Le chasseur, le lampiste et le commanditaire mystère

À la une
le 12 Juin 2013
17

Depuis un an, Charles Pecoraro, président du comité de défense des chasseurs des Bouches-du-Rhône ne dort plus. Le 10 juin 2012, ce dissident à la gestion obscure de la fédération tombait dans un guet-apens, se faisant violemment attaquer sur un chemin peu fréquenté de la campagne aixoise. Le procès de son agresseur Patrick Perez s'est tenu hier devant le tribunal correctionnel d'Aix-en-Provence.

Cette affaire, bien que jugée comme un acte isolé, constitue un énième rebondissement autour de la fédération départementale des chasseurs, dont l'ex-président et actuel secrétaire général Joseph Condé a été condamné en mars 2011 pour des faits de vol et de corruption passive. Marsactu et Médiapart avaient enquêté sur l'octroi de subventions publiques inhabituellement élevées – notamment du conseil général – jusqu'à début 2011 sans véritable contrôle sur l'usage de ces sommes.

"Des coups pour me terrasser"

A la barre, Charles Pecoraro l'affirme avec force, désignant l'accusé du menton : "Ce monsieur a voulu me tuer, il m'a porté des coups suffisamment violents pour me terrasser". Le jour de l'agression – relatée par Marsactu – Charles Pecoraro reçoit un coup de téléphone anonyme porté depuis une cabine téléphonique par Patrick Perez. Celui-ci indique vouloir lui remettre un dossier lié à la chasse susceptible de l'intéresser. Arrivé sur le lieu de rendez-vous, l'homme armé d'une bombe lacrymogène gaze Charles Pecoraro avant de lui asséner des coups de marteau – ce qu'il nie – au visage. Celui-ci se défend, parvient à faire vaciller les lunettes du gaillard qui tente de les rattraper. Profitant de ce moment de répit, la victime s'enfuit, relève en toute hâte la plaque d'immatriculation du véhicule de l'agresseur stationné non loin.

De nombreuses zones d'ombres persistent dans cette affaire, et pas des moindres puisque les commanditaires ainsi que le mobile de l'agression restent non élucidés. A priori, ce n'est pas le témoignage laborieux et inaudible de Patrick Perez qui va dissiper le brouillard. D'une voix blanche, il évoque les raisons qui l'ont poussé à attaquer Charles Pecoraro. Un fait qu'il a d'abord nié au début de l'enquête, allant jusqu'à fournir des faux témoignages avant de se rétracter. Sa version, celle d'une tentative de médiation musclée qui aurait mal tourné paraît bien chancelante aux yeux de l'accusation. "Je suis médiateur. Mon but était de savoir pourquoi M. Pecoraro critique toujours tout lors des réunions de la fédération. Mais je n'avais ni marteau ni bombe lacrymogène. Je ne sais d'ailleurs pas m'en servir." "Ce n'est pas bien difficile M. Perez", réplique ironiquement la présidente.

Patrick Perez ne lâche rien d'autre. Surtout, il refuse obstinément de livrer le nom de celui qui l'a envoyé abattre le sale boulot. "Ce sont des gens que je connais de vue… Je ne connais pas spécialement leurs noms…" La présidente poursuit avec lassitude : "Et pour exécuter vos actes de médiation, vous vous cachez souvent derrière l'anonymat ? Vous avez l'habitude d'appeler d'une cabine téléphonique ?". "Mon téléphone c'est personnel", argue l'intéressé, à peine plus convaincu que convaincant.

Un "on" inquiétant qui ne dit pas son nom

Lors de sa plaidoirie efficace, l'avocat des parties civiles Me Rebstock soulève le côté ubuesque de la situation, les failles évidentes d'une enquête non aboutie :

Un conflit que j'aurais avec des "on", dont j'ignore le prénom, qui m'auraient donné mandat pour une médiation avec des gens que je ne connais pas, pour une raison que je ne connais pas bien et dans un lieu que je ne connais pas. Je n'ai aucune raison de frapper M. Pecoraro mais je vais le frapper.

Me Rebstock poursuit, tentant d'accoler une identité aux ombres du dossier. "Je pense qu'il y a un "on" au-dessus de M. Perez beaucoup plus inquiétant. Peut-être que Joseph Condé fait partie de ce "on" qui a donné mandat. Lui avait beaucoup de griefs à l'encontre de M. Pecoraro. Celui-ci peut s'inquiéter parce qu'il peut trouver d'autres M.Perez prêts à exécuter des mandats et à le massacrer."

Si le nom de Joseph Condé ne réapparaît pas clairement dans son réquisitoire, le Procureur abonde en ce sens : "L'action était préméditée et mal intentionnée. M. Perez a été l'homme de main d'une ou de plusieurs personnes, car M. Pecoraro est considéré comme un gêneur dans cette fédération de chasseurs. Il reste à savoir si cette personne, M. Perez, doit assumer toutes les responsabilités, si on se contente de ce lampiste ou alors s'il ne faudrait pas parachever cette enquête et s'intéresser à l'étage du dessus. M. Perez est un peu la bonne pâte dont on savait qu'elle accomplirait sa mission le petit doigt sur la couture du pantalon."

