Jean-Claude Gaudin, “maire bâtisseur” d’une ville et de ses fractures

Décryptage
le 21 Mai 2024
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Durant 25 ans, Jean-Claude Gaudin a régné sur Marseille. Celle-ci s'est transformée, notamment par le biais de l'opération d'intérêt national Euroméditerranée, du Mucem à Arenc. Mais derrière la ville attractive ont subsisté bien des fractures.

Pancarte brandie par un manifestant d
Pancarte brandie par un manifestant d'une marche contre l'habitat indigne, en décembre 2018.

Pancarte brandie par un manifestant d'une marche contre l'habitat indigne, en décembre 2018.

“Il était Marseille faite homme“. Ces mots d’Emmanuel Macron, publiés sur X quelques instants après l’annonce du décès de Jean-Claude Gaudin, ont été repris sous diverses formes ce lundi. Il a incarné la Ville pendant plus d’un quart de siècle. Dans le fauteuil de maire comme de président de la métropole, il a contribué à […]
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Commentaires

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  1. ruedelapaixmarcelpaul ruedelapaixmarcelpaul

    « Il a été le maire qui a mis fin aux bidonvilles même s’ils ont parfois ressurgi »
    Bel aveu d’échec

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  2. RML RML

    Son fonctionnement clanique est typique de la bourgeoisie traditionnelle française surtout en province.
    Ça raconte très bien d’où gouvernait Gaudin et pour qui. Ce n’était pas Marseille sans les marseillais, mais Marseille sans tous les marseillais…
    On lui doit aussi l’identification marseillaise à la pagnolade…
    Pour tout ça, on va pas le remercier

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    • Andre Andre

      Je ne défendrai pas Le bilan Gaudin, loin s’en faut mais, pour moi qui suis natif de Marseille, ces références très parisiennes et condescendantes à la “pagnolade” sont de nature à m’irriter. Serait il normal pour vous que les hommes politiques renient leurs origines pour mieux entrer dans le moule culturel de la capitale et de sa bourgeoisie?
      Il y a pourtant d’autres critiques, bien plus justifiées et intelligentes, à formuler sur ces mandatures.

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    • Assedix Assedix

      @Andre: Si le terme de Pagnolade ne vous convient pas, comment est-ce que vous qualifieriez le “Marseille populaire” dont Gaudin parlait en ces termes: “Le Marseille populaire, ce n’est pas le Marseille maghrébin, ce n’est pas le Marseille comorien. Le centre a été envahi par la population étrangère, les Marseillais sont partis.” ?

      Est-ce que “image d’Épinal” vous conviendrait mieux?

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    • Andre Andre

      Désolé Assedix,.mais je ne vois pas le rapport. Les propos désolants de l’un ne sauraient justifier les poncifs condescendants de l’autre.

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  3. Alceste. Alceste.

    Cher Marsactu, merci de bien vouloir éviter trois erreurs ou du moins d’être beaucoup plus précis.Le MUCEM c’est l’Etat, Euromedirerranee c’est RP Vigouroux et Marseille Espérance aussi .Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si Gaudin à mis plus de 10 années pour nommer un lieu au nom de l’ancien professeur de neurologie.

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  4. Syol Syol

    “Et pourtant il a réussi à construire une métropole fonctionnelle”.
    Fonctionnelle dans quel domaine ?
    Quand on voit le désastre des transports (qui continue avec le plan bus 2025), de la collecte des ordures, de la propreté, de la voirie avec des pistes cyclables si mal conçues qu’elle en sont souvent dangereuses, j’aimerais bien qu’on me donne des exemples de domaine où la métropole fonctionne bien.

