"Le conseil de quartier entre démocratie participative et représentative"

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le 12 Déc 2012
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Spécialiste du gouvernement local, Cesare Mattina est sociologue au sein du laboratoire de sociologie méditerranéenne (Lames) à Aix et enseignant à la faculté. Une grande partie de ses recherches est consacrée au cas marseillais notamment à travers les relations clientélaires entre des élus et des électeurs, ou à la formation de clientèle politique au sein des partis. "Pour donner une définition minimale, il s'agit d'échanges intéressés de biens et services contre des voix et des soutiens politiques. Je m'intéresse aussi à la redistribution de ressources clientélaires, les emplois publics et les logements sociaux mais aussi des biens communs comme le goudronnage d'une rue, l'éclairage ou la propreté".

Dans le gouvernement local de Marseille, ce type de fonctionnement connaît un véritable développement au tournant des deux siècles, à l'époque où se constituent des quartiers ouvriers en marge des industries, notamment dans les quartiers nord. C'est aussi à cette époque que se créent les premiers Comités d'intérêt de quartier (CIQ). Associations qui tiennent aujourd'hui encore le haut du pavé de la relation avec les élus.

Premier conseil de quartier

Pourtant, la loi Vaillant de 2002 déploie dans les grandes villes un nouveau dispositif baptisé conseil de quartier. Or, sous la double pression du maire de Marseille et de la confédération des CIQ, ce dispositif novateur ne sera pas mis en place à Marseille. "A l'époque, le maire estimait que la concertation avec les CIQ notamment à travers les Conseils d'initiatives et de consultation d'arrondissement fonctionnait très bien". La loi n'a donc pas été appliquée à Marseille. Pourtant, tout dernièrement, un collectif d'habitants de Noailles appuyé par la mairie de secteur du centre ville a créé le premier conseil de quartier marseillais. Il tenait sa première réunion plénière, ce jeudi.

"Dans les villes où ces dispositifs ont été mis en place, à Toulon ou à Nice, les conseils ont un périmètre beaucoup plus large que les conseils de quartier. Ils permettent de sortir du problème microlocal. C'est d'ailleurs une volonté du législateur de créer une instance de concertation avec des associations qui peuvent être de nature plus généraliste. C'est le maire qui décide globalement de sa composition. Il exprime ensuite des avis". C'était là un des reproches les plus vifs de la présidente de la confédération des CIQ, Monique Cordier, qui y voyait une mainmise politique par le contrôle sur la cooptation. "Les CIQ n'ont pas envie que d'autres associations entrent dans cette relation privilégiée avec les politiques". 

Reste à voir si ce nouveau dispositif va permettre un renouvellement de la participation avec l'arrivée de classes populaires, de commerçants et d'artisans.

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