Jean-Claude Gaudin gazouille et ça ne vole pas haut

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le 4 Sep 2013
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Jean-Claude Gaudin gazouille. Quand on l'a appris à l'élu UMP Daniel Sperling, il n'a pu réprimer un sourire. L'adjoint au maire chargé entre autres de "l'accès à l'Internet pour tous" est tout simplement "passé à côté de cette arrivée sur Twitter" du maire de Marseille. Lui-même est d'ailleurs un intermittent du réseau social.

Il faut pardonner à Daniel Sperling. La nouvelle a effectivement de quoi étonner. Jean-Claude Gaudin n'a pas d'ordinateur sur son bureau. Il n'a pas non plus de téléphone, il préfère confier ses téléphones portables à son chauffeur et s'en vante même. Il y a quelques années, il avait glissé au patron de SFR qu'il vivait très bien sans. Rien n'a changé aujourd'hui et ses proches en font même un atout : "Ça lui permet de garder du recul sur les choses", glisse Gérard Chenoz, élu depuis 1995.

Mais, depuis quelques jours, Jean-Claude Gaudin tweete à raison de quelques messages par jour. Et ces premiers pas ont été particulièrement remarqués. Bon, techniquement, le maire était officiellement sur le réseau social depuis un moment. Mais il ne suivait personne et se contentait de relayer les informations de son compte Facebook qui lui-même était un simple relais de son agenda officiel. En résumé, il occupait l'espace mais rien de plus. Mais depuis, comme disent les plus mauvais commentaires sportifs, il n'a pas fait le voyage pour rien. Sorte de baromètre de l'activité sur Twitter, Le Lab a déjà consacré trois articles en six jours à ces sorties en 140 caractères ici, puis encore là.

"Il se met à la page"

Pari gagné ? Les jeunes militants UMP sont ravis. "Il se met à la page. Avec toutes les critiques qu'il y a eu, il montre que la flamme est toujours là. Twitter permet de toucher des électeurs qui sont sur Facebook ou qui ne lisent pas les journaux", se félicite Philippe Memoli, représentant dans le sud-est des Jeunes actifs de l'UMP et gazouilleur de longue date.

D'emblée, les premiers pas se transforment en tacles appuyés. Les saillies numériques du maire étonnent par leur virulence et ciblent en premier lieu Patrick Mennucci, qui lui non plus n'a jamais mâché ses mots sur le réseau social :

Jean-Claude Gaudin a même retweeté une attaque plus directe du responsable des jeunes UMP 13 qui rappelle à mots choisis que la compagne de Patrick Mennucci est aussi sa directrice de cabinet.

Le rapport du maire aux nouvelles technologies suppose qu'il a trouvé une plume dans son entourage pour caresser le clavier. Mais Jean-Claude Gaudin valide-t-il vraiment ses propos sur le réseau social ? "Il contrôle tout, répond Gérard Chenoz. C'est lui qui dicte !" Véridique ou enjolivée, cette anecdote ne change rien au fond. En terme d'affichage, ses tweets portent la parole du maire. Un spécialiste en communication digitale marseillais, plutôt marqué à droite, s'en étouffe presque : "Cela le décrédibilise. Ce qu'ils font, c'est du niveau de La Fouine et Booba. Sauf que c'est le maire de Marseille ! Il faut qu'il reste dans sa fonction avec une démarche structurante qui donne du sens à son action. S'écharper, c'est comme si Hollande se mettait à tweeter avec Jean-François Copé, ça n'a pas d'intérêt de se mettre au niveau d'un de ses challengers, surtout le plus virulent. Il faut surtout qu'il reste dans le domaine institutionnel".

La teneur de ses derniers tweets correspond plus à cette logique. Récemment, par exemple, il a fustigé les choix du ministre de l'Intérieur Manuel Valls en terme d'effectifs policiers. Ce dernier message lui a valu une reprise dans les pages de La Provence. Bingo !

Guéguerre avec Mennucci ou tweets plus profonds, notre expert juge qu'"il a raison d'aller" sur ces réseaux à l'aube d'une campagne. Ce changement de stratégie prend en compte la place croissante des modes de mobilisation numérique dans la vie locale depuis quelques mois. La polémique créée autour de la subvention accordée au concert de David Guetta avait grandi sur la toile avant de se poursuivre sous les fenêtres du maire. 

Un autre épisode, relaté par Gérard Chenoz, a aussi marqué les esprits à droite : "Au début, il n'y avait que Vassal et Réault : les autres n'y comprenaient rien. Après, je crois que Laure-Agnès Caradec s'y est mise. Mais pour moi, comme pour le maire je crois, ce qui a été un élément déclencheur, c'est l'histoire du tweet de Réault", témoigne l'élu. Une dépêche AFP avait relaté un message tendancieux du conseiller municipal délégué à la mer. Son tweet lui vaut même une plainte pour incitation à la haine raciale. Alors, c'est la prudence qui prédomine : "Lui, il a fait ça un jour en marchant, comme ça. Il faut faire très attention." Et Jean-Claude Gaudin a beau être un vieux sage, sur Twitter, il a des airs de jeune premier. C'est finalement tout ce qu'il cherche.

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