Jean-Marc Coppola chez les patrons, un p'tit dej' presque parfait

À la une
le 13 Fév 2014
7

"Elles sont bonnes les viennoiseries, non ? Ce sont les élèves du centre qui les ont faites". Le lieu choisi est symbolique : le centre de formation Corot est situé en coeur de zone franche urbaine, aux Aygalades. On attend les derniers arrivés autour d'un café. Ce n'est pas tous les jours qu'on voit un candidat du Front de Gauche et des patrons discuter un pain au chocolat à la main. En ce jeudi matin, Cap au Nord – "réseau des entreprises du territoire nord" – reçoit Jean-Marc Coppola, premier invité d'un cycle de discussion avec les candidats aux municipales. 

A la différence de la chambre de commerce, ils ont décidé d'inviter tous les candidats. Les dates sont déjà fixées. Pape Diouf sera le suivant puis Patrick Mennucci le 20. "Pour Jean-Claude Gaudin nous attendons confirmation et pour Stéphane Ravier c'est la date qui est à confirmer", explique en introduction François Ranise, président de Cap au nord. "Les 13, 14, 15 et 16e arrondissements représentent 7 000 entreprises et 55 000 emplois privés", rappelle-t-il. Avant de laisser la parole à l'invité, le représentant des entreprises tient à présenter la "plateforme de propositions élaborée pour positionner le Nord au coeur des préoccupations". 

"Un Grenelle du territoire nord"

Pendant une quinzaine de minutes, François Ranise synthétise les réflexions des entreprises du secteur regroupant deux zones franches urbaines. Les inquiétudes sont d'autant plus grandes que le dispositif d'exonérations fiscales et sociales – mis en place à la fin des années 90 pour attirer les entreprises – pourrait disparaître d'ici la fin de l'année.

Tous les candidats seront invités à commenter ce descriptif du quotidien des entreprises et répondre à leur liste de souhaits. Parmi ceux-ci se trouve la création d'une "maison de l'entreprise" dans le nord de la ville, la prise en cause de la clause sociale d'embauche dans l'attribution des marchés publics ou encore l'organisation d'un "Grenelle du territoire nord" rassemblant acteurs économiques, habitants et pouvoirs publics. On sent toutefois que c'est surtout sur les questions de transports et de sûreté des employés et des biens que l'assemblée attend des réponses.

Le hasard du calendrier fait que ce premier invité, présent non pas en tant que vice-président de la région mais en tant que candidat, n'a pas encore rendu public le détail de son programme. Face à lui, toutes les chaises ne sont pas occupées, mais ces propos seront sûrement répétés entre dirigeants. "Je suis très intéressé par ce que vous dîtes, lance en attaque le représentant du Front de Gauche. On peut avoir une vision commune sur l'état des lieux". Visiblement très à l'aise, il associe la participation des entreprises à ce qu'il nomme "l'intervention citoyenne". Volontairement, l'élu communiste inscrit l'économie dans un cadre plus large, autour du logement, de l'éducation et du transport. "Ce sont mes trois leviers pour l'emploi", explique-t-il. Au passage, il commente en écho à son concurrent socialiste Patrick Mennucci : 

Je ne vais pas promettre 50 000 emplois créés. Je n'ai pas tous les leviers.

Il passe ensuite à la revalorisation du port. "C'est un gisement d'activités et d'emplois, explique-t-il. Je pense qu'il y a un avenir dans la réparation navale, la construction et la reconstruction". Rapidement, il évoque les énergies renouvelables et un technopôle de la mer. Les propos du "rouge" n'effraient guère le public. Il est à peine question des coopératives. 

"Défenseur des TPE, PME et même des grandes entreprises"

Ces déclarations ne semblent guère convaincre les présents qui le ramènent sur d'autres sujets liés au quotidien des entreprises. "Au delà du long terme, que proposez-vous pour améliorer rapidement la mobilité ?", l'interroge le consultant Fabrice Kehayan qui anime l'échange. "Il faut établir un vrai dialogue avec la RTM, répond Jean-Marc Coppola. Améliorer la transversalité et développer les transports doux". Sur la sécurité aux abords des entreprises, il propose des agents de médiation, "un outil mais pas un remède miracle". "Ici, à Capitaine Gèze, on a de vrais problèmes de marché à la sauvette, de sécurité des piétons. Des entreprises nous ont dit qu'elles allaient quitter le territoire. Que proposez-vous ?", rebondit François Ranise. Le candidat aux municipales évoque alors un "contrat local de sécurité et une rénovation structurante de cet axe". 

Puis vient inévitablement le sujet qui fâche : l'avenir des zones franches urbaines. Idéologiquement, un élu communiste ne peut pas se prononcer en faveur d'un dispositif d'exonérations fiscales pour attirer les entreprises sur un territoire. Il commence alors par évoquer la clause sociale d'embauche, "qu'il faut imposer" et tente de contourner – assez maladroitement – le sujet. 