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    • LN LN

      Dans l’affichage à outrance à chaque coin de rue ou sur les abris bus ! On en bouffe de la com…

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  5. Andre Andre

    Excellent article qui reprend des témoignages intéressants.
    En effet, dans bien de domaines majeurs, Gaudin n’a fait que poursuivre des dossiers lancés par Vigouroux. C’est bien qu’il ait eu l’intelligence de la faire mais il ne faut pas lui en attribuer l’initiative.
    La communauté urbaine de 2000 voit son origine dans la communauté de communes de 1992.
    L’ANRU des quartiers Norda été précédé par le GPU-GPV créés avec le concours de l’État (mission Masson) dans les 15/16 à la même époque.
    Il en fût de même d’Euromediterranée .
    Le MUCEM a été un.projet d’État sur toute la ligne.
    Quant à l’année de la culture, qu’en reste-t-il?
    Le fonctionnement en bande n’a rien de choquant en sou. Un maire doit déléguer mais il doit aussi, en chef d’équipe, garder un regard sur les grands dossiers et j’ai déjà pu écrire ici la responsabilité que j’attribue à Gaudin au sujet de la dégradation du bâti du centre ville par rapport à laquelle il aurait eu les moyens d’agir compte tenu de sa stature nationale.
    Son entourage? Un jC Gondard techniquement très compétent, mais en bute à un Henri Loisel dont on ne savait jamais pour qui il travaillait et dont il fallait se méfier pour ses coups tordus, sous l’oeil d’un Bertrand tapis dans l’ombre… Pas très ragoûtant tout ça.
    D’autre part, on ne remerciera pas Gaudin pour ces monsteueux bateaux de croisière qui polluent la rade et pour l’abandon du métro que voulait poursuivre Vigouroux, contre un tramway aux tracés plus politiques que fonctionnels.

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    • Richard Mouren Richard Mouren

      Une mise au point nécessaire. Merci.

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  6. Christian Christian

    Pour un Marseillais comme moi qui ai vécu le désastre Defferre (appauvrissement économique de la la ville qui était prospère, sabotage de la communauté urbaine, construction des grands immeubles criminogènes des quartiers Nord, massacre du port antique gréco-romain dont il ne reste finalement presque rien, etc. etc.), les mandatures Gaudin sont un autre désastre que l’on minimise actuellement, même dans l’article de Marsactu, parce que, comme dans la chanson “tous les morts sont des braves types”.

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    • Andre Andre

      Sans vouloir défendre Defferre, les grands ensembles relevaient d’une politique d’État et leurs désolantes formes urbaines affectent malheureusement tout le pays. On pourra invoquer l’ivresse d’une certaine forme de progrès et l’urgence à combattre la crise du logement (déjà) mais cela n’explique pas tout. Il s’agira aujourd’hui de ne pas récidiver les mêmes erreurs (le limogeage de Mme Chaboche adjointe a l’urbanisme n’étant pas très rassurant dans le domaine).

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    • Félix WEYGAND Félix WEYGAND

      @ Christian : Non, il n’y a pas eu de “désastre Defferre”, lorsque Defferre commence son 1er mandat en 1953, la ville a certes une économie prospère fondée sur des monopoles coloniaux mais elle n’a plus été administrée depuis des décennies (souvenez vous de l’incendie des nouvelles galeries).
      Il y a 650 000 habitants, mais la qualité de l’eau est douteuse et souvent insuffisante, faute d’assainissement les “tinettes” sillonnent encore les rues pour collecter les contenus des pots de chambre, la destruction des “vieux quartiers” laisse un bidonville dans le quartier de la Bourse où l’on ne risque pas de voir le “Port antique”.
      Fin des année 70, il n’y a plus de rente coloniale et la ville compte plus de 900 000 habitants, la SEM distribue de l’eau potable partout, tout les logements sont raccordables au tout à l’égout, les bidonvilles sont largement résorbés et continueront à l’être, la première ligne de métro est inaugurée, une solide infrastructure hospitalière et universitaire a été mise en place, les vestiges du “Port antique” découverts en 1967 sont mis en valeur dans le cadre de la première (et seule) réhabilitation du centre ville…
      Vous avez raison : l’absence d’une métropolisation précoce, les conséquences des grands ensembles, le tout voiture… sont à considérer comme contre-point à ce bilan.
      Mais Defferre meurt en 1986… les 9 années de mandats de Robert Vigouroux dont certains commentateurs ici gardent un bon souvenir, bénéficient surtout de ce que Defferre avait initié…
      Quand au bilan des années Gaudin… disons que même une horloge cassée donne l’heure juste deux fois par jour… et que pour les 22 autres heures, il vaut mieux ne pas en parler…

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  7. Electeur du 8e © Electeur du 8e ©

    Je suppose que Mme Caradec et moi-même ne vivons pas dans la même métropole. Celle que je connais n’est pas “fonctionnelle”, et ce n’est pas moi qui le dis mais un certain nombre de rapports qui pointent les anomalies qui la paralysent – à commencer par les détournements de fonds au profit exclusif de petites communes.

