Gestion de l'eau à Marseille : trois débats pour le prix d'un

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le 13 Avr 2011
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Limitée jusqu’à présent à quelques escarmouches, les dernières en date étant les sorties d’Europe Ecologie-Les Verts au conseil de la communauté urbaine de Marseille et de Patrick Mennucci sur Marsactu, la question de la gestion de l’eau à Marseille promet de tourner à la « bataille d’eau générale », pour reprendre le titre du dossier qu’y consacre ce mois-ci le Ravi en partenariat avec Mediapart, avec en prime un débat organisé ce jeudi. Invités : Anne Le Strat, présidente du conseil d’administration de la régie Eau de Paris, née du récent retour au public de la gestion de l’eau dans la capitale ; Emmanel Poilane, directeur de la fondation France Libertés, l’un des fers de lance du mouvement qui considère avant tout l’eau comme un « bien commun de l’humanité », ainsi que Martine Orange, journaliste économique à Mediapart.

Comm’ maîtrisée

Et les entreprises du secteur, qui assurent dans la région environ 80% de la distribution d’eau et 70% de son assainissement, selon la formule de la délégation de service public ? Des « Trois Soeurs » (Veolia, Suez et la Saur, qui se partagent la grande majorité du marché), « aucune n’a accepté de participer », indique Stéphane Sarpaux, journaliste au Ravi. Idem du côté du Conseil mondial de l’eau, institution internationale dont le siège est à Marseille et qui est présidée par Loïc Fauchon, patron de la Société des Eaux de Marseille (SEM), filiale locale de Veolia chargée de la distribution de l’eau à Marseille.

« Ils sont dans la maîtrise absolue de leur communication sur ce sujet là, je pense qu’ils ont peur d’un débat public peu cadré », poursuit Stéphane Sarpaux. Il est vrai que c’est plus confortable pour la Seram (filiale de Suez chargée de l’assainissement à Marseille) de communiquer sur son « capitalisme humanitaire » via son intervention en Haïti. Ou pour la SEM de financer un site internet dont on se doute qu’il ne va pas sortir une enquête façon Le Ravi/Mediapart sur le sujet…

Mécénat 2013

Ou encore, toujours du côté de la SEM, de passer une convention de mécénat de 3 millions d’euros avec la mairie de Marseille pour la rénovation du musée d’histoire dans la perspective de 2013. Un beau coup de pub pile l’année où sera renouvelé le contrat maousse de l’eau dans la ville. Et l’association Marseille Provence 2013, qui galère à trouver des financements privés pour boucler son budget appréciera que l’on passe directement par la mairie, qui il est vrai entretient des liens historiquement étroits avec la SEM puisque c’est le maire Jean-Claude Gaudin qui a nommé Loïc Fauchon, une bizarrerie qui n’avait pas manqué d’intriguer la Chambre régionale des comptes.

Plus qu’une pression sur les élus, Sylvie Nespoulous, madame Eau de EELV à la communauté urbaine, se demande comment les Marseillais pourront s’y retrouver entre la SEM et la mairie : « cela contribue une fois de plus à créer la confusion. Et c’est une façon de leur faire croire qu’ils sont redevables de cette belle entreprise ». Alors que l’argent vient indirectement de leur facture d’eau. Ce que l’on reconnaît à la SEM, tout en précisant que ce mécénat sera « amputé sur les réserves accumulées les années précédentes, c’est-à-dire que les actionnaires et les salariés via la participation toucheront un peu moins ».

