Les lanceurs d’alerte de l’unité d’hébergement d’urgence toujours sur le carreau

Actualité
le 28 Juin 2017
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Une nouvelle fois, la question de la gestion de l'unité d'hébergement d'urgence a été évoquée au conseil municipal lundi. L'adjoint à la lutte contre l'exclusion, Xavier Méry affirme que certains salariés, licenciés après avoir dénoncé un système d'embauche sur préférence familiale, se sont vus proposer de nouveaux emplois. Ce que les intéressés démentent.

Dans le secteur de la lutte contre l’exclusion qui dérape, il n’y a pas que le Samu social. Il y a aussi le vieux dossier de l’unité d’hébergement d’urgence qui s’est invité lors de la séance du conseil municipal, ce lundi. La conseillère municipale socialiste Marie-Arlette Carlotti a interpelé le maire à propos de la situation des anciens salariés de l’unité d’hébergement d’urgence.

Réunis en collectif, en 2015, ces lanceurs d’alerte ont dénoncé auprès de la presse les irrégularités qu’ils constataient au quotidien depuis l’installation de l’association de médiation sociale comme gestionnaire. Ils y dénonçaient notamment des embauches sur préférence familiale et un certain nombre de dysfonctionnements récurrents. Leur alerte a donné lieu à l’éviction de l’AMS par les tutelles au terme d’une longue enquête administrative. Depuis l’automne 2016, c’est désormais le groupe SOS qui gère désormais l’Unité d’hébergement d’urgence.

Or, triste ironie de l’histoire, les salariés qui ont dénoncé la dérive de la structure sont désormais sans emploi alors que ceux dont ils dénonçaient la mainmise sont toujours en place. “Ils sont entre six et sept au chômage, licenciés par l’ancienne direction, pour avoir dénoncé ce qui s’y passait, constate Marie-Arlette Carlotti. Je sais qu’il n’y a aucune obligation de la part de SOS de les reprendre. Mais je vous demande de faire jouer votre autorité pour qu’on regarde ces dossiers avec la plus grande attention”. Le maire a, une fois de plus, demandé à Xavier Méry, l’adjoint en charge de cette compétence de répondre à l’interpellation de l’élue.

“Pas très juste”

“Un certain nombre de personnes du collectif qui nous avaient alerté sur les dysfonctionnements dans la gestion de l’UHU par AMS ont été écartées de manière pas très juste, reconnaît Xavier Méry. Nous avons demandé avec le préfet Yves Rousset que SOS ait un regard bienveillant sur ces candidatures”. D’après l’élu, deux personnes ont été reçues par l’association, “une personne a été embauchée en CDD et l’autre a décliné la proposition qui lui était faite. Quant aux quatre autres personnes, SOS ne m’en a pas parlé mais je vais me renseigner.” Pour sa part, la direction régionale du Groupe SOS n’a pas souhaité commenter plus avant les propos de Xavier Méry.

Or, a priori, ce dernier est effectivement mal renseigné. Si deux des anciens salariés de l’unité d’hébergement d’urgence confirment avoir été reçus en mai par la direction régionale du groupe SOS, aucun d’eux n’a été embauché. “Nous avons été reçu 10 minutes et rien de concret ne nous a été proposé, explique Sabri Dridi, le premier à avoir été licencié à l’arrivée d’AMS. Ils nous ont juste dit qu’ils penseraient à nous. C’était juste pour calmer le jeu vis-à-vis de la mairie.” 

Aucun poste proposé

Même son de cloche de la part d’Adel Arabi, ancien veilleur de nuit, lui aussi licencié. “On ne m’a pas fait d’offre de poste et je n’en ai pas déclinée. J’ai juste précisé que mon souhait était d’être réintégré au sein de l’UHU car je trouve profondément injuste d’avoir perdu mon emploi, mon ancienneté, alors que les personnes qui jouaient un rôle dans le système mis en place par AMS sont toujours là.” Les deux hommes sont donc toujours à la recherche d’un emploi.

La seule maigre consolation dont ont pu bénéficier certains d’entre eux est d’avoir eu gain de cause auprès des prud’hommes. Le 24 mai dernier, le conseil des prud’hommes de Marseille a ainsi considéré que le licenciement de quatre salariés de l’UHU par AMS était “dépourvu de cause réelle et sérieuse”. Ils ont donc pu bénéficier de dommages et intérêts à la hauteur de leur ancienneté dans le poste mais sans possibilité de réintégration. Par ailleurs, le conseil des prud’hommes n’a pas pris en compte les raisons inavouées de leur licenciement, liées à leur dénonciation du système mis en place. “Ce qui m’apparaît anormal, c’est que pour les salariés dont nous avons dénoncé les conditions d’embauche, la nouvelle association a décidé que leur passé ne la regardait pas, constate Adel Arabi. Mais pour nous qui avons alerté les autorités, il n’y a pas de réembauche possible. C’est profondément injuste.”

Précision : Après les révélations de Marsactu concernant les dérives de gestion de l’association, une salariée de la structure, Aïcha Carreiras, a attaqué Marsactu pour diffamation. À l’issue d’une longue procédure, nous avons été relaxés des faits qui nous étaient reprochés. Nous y consacrerons un post de blog plus conséquent lorsque le jugement écrit nous sera communiqué.

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Commentaires

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  1. corsaire vert corsaire vert

    et encore et toujours le minable système marseillais … que ceux qui veulent le dénoncer soient prêts à s’inscrire à pôle emploi !
    Pour la plupart c’est l’omerta qui est choisie ..

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  2. Voyageur Voyageur

    Le groupe SOS n’aime pas les salariés scrupuleux ?

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