    Sur le sujet que je connais le mieux, la mise à la poubelle de la restructuration pourtant indispensable du réseau de bus de Marseille, qui devait intervenir 14 ans après celui de Lyon, montre que, non, la métropole ne fonctionne pas correctement.

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    • Alceste. Alceste.

      Bien résumé.

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  8. jacques jacques

    Mises au point salutaires par des commentateurs bien informés.

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  9. Moaàa Moaàa

    A les lire, on croirait un saint, sans vouloir manquer de respect à un défunt. L’époque gaudin, c’est la haute bourgeoisie catholique extrême et raciste.

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    • Patafanari Patafanari

      Et l’époque Payan, c’est le lumpenprolétariat islamo-sioniste modéré et inclusif.

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    • Moaàa Moaàa

      Patafanari,
      Manque de pot je suis athée ❤️

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  10. jacques jacques

    On approche du point Goodwin! Encore un petit effort !

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  11. jacques jacques

    Godwin !!

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  12. Félix WEYGAND Félix WEYGAND

    @ Christian : Non, il n’y a pas eu de “désastre Defferre”, lorsque Defferre commence son 1er mandat en 1953, la ville a certes une économie prospère fondée sur des monopoles coloniaux mais elle n’a plus été administrée depuis des décennies (souvenez vous de l’incendie des nouvelles galeries).
    Il y a 650 000 habitants, mais la qualité de l’eau est douteuse et souvent insuffisante, faute d’assainissement les “tinettes” sillonnent encore les rues pour collecter les contenus des pots de chambre, la destruction des “vieux quartiers” laisse un bidonville dans le quartier de la Bourse où l’on ne risque pas de voir le “Port antique”.
    Fin des année 70, il n’y a plus de rente coloniale et la ville compte plus de 900 000 habitants, la SEM distribue de l’eau potable partout, tout les logements sont raccordables au tout à l’égout, les bidonvilles sont largement résorbés et continueront à l’être, la première ligne de métro est inaugurée, une solide infrastructure hospitalière et universitaire a été mise en place, les vestiges du “Port antique” découverts en 1967 sont mis en valeur dans le cadre de la première (et seule) réhabilitation du centre ville…
    Vous avez raison : l’absence d’une métropolisation précoce, les conséquences des grands ensembles, le tout voiture… sont à considérer comme contre-point à ce bilan.
    Mais Defferre meurt en 1986… les 9 années de mandats de Robert Vigouroux dont certains commentateurs ici gardent un bon souvenir, bénéficient surtout de ce que Defferre avait initié…
    Quand au bilan des années Gaudin… disons que même une horloge cassée donne l’heure juste deux fois par jour… et que pour les 22 autres heures, il vaut mieux ne pas en parler…

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    • Alceste. Alceste.

      Cher Félix, si Malraux ne tape pas sur la table les vestiges seraient sous 10 mètres de béton. Concernant le bâti, malheureusement Gaston avait une vision utilitariste de l’habitat avec comme résultats ces cages à lapins.
      Il a sûrement insisté, mais les universités et les hôpitaux c’est l’Etat.
      Rendons à César, vous connaissez la suite…
      Dans votre bilan vous oubliez deux éléments qui pour le coup sont des désastres : FO et sa volonté de desinstriualisation. A sa décharge, les grandes familles marseillaises n’ont rien vus venir avec la décolonisation.
      Bien sûr que Vigouroux a pris la suite, mais lui était au dessus, avec ses défauts et qualités. Un exemple une fois élu il a pris le budget de la Ville ligne à ligne.
      Ses prédécesseurs et successeurs en étaient et en sont incapables.

