Jean-Marc Coppola : « Le MAC incarne le renouveau que l’on veut pour les musées »

Interview
le 7 Avr 2023
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Le musée d'art contemporain de Marseille rouvre ce vendredi 7 avril après 4 ans de fermeture. L'occasion, à mi-mandat, de dresser un premier bilan de l'action culturelle de la municipalité avec l'adjoint délégué à ces dossiers. Avec des promesses d'engagements, mais encore peu de réalisations concrètes.

Jean-Marc Coppola, adjoint à la culture. (Photo LC)
Jean-Marc Coppola, adjoint à la culture. (Photo LC)

Jean-Marc Coppola, adjoint à la culture. (Photo LC)

Presque une ouverture en soi. Après quatre ans d'une longue fermeture pour travaux, le musée d'art contemporain (MAC) va rouvrir ses portes ce vendredi 7 avril. Un chantier à 5 millions, dont 3 apportés par le département, le reste par la Ville. L'occasion de dresser avec Jean-Marc Coppola, adjoint (PCF) à la culture du maire de Marseille, un bilan de son action à mi-mandat. Musées, bibliothèques, théâtres, vastes ambitions et budget contraint... Les structures culturelles souffrent, à Marseille, de difficultés chroniques sur lesquelles l'élu revient. Sans pour autant promettre de tout résoudre d'ici à la fin de la mandature.

Le MAC rouvre après quatre ans de fermeture pour travaux. Quatre ans, c'est un peu fou, non ?

Ce n'est pas faux ! Mais quatre ans, dans ce type de travaux c'est un peu la norme. C'est vrai que nous aurions dû rouvrir avant mais la crise sanitaire est passée par là. Et puis nous avons hérité d'une organisation des travaux que j'aurais sans doute gérée différemment. Enfin, nous avons eu affaire à une entreprise indélicate, qui n'avait pas mis la bonne dimension de ferraille nécessaire dans des escaliers... Heureusement que cela a été repéré à temps, les conséquences auraient pu être dramatiques. Ça nous a plantés pour 8 ou 12 mois.

Mais finalement nous ouvrons maintenant. Au printemps, ça tombe bien ! Quelques jours après avoir livré Lenche qui devient une maison des artistes et alors que l'opéra fait carton plein en ce moment [avec des représentations de Nabucco de Verdi, ndlr], nous sommes un peu à contre-courant dans un pays qui vit mal la réforme des retraites, l'inflation et la hausse des coûts de l'énergie.

Quelle est la nature de ces travaux et leur ambition?

Il s'agissait d'abord de mettre les 3000 m² du musée d'art contemporain aux normes. Il propose aussi un parcours plus lumineux, un accueil plus convivial, de nouveaux espaces comme le toit-terrasse. Le MAC incarne le renouveau que l'on veut pour les musées. La question c'est de rendre les musées plus attractifs, comme le suggérait le rapport de la chambre régionale des comptes (CRC). À mes yeux, les musées ne doivent plus être seulement des lieux d'expos - comme les bibliothèques ne peuvent pas se cantonner au seul prêt d'ouvrages - mais des espaces de rencontres où se croisent les arts. Nous ambitionnons là de créer de nouveaux usages pour les visiteurs en tendant par exemple des passerelles avec le spectacle vivant : il faut que des festivals marseillais puissent dialoguer au MAC avec l'art contemporain.

Dans le dossier qui accompagne cette ouverture, le maire dit vouloir faire du MAC un "musée populaire". Comment cet outil excentré, situé dans des quartiers favorisés, pas forcément très accessibles en transports en commun, peut-il parler à tous?

Oui, j'y crois. L'idée c'est de démocratiser . . .

Coralie Bonnefoy

Commentaires

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10 commentaires


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  1. Electeur du 8e ©

    Un « outil excentré (…), pas forcément très accessibles en transports en commun » : il serait bon de sortir des clichés un peu trop marseillo-marseillais. Si être « excentré », c’est être au-delà d’un rayon de 500 m autour du Vieux-Port, alors le MAC l’est. Mais il n’est tout de même pas aux Goudes, et il n’est pas anormal que les équipements publics et culturels de la ville ne soient pas tous dans l’hypercentre de la ville.

    Quant à l’accessibilité en transports en commun, le MAC est correctement desservi par deux lignes de bus au départ du métro Rond-Point du Prado : l’arrêt de bus est juste devant l’entrée du musée !

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    • donovan

      Et pour continuer à tordre le coup aux clichés, Bonneveine et ses alentours sont majoritairement des quartiers résidentiels classes moyennes. On y est pas défavorisés certes mais il serait temps d’imprimer que 8e est vaste et ne limite pas au « carré d’or ».

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    • Tarama

      Il y a même des HLM et des écoles en ZEP à quelques centaines de mètres…

      Cette question est d’ailleurs fort peu pertinente. La ZAC de Bonneveine a été pensée comme un « pôle d’équilibre » de la ville dans les années 70 (l’autre étant Le Merlan).

      C’était une réussite, contrairement aux mouvements en cours depuis une quinzaine d’années, où l’explosion de la rentabilité de l’immobilier résidentiel font que de nombreux bureaux sont mutés en logements, et les emplois supprimés ou déplacés à Euroméditerranée (où les salariés se rendent… en voiture).

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  2. julijo

    14 musées municipaux…..ça laisse rêveur ! j’espère que ce projet scientifique et culturel en élaboration, sera intéressant, et qu’il ne sera pas une « arlésienne » de plus..
    par ailleurs, je suis positivement ravi qu’on mette un terme aux reconversions du personnel, mais j’aimerais aussi que coppola nous parle des expositions proposées, dans le présent et le futur.
    il et important que techniquement et administrativement les choses soient remises à l’endroit, mais le « contenu » des musées est important aussi pour leur attractivité de base ! et bien sûr pour l’ « émancipation humaine ».
    l’offre culturelle en musée à marseille, (14 musées !) reste assez aléatoire même gratuite.

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  3. vékiya

    …nous sommes un peu à contre-courant dans un pays qui vit mal la réforme des retraites, l’inflation et la hausse des coûts de l’énergie.

    quel rapport ?

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    • leb

      Je suppose qu’il veut dire que la politique gouvernementale actuelle ne va pas dans le sens d’un soutien aux lieux culturels, en témoignent les nombreuses subventions à la baisse pour les théâtres, centre d’art et écoles d’enseignement artistique.

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  4. Peuchere

    Merci au Département d’avoir été le financeur principal de ce beau musée

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  5. Sony

    Que dire des agents des bibliothèques Cgt toujours maltraités par l’administration municipale, alors qu’ils font partie des plus motivés pour le développement d’un grand service public de qualité?

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    • Peuchere

      Et que dire de cette municipalité qui est incapable de réparer les ascenseurs de l’Alcazar depuis 3 ans ? !!!!
      Cette bibliothèque est complètement abandonnée . Merci au personnel qui est dévoué et professionnel

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  6. vékiya

    Grosse affluence vendredi soir pour l’inauguration, gérée à La Marseillaise avec les gens qui entraient par la sortie pour ne pas attendre et les salles qui ont fermé à 20h… bon mais il y’a plus grave ce week-end.

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