"La rénovation et le développement social doivent avancer d'un même pas"

À la une
le 26 Nov 2012
1

La rénovation urbaine vit-elle un vrai tournant ? En visite à Marseille, ces dernières semaines, le ministre de la ville, François Lamy, a tenu à recentrer les chantiers en cours sur des sites prioritaires, tout en insistant sur la prise en compte de la parole des habitants et le développement social et urbain. Or, dans de nombreuses cités de Marseille concernées par des chantiers de rénovation urbaine financés par l'Agence nationale du même nom, la colère gronde et les habitants refusent les propositions de relogement qui leur sont faites. Le directeur de Marseille Rénovation urbaine, le groupement d'intérêt public qui a en charge les 14 chantiers de rénovation, Nicolas Binet, livre son point de vue sur "l'inflexion" initiée par le ministre la ville. 

Concernant les trois cités prioritaires que le ministre a mis en avant, "La Savine, Air Bel et La Castellane" Nicolas Binet, précise: "Lancé en 2009, le projet de rénovation de la Savine a été interrompu après la découverte d'amiante dans les cloisons. Ce projet va complètement être remis à plat. Il faut prendre le temps de mieux se parler et d'échanger avec les habitants pour qu'on ait des objectifs partagés et clairs". Ce qui ne l'empêche pas d'espérer "très vite une convergence entre les partenaires publics qui portent le projet et les habitants qui y vivent"

Concernant Air Bel et La Castellane, le discours de Nicolas Binet est plus nuancé. En effet, ces deux cités d'habitat social, lourdement plombées par des réseaux délinquants, ne font pas partie des sites en cours de rénovation. "Mes prédécesseurs ont choisi des sites qui en avaient besoin et où il y avait un grand nombre d'acteurs, collectivités locales et bailleurs, qui étaient prêts à s'engager. Par ailleurs les besoins de Marseille sont considérables". Prenant comme siennes les priorités du ministre, il renvoie à un nouveau plan national de rénovation urbaine la mise en chantier des deux cités.

"Reconnecter les quartiers"

L'inflexion du ministre ne se bornait pas à ajouter des noms sur la liste mais à rééquilibrer l'ensemble des projets entre l'action sur le béton et l'accompagnement des habitants. "Il y avait à Marseille, nécessité d'intervenir pour reconnecter les quartiers, refaire de l'espace public et arrimer des sites en situation quasi insulaire au continent urbain. Il faut continuer à le faire. Ce faisant, il faut aussi un effort accru sur les actions d'accompagnement social, la qualification professionnelle, l'action culturelle, la santé… L'ensemble des champs couverts par la politique de la ville. Il faut que tout ceci avance d'un même pas".  

Nicolas Binet a notamment insisté sur les clauses d'insertion professionnelle qui oblige les chantiers de rénovation à proposer 5% du total des heures à des demandeurs d'emplois issus des zones urbaines sensibles. Marseille Rénovation urbaine organisait une table ronde à ce sujet, lundi après-midi, à la Cité de métiers. 

Quant à la nécessaire et complexe concertation avec les habitants, Nicolas Binet distingue des thèmes "sur lesquels il y a de la communication mais pas de concertation" et qui relèvent des choix souverains des collectivités locales, d'autres thèmes sur lesquels "à l'intérieur de masses financières importantes, il y a possibilités d'infléchir tels ou tels projets en fonction de ce que veulent les habitants".

Article en accès libre

Soutenez Marsactu en vous abonnant

OFFRE DÉCOUVERTE – 1€ LE PREMIER MOIS

Si vous avez déjà un compte, identifiez-vous.

Commentaires

L’abonnement au journal vous permet de rejoindre la communauté Marsactu : créez votre blog, commentez, échanger avec les autres lecteurs. Découvrez nos offres ou connectez-vous si vous êtes déjà abonné.

  1. Anonyme Anonyme

    “Il faut, il faut, il faut” oui, mais qu’est ce qui est fait concrètement ?

    Signaler

Vous avez un compte ?

Mot de passe oublié ?


Ajouter un compte Facebook ?


Nouveau sur Marsactu ?

S'inscrire