La Ville de Marseille veut mieux réguler les trottinettes avec des emplacements dédiés

Actualité
Jean-Marie Leforestier
19 Avr 2019 14

L'expérimentation en cours des trottinettes électriques prendra fin le 20 août. La mairie prépare déjà la suite pour éviter les désagréments occasionnés dans l'usage de l'espace urbain.

Photo JML

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C’est un simple appel à projet de la Ville de Marseille mais il est riche d’enseignements. La mairie est en train de tirer les premiers enseignements du déploiement des trottinettes électriques libre-service. À partir du 21 août, les premières autorisations accordées à plusieurs opérateurs arriveront à échéance. C’est alors que la mairie compte revoir ces relations avec les loueurs de trottinettes. Seules trois entreprises (2000 trottinettes chacune) resteront en place quand jusqu’à six pourraient s’installer d’ici à l’été (voir tous les éléments de cette consultation sur le site de la mairie).

Cet appel à projet est marqué par la volonté d’une régulation accrue, fruit d’un constat : « Au cours du 1er semestre 2019, la Ville de Marseille et ses administrés ont pu relever certaines problématiques (vitesse excessive, circulation à plusieurs, non respect de l’âge minimum, défaut de port de gants et de casque, dépôt de trottinettes anarchique … ) qui devront être prises en compte par les opérateurs ». Des enjeux également relevés par Marsactu dans un article récent.

Totem de signalisation et marquage au sol

L’accent est donc mis sur les moyens pour éviter ces désagréments et la Ville entend évaluer les entreprises candidates sur ces aspects. 30% de leur note, annonce-t-elle, sera basée sur les « moyens de préservation de l’espace public ». Cela inclura notamment des emplacements dédiés « avec totem de signalisation et marquage au sol », comme a pu aussi l’imaginer la mairie de Paris. Pour le faire appliquer par les utilisateurs, la mairie va même jusqu’à suggérer des innovations aux applications. Elle propose ainsi des « mesures de contrôle et de la valorisation du bon stationnement à la restitution de la trottinette en fin de location (points «bonus», exonération d’une partie du coût de la course en cas de retour sur une station…) ». La carotte et le bâton en somme.

La mairie, où le dossier est suivi par le conseiller municipal Jean-Luc Ricca, a aussi pris en compte les agacements liés aux « bip-bip » incessants des engins utilisés sans payer. Elle espère une « limitation des nuisances sonores liée à l’émission d’un signal avertisseur » sans cette fois imaginer la solution. Plus généralement, elle évaluera aussi la qualité des relations avec l’opérateur et sa réactivité quant aux alertes émises par les usagers et les services municipaux qui feront l’objet d’une charte d’engagement.

Les entreprises paieront plus cher

Restera la question de la redevance versée par chaque opérateur qui devrait voir sa facture augmenter. Sa part fixe restera celle fixée actuellement : 90 centimes par trottinette et par mois, ce qui sur une flotte prévue de 2000 engins par entreprise représentera 21 600 euros par an. A titre de comparaison, pour une flotte de même taille, les opérateurs dépenseront plus de 100 000 euros à Paris. Mais une part variable, « un pourcentage du chiffre d’affaires », viendra s’ajouter.

Les opérateurs paieront donc plus. Combien ? Difficile à dire. Seule l’âpreté de la concurrence et la volonté des acteurs de participer de cette régulation en décideront. D’ici là, la loi d’orientation des mobilités aura en théorie mieux encadré les trottinettes électriques en leur trouvant notamment une place sur la chaussée. À l’heure actuelle, leur seule option est de rouler au pas sur les trottoirs. Pas vraiment l’usage actuel, encore une fois.

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