"Je ne suis pas forcément favorable à des avantages fiscaux mais je suis pour une justice fiscale, élude-t-il. Je n'accompagnerai pas la mort d'une zone franche. Je suis le défenseur des TPE, PME et même des grandes entreprises". Les patrons n'obtiendront pas de lui une réponse franche et ferme sur la prorogation du dispositif. Sur la question des terrains destinés aux entreprises, il porte haut et fort son outil : "La préemption, il y a encore des tas de friches à Marseille". Sur certains sujets, l'anti-capitaliste ressurgit derrière le "défenseur" de toutes les entreprises. 

Finalement, loin des éléments de langage anti-patronaux, l'élu communiste s'est surtout efforcé de lisser son discours. Mardi, le prochain invité est Pape Diouf dont aucun axe de programme n'a été rendu public. Il aura là l'occasion de le présenter aux patrons. Sera-t-il alors dans le costard du businessman ou dans le costume du héraut du Sursaut ?

Article en accès libre

Soutenez Marsactu en vous abonnant

OFFRE DÉCOUVERTE – 1€ LE PREMIER MOIS

Si vous avez déjà un compte, identifiez-vous.

Commentaires

L’abonnement au journal vous permet de rejoindre la communauté Marsactu : créez votre blog, commentez, échanger avec les autres lecteurs. Découvrez nos offres ou connectez-vous si vous êtes déjà abonné.

  1. jdeharme jdeharme

    C’est le monsieur qui vient du vaucluse ou le cinéaste ?

    Signaler
  2. MR MR

    JM Coppola est élu sortant du 8ème secteur et conseiller municipal de Marseille. Ca c’est pour la blague moisie de jdeharme.
    Plus sérieusement, je préfère le type d’approche de JM COPPOLA sur les problèmes concrets d’emplois et d’entreprises plutôt que les grandes envolées lyriques (on va créer 50,100, 200 000 emplois!!!!). On a vu au niveau national à quoi pouvez mener ce type de promesse. La fameuse inversion de l’inversion.

    Signaler
  3. jdeharme jdeharme

    Et vice président du Conseil régional bonjour le cumul

    Signaler
  4. Anonyme Anonyme

    coppola mais c est celui qui elu du vaucluse s est fait reserver par vauzelle une place de vice president en attendant la demission d une elue d arles qui lui a pemis d etre le vice president a l efficacite reconnue: digne diderot lycee marseille saint remy chateaurenard
    comme le dit fd tout pour ma gueule

    Signaler
  5. julijo julijo

    C’est déconcertant cette manie de « dénigrer » chaque personnalité qui s’exprime …et de ressortir comme des dossiers….
    On peut en dire sur tout le monde, Coppola, Diouf, Mennucci, …bien d’autres …et le plus fort et le meilleur d’entre eux, Gaudin
    Ils ont tous des casseroles, des volte-face, des prises de paroles opportunistes, des défauts, ils ont tout dit et le contraire. Mais que veut-on finalement ? Des petits nouveaux ? Il les faut sans CV, et très jeunes (il s’agit pas qu’ils aient eu le temps de s’acoquiner ou pire…) donc dans le monde politique aujourd’hui, ça n’existe pas. Ils ne passent pas les barrages des appareils. Des plus mûrs qui ont de la bouteille ? Ah, il se trouvera bien quelqu’un qui se souviendra que…..il y a 3 mois ou 10 ans…
    Avec les résultats électoraux de Marseille depuis quelques années ont pourrait douter pourtant de la capacité mémorielle des électeurs ? Jamais n’ont été élus des perdreaux de l’année ! Tous avaient un passé. La plupart ont été élus, réélus, re-réélus…le clientélisme, le népotisme, le favoritisme n’est pas né l’an passé.
    Là, je ne veux pas défendre Coppola (qui peut se débrouiller tout seul), ce n’est pas ma tasse de thé, ni beaucoup d’autres d’ailleurs, mais on fait quoi ? On cherche le moins menteur ? Celui qui promet plus joli que les autres ? Celui qui n’est pas encore mis en examen ? Celui qui n’a pas écrit une chose, puis expliqué le contraire lors d’un meeting ?
    Bah. On n’a pas un grand choix. Pourquoi ne pas se dire, sans naïveté excessive, que dit-il ? Est-ce réaliste ? Faisable ou pas, financièrement jouable….etc. Quel est son programme ? Non ?! Bon, non, tant pis.

    Signaler
  6. Anonyme Anonyme

    un vrai camaleon ce coppola
    mais en pleine forme
    apres dutoit dutot quelle est la prochaine victime
    pellicani honde
    s il n en reste qu un c est lui

    Signaler
  7. jdeharme jdeharme

    Sur les affiches du front du front de gauche
    “Prenez le pouvoir ” il fait rajouter
    Nous prenons les indemnités

    Signaler

Vous avez un compte ?

Mot de passe oublié ?


Ajouter un compte Facebook ?


Nouveau sur Marsactu ?

S'inscrire