Le procureur requiert à l'encontre de Patrick Perez 18 mois de prison avec sursis et 2000 euros d'amende. Tandis que Me Cabrillac, l'avocat de la défense réclame la clémence du tribunal à l'égard de son client, "l'antithèse du délinquant", minimisant la gravité de l'attaque car "si marteau il y avait eu, M. Pecoraro ne se serait pas relevé". Patrick Perez est finalement jugé coupable et se voit condamné à huit mois de prison assorti du sursis et de 1000 euros d'amende. Mais l'enquête ne sera pas réouverte, laissant en suspens la question de la responsabilité ou non de Joseph Condé, l'intouchable de la fédération de chasseurs des Bouches-du-Rhône.

Article en accès libre

Soutenez Marsactu en vous abonnant

OFFRE DÉCOUVERTE – 1€ LE PREMIER MOIS

Si vous avez déjà un compte, identifiez-vous.

Commentaires

L’abonnement au journal vous permet de rejoindre la communauté Marsactu : créez votre blog, commentez, échanger avec les autres lecteurs. Découvrez nos offres ou connectez-vous si vous êtes déjà abonné.

  1. Ricou 24. Ricou 24.

    Une bise Charles,et tu vois la justice est passée.
    Continues ton combat et défends tes idées avec force.

    Aux plaisirs,

    Ricou 24.

    Signaler
  2. Anonyme Anonyme

    Je n’aime pas vraiment les chasseurs, mais il y en a que j’aime moins que d’autres, en particulier la bande à (gros)Condé

    Signaler
  3. Pecoraro charles Pecoraro charles

    Merci Eric cela me fait vraiment plaisir.
    La justice est passée… il faut le dire vite, ou alors une petite justice. A décharge pour elle, elle avait pour travailler, une petite enquête de gendarmerie, vraiment petite,avec des gendarmes vraiment pas curieux des choses.Mais j’ai appris, la vie est une longue leçon ou on apprend toujours quelque chose, j’ai appris que la curiosité chez les gendarmes n’étaient pas spontanée, elle est sélective. Si un procureur n’est pas curieux,les gendarmes qui mênent l’enquête sous ses directives, ne le seront pas plus…
    Déçu, je suis extrèmement déçu.
    la Procureure paraissait aussi très déçue,d’une part par l’enquête, et d’autre part, par ce qu’ils savent,de ce qu’ils devaient faire, de ce qu’ils pouvaient faire, et qu’ils ont fait ni l’un ni l’autre.
    Et le Perez, Eric, en voilà encore un qui a pas de chance.
    Imagine un peu la malchance, en plus d’être myope comme une taupe,( c’est ce qui m’a sauvé), il a pas de cerveau, il se rappelle de rien, il connait les gens mais il se rappelle pas les noms.
    Le plus incroyable, le Perez il fait de la médiation, tu entends, il porte la bonne parole, il intervient pour expliquer les choses.
    Il avait la mission de m’expliquer.Il avait tellement pris cette mission a coeur, qu’il a estimé en bon médiateur qu’il est , qu’une bombe lachrymogène pour que je reste bien attentif à ce qu’il avait à me dire serait nécessaire, et un marteau pour bien me faire rentrer ses idées dans la tête, un vrai proféssionnel de la médiation.
    Ce qui est sûr Eric, c’aurait été vraiment pas glorieux pour moi, de me faire fracasser par un mec pareil.
    Allez, j’en parle plus, il en vaut vraiment pas la peine.
    Au plaisir de te revoir Eric, quand tu veux.
    Bon courage, pour le reste.
    Porte toi bien, c’est le plus important

    Signaler
  4. le furet le furet

    Salut Charles

    Et oui la justice est passée,pas comme on l’aurait voulu,mais,laisses pisser le mouton comme l’on dit chez nous,c’est une bète qui pisse longtemps…

    Aux plaisirs charles,portes toi bien et surtout continus le combat.

    Signaler
  5. Marcel Marcel

    Bonjour à Charles Pecoraro et ses copains, je suis moi aussi super déçu de cette “justice” comment un abruti de soit disant “médiateur” Perez Patrick, après une tentative de meurtre, rendez vous dans un endroit discret, bombe lacrymogène, marteau pour armes et le salut dans la fuite grâce aux lunette du tueur, pour la victime. La “justice” se moque du monde, huit mois avec sursis et pourquoi pas une médaille. Tu parles d’un “médiateur” dans son usine les conflits doivent être vite régler. Mais dans le fond cela peut faire jurisprudence, le premier qui m’en merde je sais à présent le mode opératoire. Il faut espérer que son patron sache de quoi est capable son “médiateur” !…et qu’il le mette à la porte des gens comme cela ne mérite aucune pitié.

    Signaler
  6. Renard Renard

    Salut Charles ,je suis moi même trés deçu par ce jugement,nous sommes dans une république bananière ,il a mouillé la droite comme la gauche ,malgrés toutes ses magouilles ,aucun Prefet ,aucun procureur ne bougera.Bon courage Charles

    Signaler
  7. Pecoraro charles Pecoraro charles

    Eh oui les amis, aprés la farce policière, nous avons assisté mardi au théâtre judiciaire.
    Une sorte d’auberge espagnole, dont on ressort vraiment avec la faim, et les crocs.

