LaMAM mise sur le quartier pour faire oublier le Théâtre Toursky

Interview
le 6 Juin 2026
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Repris par l’association Scène Méditerranée, l’ancien Théâtre Toursky est devenue la Maison des arts Marseille il y a un an. Elle a officiellement ouvert ses portes ce mois d’avril et lancera sa première saison en octobre. Pour l’instant, le nouveau projet porte déjà un de ses axes prioritaires : l’ouverture du lieu à ses habitants et à son quartier, réputé parmi les plus pauvres d’Europe.

Nathalie Huerta, Julie Kretzschmar et Bouzaine Bouteldja dans la grande salle de LaMAM. (Photo : Agnès Mellon)
Nathalie Huerta, Julie Kretzschmar et Bouzaine Bouteldja dans la grande salle de LaMAM. (Photo : Agnès Mellon)

Nathalie Huerta, Julie Kretzschmar et Bouzaine Bouteldja dans la grande salle de LaMAM. (Photo : Agnès Mellon)

Il y a tout juste un an, trois opérateurs culturels — le Théâtre Joliette, dirigé par Nathalie Huerta, Les Bancs publics/Les Rencontres à l’échelle fondées par Julie Kretzschmar, et la Compagnie Danse6T du chorégraphe Bouziane Bouteldja – reprenaient la direction du Théâtre Toursky à travers une nouvelle structure, Scène Méditerranée. Le théâtre fondé en 1970 par le comédien et metteur en scène Richard Martin, mort en 2023, est devenu La Maison des Arts Marseille (LaMAM). Le lieu n’a pas changé. Les deux colonnades, entre lesquelles il avait installé son lit en 2019 pour mener une grève de la faim contre la suppression d’une subvention de l’État, trônent par exemple toujours dans le hall.

En revanche, le projet culturel du lieu a été bouleversé. Désormais centré sur la danse, les résidences d’artistes, notamment régionaux, et la diffusion de spectacles de festivals locaux, il s’ouvre aussi très largement sur son territoire, le quartier Saint-Mauront, dans le troisième arrondissement de Marseille. "On avait envie de travailler ensemble, expérimenter le collectif. Mais on avait aussi l’ambition d’un projet qui mêle projet artistique et ancrage territorial. Cet engagement sur un territoire et ses habitants, le rapport au monde, à l’altérité, c’est ce qu’on avait en commun", s’enthousiasme Nathalie Huerta, la codirectrice.

Installées sur l’immense toit-terrasse, "poumon vert" et "utopie" du lieu, Nathalie Huerta et Géraldine Garnier, la déléguée générale de la structure, reviennent sur le volet social du projet, alors que la programmation se lance à la rentrée avec un premier temps fort autour de l’hospitalité.

Pourquoi est-ce essentiel pour un théâtre de s’ouvrir sur son territoire, de se mettre au service de ses habitants et de ses acteurs ?

Nathalie Huerta (N.H.) : C'est peut-être peu visible, mais tous les théâtres publics ont cette mission de relation à leur territoire, [notamment] les scènes subventionnées. Après . . .

Jean-François Poupelin

Commentaires

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10 commentaires


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  1. Forza

    Bravo à cette nouvelle équipe dont on connaît déjà le talent, l’engagement et la puissance de travail au service du plus grand nombre.
    Et merci à @Marsactu et à Jean-François pour cette interview qui nous permet de mieux comprendre le projet.

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  2. bely

    J’avoue ne pas avoir envie de continuer à lire l’article. Dès les premières lignes, toujours les mêmes éléments de langage des acteurs culturels qui n’ont toujours pas compris qu’ils ne sont pas des travailleurs sociaux. On leur demande d’attirer du public. Rien de plus. Rien de moins.

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  3. Fred

    Le projet de la MAM est une beau projet qui résonne avec le quartier mais il n’est pas là pour « faire oublier le Toursky » ?! Le Toursky c’est 40 ans d’histoire culturelle Marseillaise, pas juste les dernières années.

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  4. FromNow

    La belle vie subventionnée, sans aucun projet, sans aucune stratégie, sans même l’élégance de saluer ce que le Toursky a fait et apporté. On navigue à vue avec l’argent des autres, le notre, pour aller gaiement dans le mur et on viendra pleurer quand on demandera quelques économies.

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  5. AlabArque

    En effet, nom d’une pipe, Richard Martin était fou mais c’était un foutu comédien, un sacré homme de théâtre et un coordinateur de talents = donner à voir et à entendre des poètes comme Ferré, Moustaki, Le Forestier, Félix Leclerc, tant d’autres, dans cette salle tapissée de boîtes d’oeufs en carton (pour ‘casser’ la résonance du béton) en y ‘recyclant’ les sièges obtenus lors d’une réfection de l’Opéra, tout en créant des pièces de Yourcenar ou d’Aristophane avec des comédiens ET des ‘amateurs’ ensemble … et tout ça sous le nom du poète (et dessinateur et peintre et critique d’art et homme de radio-TV marseillais), Axel Toursky …chapeau et merci, Richard Martin, chapeau Tania Sourseva cofondatrice et sacrée comédienne aussi !
    Liquider le nom de Toursky, et ceux de Richard et Tania, et leur histoire, ça me fait quand même un peu un crève-coeur

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  6. Géraldine

    Richard Martin militait pour ouvrir la « Culture » (avec un grand C, celle qui fait peur à ceux qui n’ont pas eu la chance d’en avoir les clefs) à tous, permettre aux ados des quartiers de découvrir et savourer les belles pièces classiques ou moins classiques. Son projet n’était pas de cantonner à leur ghetto socioculturel les habitants des quartiers défavorisés. Quelle tristesse.

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  7. didier L

     » Prototyper une autre façon de rencontrer le quartier … » waouh quelle belle formule de la technoculture. Ok alors on commence quand !

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  8. Bellaudon

    Je demande à voir : on a le droit d’expérimenter mais personne ne nous fera oublier le Toursky, quelle arrogance inélégant ! L’aventure menée par R Martin et T Sourseva ne s’effacera pas comme ça. Porter si haut l’ambition théâtrale comme ils l’avaient fait sera sûrement inégalable, Molière, Ferré et Bouquet vibrent encore en nos âmes

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  9. Bellaudon

    Je demande à voir : on a le droit d’expérimenter mais personne ne nous fera oublier le Toursky, quelle arrogance inélégante ! L’aventure menée par R Martin et T Sourseva ne s’effacera pas comme ça. Porter si haut l’ambition théâtrale comme ils l’avaient fait sera sûrement inégalable, Molière, Ferré et Bouquet vibrent encore en nos âmes

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