La République en marche 13 : les opposants à Corinne Versini s’organisent

Actualité
Jean-Marie Leforestier
20 septembre 2017 10

Alors que la République en marche doit désigner son référent départemental pour les trois ans qui viennent, les opposants à l'ancienne candidate aux législatives cherchent à faire émerger un autre candidat.

Corinne Versini arrangue le public de Chanot.

Jeudi, Emmanuel Macron sera à nouveau à Marseille pour fêter avec Jean-Claude Gaudin l’accueil des Jeux olympiques en 2024. Il sera alors bien loin des questions qui agitent dans le département la République en marche, jeune mouvement à vocation présidentielle qui cherche à se construire un nouveau rôle. À sa tête dans les Bouches-du-Rhône, Corinne Versini est contestée depuis plusieurs mois [Lire notre précédent article].

La cheffe d’entreprise battue par Jean-Luc Mélenchon au second tour des législatives dans le centre de Marseille n’entend pas laisser la place, mais son caractère, « fonceur » disent les uns, « autoritaire » disent les autres, clive. Son sort se joue en partie ces jours-ci. Les animateurs de comités locaux, la base du parti, ont jusqu’à ce mercredi pour se prononcer sur les deux personnes qu’ils aimeraient voir endosser la fonction de référent départemental à partir de mars 2018. Aucun vote n’est proposé aux adhérents. C’est à la direction nationale que reviendra la décision finale sans que personne ne sache comment celle-ci prendra en compte le choix des militants locaux. Tout juste les animateurs locaux ont-ils eu le droit de remplir un questionnaire en onze points dont les deux derniers concernent l’activité du parti dans le département.

Dans cette logique, Corinne Versini semble bien placée pour être la femme du binôme paritaire qui doit être soumis au choix hiérarchique. Ce sont donc essentiellement des hommes qui fourbissent leurs armes pour obtenir la seconde place. De ce casting dont sont exclus les parlementaires, un nom revient particulièrement souvent, celui de Philippe Véran. Il y côtoie le Martégal Jean-Luc Cosme, candidat malheureux à l’investiture du parti aux législatives.

Adjoint à l’économie du maire de Salon-de-Provence, Philippe Véran a quitté au printemps 2016 Les Républicains pour la REM et s’est présenté aux dernières législatives comme suppléant de Jean-Marc Zulesi, désormais député. Il a même été le premier référent du mouvement dans les Bouches-du-Rhône avant que Corinne Versini ne prenne la main.

« Le climat n’a pas été bon pendant les élections »

Cet entrepreneur en prothèse dentaire ne mâche pas ses mots quant au fonctionnement actuel. « Le climat n’a pas été bon pendant les élections, il ne l’est toujours pas, lâche-t-il. S’il n’y avait pas de malaise dans les Bouches-du-Rhône, on ne se poserait pas la question du référent départemental. On verra la volonté du parti dans ce dossier et si elle n’est pas là, on en tirera les conséquences », explique-t-il. Il reste toutefois en retrait quant à sa volonté de prendre la tête départementale du parti : « Je ne veux pas la place de Corinne Versini. Si je peux aider le mouvement, qu’on me le demande et que je peux organiser la chose en équipe comme je le veux, pourquoi pas. »

Il lui serait de toute façon difficile de faire campagne. « Il n’y a pas de candidat déclaré, pas de réunion, pas de campagne en fait, peste Yves Delafon, militant à Aix, et qui réclame de longue date un changement de référente départementale. Et tout cela se fait dans le plus grand flou car nous n’avons plus d’interlocuteurs à Paris, parce qu’il n’y a plus de pilote dans l’avion. » Dans une interview à La Provence ce mardi, il a été le premier à sortir du bois frontalement contre Corinne Versini. « Il faut que ça bouge maintenant, estime celui qui a réuni 50 animateurs de comités locaux pour signer une pétition demandant du changement. On ne peut plus continuer avec quelqu’un qui est incapable de travailler en équipe et n’en fait qu’à sa tête ».