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  13. Christian Christian

    Merci à Félix Weygand pour sa réponse longue et détaillée.
    Mais les points positifs qu’il développe en faveur des mandatures Defferre ne suffisent pas à en effacer les désastres.
    Ce maire aura été celui qui a remplacé le vaste réseau de tramways par des bus polluants, alors que sur la plupart des lignes il restait des terrains disponibles pour en mettre une grande partie en voie propre, ce qui aurait permis de concilier le tramway avec le développement de la voiture qu’il souhaitait ouvertement (et qui était légitime dans les années d’après-guerre).
    Il restera aussi comme le responsable d’une immense extension de Marseille faite dans le grand n’importe quoi, sans aucun projet, sans aucune vue d’ensemble. Sous Defferre (comme ensuite sous Gaudin) on bâtissait on bâtissait on bâtissait à tour de bras sur les anciens grands domaines marseillais verdoyants sans aménager, ou si peu, la voirie et les transports en commun nécessaires. Ce qui nous procure l’une des villes les plus embouteillées d’Europe.
    Et “Gastounet” restera aussi comme un incroyable abatteur d’arbres Entre autres la rue de Rome, le bd Baille, étaient des allées très végétalisées. L’été on y marchait à l’ombre !

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    • Félix WEYGAND Félix WEYGAND

      Oui, je partage bien volontiers ces points.

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    • AlabArque AlabArque

      Sans vouloir ‘sanctifier’ Defferre, je ne peux souscrire à certains des griefs que vous évoquez.
      Concernant le tram et les transports en commun ‘en site propre’, il aurait fallu être parfaitement visionnaire pour envisager à l’époque sa ‘réhabilitation’ et son essor actuels (qui ne seraient guère possibles sans les automatismes de pilotage développés au tournant XX°-XXI° s. – et je ne crois pas que Paris ou Lyon aient fait beaucoup mieux ni beaucoup plus tôt.
      Le bétonnage ensemblier intense tient beaucoup, même si ce n’est pas le seul facteur, à la nécessité d’abriter au plus vite (et au mieux) l’afflux massif des rapatrié.es d’Algérie. Je me souviens des premières tours, flambant neuves, du Parc Sévigné : si je me réjouissais chaque jour de grandir dans une ‘villa’ (construite ‘en castors’ par mes parents peu avant ma naissance), durant ma scolarité 1964-1968 à la ‘communale’ du Coin-Joli, nous n’étions jamais plus de trois ou quatre ‘métropolitaines’ par classe de 30 gamines (Corses comprises). Les récits ‘gore’ de mes camarades, rejouant la guerre d’Algérie à chaque récré, me terrorisaient autant que le harcèlement infligé à une petite sénégalaise, noire et musulmane (fille de harki ? de tirailleur resté à Marseille après la Libération ?). Marseille étant la commune la plus étendue de France, comment imputer cette fièvre constructiviste à son maire ?

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    • Andre Andre

      Si Gaston n’est pas plus responsable des grands ensembles que les autres maires de France puisqu’il s’agissait d’une politique nationale (ZUP…) il a laissé bétonner la ville et notamment les quartiers Sud par la promotion immobilière locale dont les acteurs étaient souvent les héritiers d’anciens industriels et commerçants reconvertis.
      “A moi la politique, à vous les affaires!”
      Ce qui, cela a été écrit, a généré la ville-flaque impossible à desservir en TC que nous connaissons.
      Gaudin n’a-t-il pas été adjoint à l’urbanisme de Defferre, dans une municipalité SFIO- centre droit?
      Les vrais adversaires étaient les cocos et c’est pourquoi les quartiers des 15 et 16 qui votaient PC n’ont pas été raccordés au tout à l’égout avant la fin des années 80!

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  14. GingerPoco GingerPoco

    “La fabrique du monstre” !

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  15. Alain PAUL Alain PAUL

    Très bon article, modéré et quasi complet, ce qui a permit aux commentaires d’être intéressants et documentés
    On a trois maires importants qui ont incarné, chacun à sa manière, une Marseille indéfinissable
    Gaudin, élevé par Gaston, a bénéficié de ce que son prédécesseur a initié
    Il a aussi profité de l’action de l’Etat (MUCEM, Euroméditerranée) indispensable vue la faiblesse des ressources fiscales
    Une grande absence est l’économie dont ni la bourgeoisie, ni le Port (“autonome”) n’ont su la développer après la décolonisation
    L’Etat revient avec Macron dont je considère que c’est la seule action positive et dans la durée dont il peut se targuer
    Tant mieux pour Marseille

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