L’ancien maire d’Istres François Bernardini face au tribunal ou le crépuscule d’un baron
Après sa défaite surprise aux dernières municipales, François Bernardini doit répondre de détournement de fonds publics, favoritisme et prise illégale d’intérêts devant le tribunal judiciaire de Paris. Dix ans après les premières révélations de Marsactu.
La scène aurait pu s’inscrire dans le scénario d’une série politique à la sauce istréenne. Au pied de l’immeuble Le Rex, deux militantes, employées municipales, poussent dans les boîtes aux lettres des tracts en faveur de François Bernardini. En ce mois de mars 2026, nous sommes à quelques jours du premier tour des municipales et la scène résume à elle seule la situation du premier magistrat d’Istres. Maire sortant, l’homme est poursuivi pour de multiples infractions à la probité, dont la facilitation de la construction de cet immeuble, dans lequel il a acquis un appartement aujourd’hui saisi. Après cinquante ans de règne sans partage, le maire septuagénaire est toujours décidé à s’accrocher à son poste.
Mais le baron local a dû remiser son écharpe dans un carton, en quittant la ville. Ce lundi 1er juin, c’est le citoyen François Bernardini qui, aux côtés de six autres prévenus (voir encadré), affrontera finalement ses juges, jusqu’au 22 juin au tribunal judiciaire de Paris, pour le premier pan de l’affaire qui porte sur sa gestion du personnel et des marchés publics de sa commune. Il y est poursuivi pour des faits présumés de détournement de fonds publics, favoritisme et prise illégale d’intérêts. Une issue qu’il savait depuis longtemps inéluctable, mais qu’il n’avait pas prévu d’affronter autrement que ceint de cette écharpe bleu-blanc-rouge de maire qu’il a enfilée pour la première fois en 2001 et que Robin Prétot (divers droite) lui a ravie le 22 mars dernier sans discussion : 59,8 % contre 31,4 %, le RN récupérant le reste des voix.
Force recours
À force de recours et de réponses argumentées aux conclusions du parquet national financier (PNF) — qui enquête sur lui depuis 2016 pour ces multiples entorses à la probité présumées —, il a réussi à repousser son procès après la séquence électorale. L’objectif est alors clair : assurer la victoire des siens et tenter de passer le flambeau en cours de mandat. Même s’il est, lui aussi, mêlé à ces affaires, il a pris soin de placer sur sa liste Nicolas Davini, un enfant de la commune, devenu pendant 19 ans son directeur général des services, qu’il imagine de longue date comme successeur.
Quels sont les dossiers jugés ?
François Bernardini doit répondre de la conduite de plusieurs marchés publics dans lesquels . . .
un CV impressionnant.
ce rappel historique est épouvantable, comment de tels élus peuvent continuer à prospérer ? a priori les électeurs istréens ont finalement décidé d’arrêter.
(j’en connais à Istres, qui sont très tristes qu’il ait abandonné ce fauteuil de maire !! consternant.)
sera-t-il enfin rattrapé définitivement par la patrouille ?
(plaisant de retrouver JM Leforestier !)
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Merci @Marsactu et Jean-Marie de ne pas avoir lâché l’affaire durant ces 10 ans et de suivre ce procès de près pour nous.
Les soutiens de ce personnage (auxquels il faut ajouter Jérémy Bacchi, sénateur + secrétaire du PCF13) et le silence ou la complicité des autres médias en disent également long sur l’étendue des arrangements négociés et sur l’état de notre Département. Effrayant.
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