L'aide à domicile en perdition

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le 29 Mai 2012
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Sa stature de colosse ne la rend pas inébranlable. Avec ses 300 employés et 1000 bénéficiaires, l'effectif de l'Apaf (association provençale d'aide familiale) est supérieur à celui d'une PME.  L'organisme, divisé en cinq branches, aide les personnes âgées et handicapées à domicile, gère des crèches, assiste les familles dans leurs démarches administratives et propose des soins infirmiers aux personnes en difficultés. Mais ses activités sont aujourd'hui compromises. L'association qui croule sous les dettes a déposé son bilan mardi 22 mai. Nouveau coup dur dans un secteur sanitaire et social déjà fragilisé par la procédure de sauvegarde en cours au grand conseil de la mutualité (GCM)
 

Un plan de continuation en projet

La direction dit étudier un plan de continuation de l'activité. Mais dans l'immédiat, le dépôt de bilan va permettre à l'association d'échelonner ses dettes notamment auprès de l'Urssaf qui lui réclame ainsi 340 000 euros de charges, que l'association à décidé de ne plus payer afin d'assurer les salaires de ses employés. Conformément à la procédure, plusieurs solutions s'ouvrent pour sauver l'association.

Un repreneur peut certes récupérer l'activité mais une hypothèse bien plus sombre circule. Si, selon la direction, elle est "la moins probable" la liquidation judiciaire n'est pas exclue". Une issue que ne souhaite pas le conseil général, important financeur de la structure, pour qui l'Apaf "fait du très bon travail et ne devrait pas forcément subir de liquidation judiciaire".

Noyée par les dettes

À l'origine du naufrage ? L'arrêt des financements de la part du conseil général des Bouches-du-Rhône et de la Caf selon la vice-directrice de l'Apaf. "On ne reçoit pas toujours les dotations de nos financeurs" affirme t-elle. Des retards reconnus par une autre association d'aide à domicile, l'Apaisé13, qui dit obtenir des versements avec un décalage d'un à deux mois. Au bateau bleu, on avoue "quelques petits retards" qui ne sauraient cependant être "à l'origine des difficultés de l'association".

Des travaux de désamiantage et des surcoûts sur le chantier d'une crèche dans le 9e arrondissement de Marseille viennent également plomber les comptes de l'association. "Le contexte économique est dommageable pour les organismes d'aide à domicile car ils sont tributaires de leurs financeurs", explique la responsable.

Concurrence déloyale

Pour le délégué syndical Jérémy Bacchi, c'est "le mode de financement de la dépendance qui pose problème". Au-delà des "décalages de facturation", il y aurait une concurrence déloyale car "les sociétés privées ont le droit de faire de la publicité contrairement aux associations". Celui qui est par ailleurs le suppléant de Marie Batoux, la candidate Front de gauche dans la 3e circonscription, explique que "la tarification de l'aide à domicile [fixée par l'assurance maladie] des personnes âgées n'est pas rentable". Faux, rétorque le CG13 qui affirme que "la plupart des associations parviennent à vivre avec ces taris fixés par l'État" et insiste sur "les difficultés de l'Apaf [qui] viennent essentiellement des problèmes que l'association a rencontré avec ses crèches".

L'association se dit "globalement soutenue" et avoue qu'une dotation exceptionnelle serait évidemment la bienvenue, ce qui n'est pas envisageable par le département. "Financièrement on ne peut rien faire, tout est très encadré, contrôlé, […] Notre rôle est de les aider en conseil, nous sommes des observateurs" explique le CG13.

Une réunion sur la santé financière de l'association se tiendra devant le tribunal le 12 juin prochain.

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