Istres aura-t-elle son grand centre commercial ?

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Julien Vinzent_
2 Jan 2017 5

Porté par le promoteur Arizona Investissement sur des terrains publics, Istropolis veut faire de la zone du Tubé un pôle commercial d'envergure en périphérie d'Istres. Autorisé au niveau départemental il y a un an mais retoqué par une commission nationale, le dossier revient à l'ordre du jour.

Au nord des terrains vagues d'Istropolis, un premier magasin Décathlon a déjà poussé. Capture d'écran Géoportail.

On prend les mêmes et on recommence. Le 9 décembre, la commission départementale d'aménagement commercial (CDAC) a autorisé le projet Istropolis, qui prévoit la création de 31 magasins en périphérie ouest d'Istres, pour une surface totale de 29 000 mètres carrés.Cette instance composée principalement d'élus locaux l'avait déjà validé en décembre 2015, à l'unanimité. Mais la commission nationale avait contredit sa décision, après un recours de l'association spécialisée En toute franchise et de commerces voisins. Cette fois-ci, même pas besoin de recours. Le 22 décembre, la commission nationale d'aménagement commercial (CNAC) s'est auto-saisie du projet, comme la loi lui permet désormais. Elle a quatre mois pour rendre sa décision.S'il est porté par le promoteur Arizona Investissements, Istropolis correspond à la volonté du SAN Ouest Provence - aujourd'hui fondu dans la métropole - de bâtir un pôle commercial d'envergure dans cette zone du Tubé et ainsi limiter "l'évasion commerciale" des clients vers les autres centres. En attendant le feu vert définitif, les terrains appartiennent toujours à l'établissement public d'aménagement Ouest Provence, qui les a acquis après le comblement d'une ancienne carrière. Détail troublant : Arizona Investissements a confié la commercialisation au cabinet Keops Collier international, secondé par Immo-Success, une petite société locale dont la gérante était alors Lætitia Bernardini, la fille du maire d'Istres. Elle a depuis revendu ses actions en mai 2016 et son père François, présent lors de l'examen à la CDAC a pu donner un avis favorable au projet, sans crainte du mélange des genres.

Ne pas saturer la base aérienne

En avril 2016, le refus de la CNAC s'appuyait principalement sur la crainte d'un engorgement routier. Se basant sur l'étude de trafic fournie par le porteur de projet, l'avis relevait que le rond-point de la Transhumance, qui permet d'y accéder depuis la route nationale, était à "saturation". Or, le rond-point a la particularité de desservir la base aérienne militaire 125...[aesop_document type="pdf" src="https://marsactu.fr/wp-content/uploads/2016/12/istropolis-cnac-avril-2016.pdf" caption="L'avis de la CNAC du 28 avril 2016"]Au sud des vastes terrains vagues d'Istropolis, la zone compte déjà les 25 000 m² de commerces d'une première opération, baptisée Istromed. Un Décathlon a même poussé en bordure Nord. Et Istropolis "générera un trafic de l'ordre de 10 000 véhicules par jour en semaine et de l'ordre de 16 8000 véhicules par jour un samedi", estime l'étude.[caption id="attachment_121562" align="alignright" width="230"] Istropolis se compose des quatre lots en vert et du lot voisin en jaune, appartenant à un propriétaire privé.[/caption]Malgré un avis général favorable lors du premier passage du dossier en 2015, les services de l'État dans les Bouches-du-Rhône se disaient eux aussi "très réservés" sur la partie trafic. Ils insistaient sur le flou autour de l'impact global du projet. Le promoteur avait en effet découpé en tranches sa demande d'autorisation. Sans cacher qu'Istropolis pourrait à terme compter 28 000 m², il n'avait présenté que 15 000 m², répartis en trois dossiers correspondant à des lots fonciers.Nous n'avons pas réussi à joindre Arizona Investissements pour savoir si son étude a été améliorée. Mais la nouvelle mouture validée par la CDAC représente bien 28 000 m² au total, découpée en cinq parties. "Cela multiplie les frais de dossiers, les procédures, alors qu'on est dans un même ensemble commercial", dénonce Martine Donnette, présidente d'En toute franchise. Malgré cela, et l'auto-saisine de la CNAC, l'association devrait porter un recours devant cette même commission. "Si on ne le faisait pas, on ne pourrait ensuite pas attaquer le permis de construire devant la justice administrative."

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