du coin !!!!
    Qui vous dit qu’elle dit vrai ? Verifiez vos sources, ce que vous faites normalement quand cela provient d’un politique….
    Et si vous pouvez être un peu plus précis, parce que je n’ai aucune envie de me “taper” tout le blog de cette élue pour trouver la réponse à la question claire qui vous été posée.

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  3. Chris Chris

    “Mais le député ne peut se contenter de ce rôle de porte-flingue de Nicolas Sarkozy”

    Pourtant il le devrait, sachant le mépris que Sarko entretient pour Muso, qui lui fait se pincer les narines aussi fort que quand il rencontre Gaudin : je ne serais pas étonné que ce soit la même cuiller qui lui serve à diner avec les deux.

    Le respect se gagne, il ne s’impose pas, et Muso aurait tout à gagner à admettre que le vent qui le portera ne sera que celui du changement de réseaux. Faire bouger. A tous prix, y compris le sien. Jusqu’au suivant.

    LA question : qu’aurait-il fait s’il avait eu le siège de président de MPM ? Aurait-il balancé ?

    QUI pour répondre ?….

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  4. Fifrelin Fifrelin

    Quand muso a été nommé ministre, c’est à ce moment qu’ont a pu mesurer le niveau de dégringolade du niveau du personnel politique.
    muso le niveau zéro de la politique comme son maître à “penser” sarkozy.

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  5. pellicani Christian pellicani Christian

    Bravo pour la conclusion : c’est tout lui !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

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  6. Ricou 24. Ricou 24.

    Mohicane,

    Contactez moi pour être moins seule,parlez moi de ce dossier pourri,on verra ce que l on pourra en faire(sans lettre anonyme).
    Mais vous savez on va avoir droit au travers du système face à nous,et au risque de prescription en premier lieu.

    R expliquez nous,je n ai pas bien compris dans le détail les malversations.

    Ricou 24.

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  7. cani cani

    “Il reste persuadé que son CV fera la différence pour être choisi comme candidat UMP en 2014 parmi les Teissier, Blum, Tian voire Boyer”
    il ne faut pas en rajouier !!!!!!!!!!!!!!!
    Régionales : perdu
    MPM ; perdu
    Mairie de secteur gagnée grace à Bruno Gilles

    un peu de pudeur et de modestie

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  8. Tresorier Tresorier

    Muselier a bien des défauts et traîne une réputation de perdant (comme Masse au PS), mais a au moins le mérite de vouloir faire sauter le système, du moins en apparence.

    Car la gestion de nos élus, toutes tendances confondues, n’a pas lieu de nous réjouir.

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  9. si...mais!! si...mais!!

    Le couteau suisse de l’UMP me fait penser à Gargantua, mais qui lui donnera la potion pour lui laver le cerveau et le rendre intelligent ?

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  10. le chevalier blanc le chevalier blanc

    Gaudin mourrant, Muso out, Tian pas assez intelligent, Teissier qui traine une jeunesse facho, Guerini qui va mal, menucci qui se prend pour le roi, samia pas dans le coup, caselli qui joue le ravi de la creche il ne reste que pincemoi

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