La Ville offre une nouvelle unité d’hébergement d’urgence, à l’État de payer le reste

Actualité
le 12 Oct 2018
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Jugée "indigne", l'actuelle unité d'hébergement d'urgence de la Madrague-Ville va être remplacée par une structure construite près du métro Bougainville. La mairie, qui participait jusqu'à présent au financement aux côtés de l'État, met un terrain à disposition mais n'assurera pas le fonctionnement.

Signature du bail emphytéotique de la future unité d'hébergement d'urgence. (Image LC)

Signature du bail emphytéotique de la future unité d'hébergement d'urgence. (Image LC)

Jean-Claude Gaudin signait mercredi le bail emphytéotique de la future unité d’hébergement d’urgence qui doit voir le jour en 2021. Réalisée par le groupe Résidences sociales de France, la structure se situera boulevard Magallon dans le 15e arrondissement, face à la station de métro Bougainville.

Le nouveau lieu pourra accueillir jusqu’à 224 hommes, moins que l’actuel, dans des conditions améliorées, avec notamment davantage de chambres individuelles et même des studios pour promouvoir des “parcours d’autonomie”. L’adjoint à la solidarité, Xavier Méry compte sur les logements individuels dans le diffus et sur les dispositifs de type “Un chez soi d’abord” pour compenser la réduction du nombre des places dans l’UHU. Pour l’accueil des femmes, aujourd’hui hébergées dans l’ancienne école Saint-Louis qui demande des rénovations trop importantes, un nouveau lieu doit être trouvé prochainement.

C’est par un montage plutôt inédit que se réalisera la construction, suite à un appel d’offres. Résidences de France a la charge de construire le bâtiment, et investit 13,5 millions d’euros, tandis que la Ville met à disposition le terrain pour une durée de 40 ans, avec un loyer de 1000 euros annuel pour le terrain. Au terme du bail, elle redeviendra pleinement propriétaire. “Cela nous permet d’avoir un outil immédiat sans s’étrangler financièrement”, explique Xavier Méry. “On permet à une entreprise d’investir, mais la Ville ne perd pas ses bijoux de famille”, renchérit Robert Assante, adjoint au patrimoine.

Lors du déménagement de la structure actuelle du chemin de la Madrague-ville au nouveau bâtiment, la Ville cessera de participer au fonctionnement de la structure d’accueil. “On s’est retirés du financement de l’UHU, confirme l’élu. Nous n’avions pas à y être et l’État nous a suffisamment diminué les dotations”. La Ville participait jusqu’ici à 50 % au financement de l’UHU avec l’État, à hauteur de 2,2 millions d’euros annuels. Une association gestionnaire du lieu sera désignée ultérieurement, et c’est elle qui aura la charge de payer le loyer à Résidences de France, via une aide versée par la Ville. L’État paiera l’intégralité du fonctionnement. Autre nouveauté, les bureaux du Samu social, et plus globalement des services municipaux de la solidarité seront installés sur le même terrain, dans une bâtisse déjà existante et qui doit être rénovée. La Ville versera 110 000 euros annuels pour cet usage.

Le maire et son adjoint ont profité de l’occasion pour rappeler l’État à ses devoirs en matière de solidarités. “Aujourd’hui il y a près de 300 personnes à l’UHU, avec beaucoup de migrants qui sont là parce que les dispositifs de l’État sont saturés”, pointe Xavier Méry. L’élu affirme être en recherche de lieux adaptés pour accueillir les publics migrants “mais il faudra que l’État finance”.

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Commentaires

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  1. neplusetaire neplusetaire

    Toujours dans les quartiers Nord.!

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  2. PromeneurIndigné PromeneurIndigné

    Le projet ne me choque pas, loin de là, contrairement à celui du téléphérique entre le Vieux-Port et Notre-Dame de la garde. En revanche ce n’est ni la ville, ni l’État qui financent le projet. En effet l’argent sort toujours de la même poche : celle des contribuables. La formule « le projet sera financé par les impôts locaux et les impôts d’État » serait plus conforme à la réalité

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