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À Marseille, Bigard invité vedette pour la journée des droits des femmes

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Rédaction de Marsactu
12 Fév 2016 10

Après une polémique en 2015 sur un cabaret offert par la Ville aux femmes, Festi'femmes propose avec le soutien municipal un spectacle avec l'humoriste pour le 8 mars, journée des droits des femmes. L'association Osez le féminisme se dit "consternée".

Capture d'écran de l'affiche du festival
Capture d'écran de l'affiche du festival

Capture d'écran de l'affiche du festival

Après le slip kangourou, Jean-Marie Bigard s’est doté d’une belle paire de seins pour son nouveau spectacle, “Nous les femmes”. Sur l’affiche de la 21e édition du festival international d’art et d’humour au féminin Festi’femmes, l’humoriste est entouré de femmes. C’est lui qui animera la soirée du 8 mars au Silo, journée des droits des femmes.

“Cette année, j’ai choisi comme parrain Jean-Marie Bigard, annonce sur le site de l’événement l’organisatrice, Eliane Zayan, ancienne adjointe au maire et chargée de mission. Il orchestrera le plateau découvertes 2016 et nous dévoilera une partie de son nouveau spectacle”.

La présidente du collectif Osez le féminisme 13, Audrey Gatian, se dit “consternée” par ce choix. À ses yeux, celui-ci incarne “un des humoristes les plus machistes et les plus sexistes du paysage français”. 

Le souvenir du “lâcher de salope”

Machiste, Jean-Marie Bigard ? A plusieurs reprises, l’humoriste a été épinglé pour ses propos sexistes et ses sketchs dégradants pour les femmes. En 2010, le CSA avait tiqué sur son “lâcher de salopes”, un sketch qui a contribué à sa notoriété, interrogeant à l’époque la “connotation sexuelle, sexiste” des blagues de l’humoriste. “Un sketch outrancier et magnifique ! Toutes les femmes ont compris que c’est contre les hommes, en montrant la “pitoyabilité” du chasseur quand on remplace le gibier par le beau sexe”, s’était-il défendu en 2014 dans un entretien à l’AFP.

“Il revient avec un nouveau spectacle où il se moque des hommes et de lui-même. Ce spectacle défend le droit des femmes, réplique Eliane Zayan. Je ne vois pas pourquoi je ne le ferais pas jouer parce qu’il a fait quelques sketches qui ont pu heurté la sensibilité de certains”. Interrogé sur ce nouveau spectacle, l’intéressé expliquait il y a quelques jours sortir du machisme qui a aussi fait sa célébrité : “Parce que cette fois, je vais passer de l’autre côté du miroir pour prendre la défense des femmes. Moi, aujourd’hui, je me sens à la fois papa et maman. Le nouveau Bigard, c’est pas un nouvel homme, c’est une nouvelle femme !”.

Dans la bande annonce de son nouveau spectacle, grimé en femme, Bigard débite de grands poncifs sur les femmes et la salle de bain, les femmes au supermarché et les femmes et la sodomie…. “De l’autodérision”, le défend Eliane Zayan et puis, “il faut toujours une locomotive”, assure-t-elle, évoquant “le talent de ces jeunes humoristes” sur scène autour de Bigard.

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“Nous avons un gros problème de communication autour de cette journée du 8 mars qui est la journée des droits des femmes et non la journée de la femme. C’est souvent l’occasion d’un grand n’importe quoi, surtout dans notre région”, déplore Audrey Gatian, la présidente du collectif Osez le féminisme 13.

L’année dernière à la même période, c’est une invitation de la Ville à un cabaret qui avait fait débat. 750 femmes étaient invitées à un spectacle alliant plumes, string et soutien-gorges à paillettes à l’occasion du 8 mars. Cette fois-ci l’événement n’est pas organisé directement par la Ville mais parmi les partenaires du festival se trouvent bien la mairie de Marseille et sa délégation des droits des femmes.

“Nous donnons des places aux associations dans le cadre de la délégation mais ce n’est pas l’action de la Ville puisque nous organisons un colloque sur le cancer et les femmes au musée d’histoire”, tempère l’adjointe au maire Nora Preziosi. Cette dernière soutient l’organisation : “Faire un truc avec Bigard, je trouve ça bien. Puisque les femmes veulent être l’égale des hommes et les critiquent, qu’on accepte la critique à notre tour !”

Clémentine Vaysse et Jean-Marie Leforestier

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