« Je ne crois pas en la politique » : des Néréides à Frais-Vallon, les raisons de l’abstention

Reportage
le 4 Juil 2024
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De Frais-Vallon à la Capelette, en passant par la Rose et les Néréïdes, Marsactu est allé à la rencontre des abstentionnistes de ces quartiers populaires marseillais où le désintérêt pour le vote est encore plus prégnant qu'ailleurs. Et recueilli leurs témoignages, entre colère et désillusions.

Un militant de gauche décolle des affiches du RN à la Rose. (Photo : Mazigh Bouroubi)
Un militant de gauche décolle des affiches du RN à la Rose. (Photo : Mazigh Bouroubi)

Un militant de gauche décolle des affiches du RN à la Rose. (Photo : Mazigh Bouroubi)

La terrasse de la boulangerie la plus proche de l'arrêt de bus "HLM Néréides", dans le 11e arrondissement de Marseille, commence à se remplir. Karim, Mouhyeddine et Roger*, eux, sont là depuis plusieurs heures. Comme souvent, ils occupent une table un peu à l'écart. Parler politique, en revanche, ne fait pas partie de leurs habitudes. Karim assume pourtant avoir voté, dimanche dernier, "pour le front populaire", lance d'emblée cet homme d'une quarantaine d'années sans que l'on ne lui pose la question. À sa gauche, Mouhyedinne ne peut pas en dire autant. Il avoue ne pas s'être préoccupé des modalités nécessaires.

Vérifier qu'il est bien inscrit, où voter, retrouver ses papiers d'identité... "C'est facile, je t'aide si tu veux", lui propose Karim. De quoi énerver le troisième larron. "Non mais ça va pas ! Ne fais pas ça !", lui lance Roger qui se lève carrément de sa chaise. Pour ce dernier, mettre un bulletin dans l'urne revient seulement à "voter pour un salaire". Celui d'un député, beaucoup trop payé à son goût. "Ouais, ça on le sait, mais ils votent des lois quand même !", lui rétorque le premier. Le ton monte, les arguments restent les mêmes.

Comme Mouhyeddine et Roger, 33 % des Français inscrits sur les listes électorales n'ont pas fait le déplacement dans un bureau de vote ce dimanche 30 juin. Dans les Bouches-du-Rhône, ce pourcentage est sensiblement le même, soit 33,5 %. Un pourcentage qui recoupe 482 011 personnes dans le département. Surtout, un pourcentage qui ne prend pas en compte les personnes non inscrites. Si on parle d'une "forte mobilisation", il s'agit là d'une constatation relative aux scrutins précédents. Dans les faits, à Marseille, quelque 200 000 personnes inscrites sur les listes électorales n'ont pas voté, dimanche dernier, soit 37 % des inscrits. Si l'on considère la totalité de la population majeure, autour de 60% des Marseillais ne sont pas passés par un bureau de vote la semaine dernière.

"Je n'ai pas l'élan"

Dans le bureau de vote des Néréïdes, cette petite cité au pied des collines du . . .

Violette Artaud

Commentaires

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8 commentaires


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  1. Electeur du 8e ©

    « Robe moulante et lèvres refaites » : était-ce une précision indispensable à la compréhension du point de vue de la jeune femme interrogée ?

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    • habitant du 1er

      Si c’est vrai, c’est quoi le problème.

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  2. Pussaloreille

    Pareil… On a déjà eu droit aux lèvres repulpées dans l’article sur Cuges les Pins… Deux articles au demeurant aussi intéressants que glaçants.

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    • Electeur du 8e ©

      En effet. J’ai suggéré à Marsactu d’utiliser le même procédé pour décrire les hommes interrogés. Il n’y a aucune raison de les traiter différemment.

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    • Julien Vinzent

      Bonjour, je comprends votre préoccupation mais le reportage doit donner à voir autant qu’à lire et c’est aussi le cas pour « les mains et le pantalon tachés de plâtre, ce sexagénaire se roule une cigarette »…

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    • habitant du 1er

      D’accord avec Julien Vincent. C’est quoi ce procès ?

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    • Electeur du 8e ©

      Où voyez-vous un procès là où il y a une question ? Je me borne à remarquer que les précisions sur le physique concernent uniquement les femmes citées dans deux articles, et je me demande en quoi le fait de dire qu’elles ont les lèvres refaites peut nous aider à comprendre leurs opinions personnelles, ni plus, ni moins. Je constate que s’agissant des hommes, il n’y a jamais d’allusion à leur physique ; tout au plus leurs vêtements sont-ils décrits. Oui, cette asymétrie (très répandue) me surprend de la part de Marsactu.

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  3. Patafanari

    Robe moulante et lèvres refaites sont des marqueurs politiques de droite. Cheveux teints en vert (ou rose) et saroual sont des marqueurs politiques de gauche. Ceusses qui roulent en diesel et fument des clopes n’ont aucune conscience politique et sont abstentionnistes.
    C’est pourtant facile à comprendre.

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