Versini : « J’ai fait le boulot »

Face à cette fronde, Corinne Versini, que nous n’avons pu joindre, a affiché sa sérénité dans La Provence : « Leur polémique interne ne m’intéresse pas. Je suis pas là pour construire des projets avec des personnes motivées. […] Et j’ai fait le boulot : on a quand même gagné 9 des 16 circonscriptions. » Le choix pour trois ans du référent départemental devrait intervenir avant le 4 octobre mais rien ne dit qu’il sera rendu public simultanément.

Quant au mode de désignation choisi par le « pôle territoires », rien n’en est dit, si ce n’est cette mention : « Conformément aux principes qui guident notre action depuis le départ, nous veillerons à la parité et à la diversité des parcours des candidats à la fonction de référent territorial. » Comme le dit un militant passé de la gauche à la REM, « dans un parti classique, il y a des barons, des achats de cartes, les jeux sont pipés. Mais au moins tu peux te confronter, débattre. Là, il n’y a rien tout est décidé par Paris. Ce n’est même pas un parti… »

10
commentaires

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  1. Un électeur du 9 ème Un électeur du 9 ème

    Vous écrivez de Macron : « Il sera alors bien loin des questions qui agitent dans le département la République en marche » Mais c’est bien ainsi que Macron et son mouvement œuvrent pour la transparence et la démocratie : décisions arbitraires d’une petite secte d’individus dans l’opacité la plus totale …

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  2. julijo julijo

    bataille d’ego ou de pouvoir….on s’en fiche un peu, mais on peut remarquer que le « mouvement » REM devient un parti comme les autres ; après avoir longuement expliquer qu’il ne sera justement pas cela !!
    Comme le « renouveau » de macron s’inscrit dans la droite ligne libérale et monarchique de nos présidents de la Ve république.
    A refaire !!

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    • julijo julijo

      expliqué….. »é »

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  3. Antoine de Meria Antoine de Meria

    Rien d’étonnant à tout cela , les motivations et les pratiques pour l’obtention du pouvoir et de sa gestion sont toujours les mêmes et les hommes sont les hommes (malheureusement).
    Relisons MACHIAVEL, tout est dedans et notamment sur la démocratie participative « Les places, les marchés où les citoyens s’assemblaient fréquemment sont devenus des tombeaux ou le réceptacle de la plus vile populace ; chacun marche isolé ; et au lieu d’une population amie, on ne rencontre que des gens infectés des poisons de la peste » (Histoire de Florence.Machiavel).

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  4. corsaire vert corsaire vert

    Certains niais avaient réellement cru à la démocratie à la Macron ?

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    • leravidemilo leravidemilo

      Quoique la chose soit surprenante, il semblerait que oui! Perso, j’avais pensé qu’ils faisaient semblant, mais…

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  5. patrick patrick

    dommage de se priver d’une telle fonceuse, elle a le style macron et a brillé lors de sa dernière campagne, franchement lrm aurait tort de la sortir. mais dans un tel panier de crabe lrm va bien trouver un jeune cadre dynamique aux dents longues

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  6. patrick patrick

    pour la prochaine présidentielle lrem aura explosé et chacun retourna vers les débris de lr et vers les débris du ps, les affairistes se repartageront le gâteau

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  7. Minh Derien Minh Derien

    Corinne Versini : « J’ai fait le boulot ! »
    Comme si les chefs d’entreprise, comme elle, ne mettaient jamais à la rue des salariés qui ont « fait le boulot »…
    Elle est pitoyable.

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  8. Antoine de Meria Antoine de Meria

    Il faut simplement lui acheter un béret basque et qu’elle se mesure avec le dit outil son volume crânien quotidiennement , pour voir si durant la nuit ce dernier n’a pas trop gonflé. C’est radical pour le « teston » qui enfle !

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