    Signaler
  8. Anonyme Anonyme

    Le plus terrible, après un jugement pareil, c’est que le ou les commanditaires vont se sentir pousser des ailes pour recommencer : le couillon de nervi qui se fait prendre et pour le dédommager, ça ne coûte que 1000 euros et quelques frais d’avocat ! Et en plus ils vont lui taper sur l’épaule en lui disant “toi tu es un bon, tu n’as pas parlé, tu es un vrai cake !”

    Signaler
  9. LOULAI LOULAI

    Salut,Charles,la justice est passée et j’ai l’impression qu’il n’étaient pas au courant de ce que tu as subit et de ce que tu endure encore,car il y a des traumatismes qui ne disparaissent pas
    même avec le temps.Je me demande si ceux qui ont jugé ont comptabilisé les nuits blanches,la peur toujours présente et l’incertitude des jours a venir,sachant que cette justice permet
    beaucoup de liberté et d’excuses aux personnes hors la loi. Courage
    Charles, un Ami,(un vrai)qui est avec toi,mais avec cette justice dans laquelle je ne me reconnais pas. A très bientôt. LOULAI

    Signaler
  10. greg13 greg13

    la “justice Aixoise” a encore lamentablement frappé ! quelle misère…faut croire qu’il y a des leçons à en tirer de tout cela : faire la même chose qu’eux… non ? finalement …

    Signaler
  11. colombe colombe

    Messieurs représentants de la justice ou de la sécurité de notre pays ARRÊTEZ LE MASSACRE!!!!!! ou il sera trop tard…………..

    Signaler
  12. Anonyme Anonyme

    sans commentaire

    Signaler
  13. patrick patrick

    On ne peut que constater que cette “federation des chasseurs” est toujours et encore melée dans une affaire plus qu’obscure ! le nom de CONDE est toujours lié a des affaires malsaines ! les chasseurs des B.D.R prefereraient certainement faire la une des journeaux cynégétique pour la bonne gestion des especes et des habitats que de la faire pour des faits de vols, corruption, agression etc… quelle honte ! que font les chasseurs des B.D.R ?

    Signaler
  14. Anonyme Anonyme

    Et rebonjour l ami CHARLES bizzare ton histoire meme louche si c etait moi qui t avais gaze et assennè des coups de marteau tu serai mort ou alors le gars avait un marteau a bomber le verre.
    C est vrai que toi et tes amis etes toujours du bon cotè innocent et de plus il faut faire attention a ce que l on dit car ton ami BRACONNIER comdamnè pour acte illicite de chasse sauf au PENAL ‘C EST LE COMMISSARIAT QUI MA DIT DE PRECISER apres la plainte de ton pote GEGE le President de MARIGNANE je n en dit pas plus long j attend je suis a la retraite pas de MARTEAU pour moi c est pas mon genre un jour vous vous manquerez et je serai la pour vous envoyez au trou vous etes toujours dans l illegalitè mais ne croyez pas rester impuni

    Signaler
  15. Anonyme Anonyme

    Et rebonjour l ami CHARLES bizzare ton histoire meme louche si c etait moi qui t avais gaze et assennè des coups de marteau tu serai mort ou alors le gars avait un marteau a bomber le verre.
    C est vrai que toi et tes amis etes toujours du bon cotè innocent et de plus il faut faire attention a ce que l on dit car ton ami BRACONNIER comdamnè pour acte illicite de chasse sauf au PENAL ‘C EST LE COMMISSARIAT QUI MA DIT DE PRECISER apres la plainte de ton pote GEGE le President de MARIGNANE je n en dit pas plus long j attend je suis a la retraite pas de MARTEAU pour moi c est pas mon genre un jour vous vous manquerez et je serai la pour vous envoyez au trou vous etes toujours dans l illegalitè mais ne croyez pas rester impuni

    Signaler
  16. PC PC

    Ami anonyme, si tu as un moment achète “Plaisir de la chasse” de novembre.
    Tu vas voir ce que font tes amis de ton argent, qu’ils t’obligent à leur donner.

    Signaler
  17. PC PC

    C’est la semaine de la BD, à Aix, Condé s’y est invité.
    Une vraie histoire de La Fontaine sur l’édition d’Aix de ce jour.
    Et qui ressort du chapeau? Maître Gioa! incredible…
    Le Héron, le lapin français,le lapin espagnol, le braconnier, le cinéaste,le secrétaire General.
    Une petite précision sur le Secretaire General.
    Dans les statuts de FDC, il y a simplement un secrétaire au CA.
    Or dans certaines associations, loi 1901 il n’y a pas de président, il y a un secrétaire general.
    Donc vous aurez compris la subtilité de se baptiser secrétaire general, après que la justice lui a interdit d’être président.

    Signaler

Vous avez un compte ?

Mot de passe oublié ?


Ajouter un compte Facebook ?


Nouveau sur Marsactu ?

S'inscrire