Izudin Yusuf, le portraitiste de la diaspora comorienne qui a conquis l’OM et Puma

Portrait
le 31 Jan 2026
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À 28 ans, Izudin Yusuf multiplie les collaborations avec des marques de streetwear, tout en développant un travail artistique au long cours sur l'archipel des Comores et sa diaspora marseillaise, à travers des séries de portraits. Rencontre.

Izudin Yusuf à Dakar (Sénégal), en 2024. (Photo : DR)
Izudin Yusuf à Dakar (Sénégal), en 2024. (Photo : DR)

Izudin Yusuf à Dakar (Sénégal), en 2024. (Photo : DR)

Rayan entre dans le taxiphone et sa tête arrive à peine à la hauteur du comptoir. "Je pourrais avoir une carte ?" Puis, dans la cabine, sa mère lui tend le téléphone : "Allo ? Oui, ça va." La caméra défile. Un adolescent : "Oui, oui, je travaille bien..." Aux murs, les horloges indiquent l'heure de Dakar, Alger, Moroni. Dans le fond, des messieurs jouent aux cartes devant le match. Et c'est le but !!! Rayan se précipite dans leurs bras. Le film de deux minutes apparaît sur les réseaux sociaux de l'OM et Puma. Publié durant la CAN, il est réalisé par un photographe marseillais autodidacte de 28 ans : Izudin Yusuf.

Comme d'autres ambassadeurs de sa génération, le jeune homme a "percé" grâce à Instagram, propulsé par la visibilité qu'offrent les collaborations avec de grandes marques de streetwear. Engagées dans une course à l'authenticité marseillaise et soucieuses de rester proches des codes de la jeune génération dans sa diversité, elles font appel à son regard artistique. Si Izudin Yusuf a attiré Puma, c'est justement parce que le photographe a d'abord posé son objectif loin, très loin de Puma. Dans son village d'origine aux Comores, où il poursuit un travail exigeant et au long cours, à travers une série de portraits au dispositif sobre et percutant.

Nous donnons rendez-vous à Izudin Yusuf dans un café du centre-ville, pas très loin de l'Alcazar, où le jeune homme a passé des journées entières plongé dans des ouvrages de sciences humaines qui ont fondé son regard artistique. Il faut remonter en 2018, à l'époque de son alternance chez Orange et d'un contrat de plonge à Arles qui lui fait découvrir les prestigieuses Rencontres de la photographie, la possibilité de s'exprimer à travers l'image, et celles et ceux "qui ne sont pas de nos pays, mais qui y vont pour faire des photos". De là, l'étudiant commence à lire des livres d'anthropologie, de sociologie et d'histoire sur les Comores. Et bifurque en licence de sciences humaines, avant de vite s'avouer qu'il ne veut pas être prof.

Entretemps, il a emporté son . . .

Clara Martot Bacry

Commentaires

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3 commentaires


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  1. Pussaloreille

    Très interessant. Merci pour cette decouverte : pour ce que j’en vois, avec ces oeuvres touchantes, ce jeune homme a en effet du talent !

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    • MarsKaa

      Tout à fait d’accord !

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  2. kukulkan

    génial ! merci pour l’article

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