Quant au coup de comm’ en période de renouvellement, « rien n’empêche d’autres entreprises d’en faire autant » argumente le dircom Jean-Pierre Chanal justifie le court-circuit de l’association MP2013 par la volonté de s’investir dans le « contenant », qui durera, plutôt que sur le « contenu, comme une exposition qui, pour exceptionnelle qu’elle soit, ne durera une semaine ». On croirait entendre Jean-Claude Gaudin…

Muselier et le PS13 se jettent à l’eau

Mais le Ravi a dû faire grise mine mardi en apprenant que Loïc Fauchon participerait en mai à un débat organisé par Renaud Muselier. Il est vrai qu’il n’aura pas face à lui de supposés dangereux gauchistes incontrôlables, mais tout de même Anne Le Strat et Laurence Vichnievsky, tête de pont régionale d’EELV qu’on imagine Sylvie Nespoulous va briefer intensément. Le reste du plateau est également de haute volée : Eugène Caselli, président socialiste de la communauté urbaine de Marseille, la ministre de l’Ecologie Nathalie Kosciusko-Morizet, la directrice de 60 millions de consommateurs…

Anne Le Strat qui, a-t-on appris le même jour, fera avant le débat de jeudi un détour ce mercredi par la fédération socialiste des Bouches-du-Rhône, dont on se demandait où en était son grand débat interne sur l’eau, qui a convié « tous les élus socialistes des collectivités locales du département (Ville de Marseille, MPM, Conseil Général13 et Conseil régional PACA) à une réunion de travail » cette fois-ci à huis clos sur le sujet.

Et quand on plonge dans le dossier du Ravi et qu’on y déniche, entre deux joyeusetés sur les méthodes des sociétés de l’eau pour opacifier leurs comptes et les pantouflages des élus, que « le quasi-monopole syndical » de FO est « un des motifs » du « sérieux doute » du président du groupe socialiste à la communauté urbaine François-Noël Bernardi « sur l’opportunité du retour en régie », on se dit que la bataille d’eau ne fait que commencer…

Pratique :

La bataille d’eau en débat. Jeudi 14 avril 18 h 30 au 6-8, rue Sénac 13001 Marseille. Infos : 04 91 08 78 77

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Commentaires

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  1. jexprime jexprime

    Muselier a raison d’ouvrir ce débat sans sectarisme, avec des invités de droite et de gauche.
    C’est la seule solution pour avancer sur ce dossier.
    Alors, les critiqueurs professionnels et compulsifs, j’attends vos commentaires……
    Vous allez bien arrivé à critiquer encore et encore, c’est votre fond de commerce.

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  2. liseron duveteux liseron duveteux

    Debattons,Jexprime,debattons,et pendant ce temps,l’eau coule de nos robinets.

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  3. ricou 24 ricou 24

    JEXPRIME,quand vos amis aurons rendu les sous pompés à la SEM et que les agents placés par vos mêmes amis comme salariés seront tous identifiés vous aurez peut être la chance d’être crédible.
    Et si Muselier s’occupe de l’eau cela va se terminer comme tout ce qu’il touche ou aime…….

    La vie est si dure,mais aussi si juste.

    Ricou 24

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  4. liseron duveteux liseron duveteux

    Ricou,
    Je te retrouve,je t’ai laissé un message,sur le dernier blog consacré à Menucci.

    Tu ne pourrais pas nous faire un commentaire qui coule de source?
    Je sais que tu en as la connaissance.
    Allez,bien à toi.

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  5. Tresorier Tresorier

    La SEM semble faire son boulot, ce qui est loin d’être le cas de RTM, Port, éboueurs, tatas des cantines, musées de marseille, où grevite aigue, détournements de fonds, absenteisme compulsif, clientélisme chronique, mauvais service habituel et syndicalisme dévoyé sont de règle.

    Pour moi, peu importante la couleur du chat pouvu qu’il attrape des souris. Public, privé, pas de différence.

    Sauf que les patrons du privé gèrent mieux leurs boutiques que nos élus (degauche comme de droite).

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  6. La Chounette La Chounette

    J’ai trouvé un dossier qui présente pas mal d’arguments sur cette très très épineuse question de l’eau publique ou privée !!!

    c’est par ici !

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  7. liseron duveteux liseron duveteux

    Le plus grand danger pour un retour,à un régie publique vient du fait, que le maire devient le représentant de cette règie.
    Du coup,les gens prétendant ne plus pouvoir payer leur eau,vont pousser comme la mauvaise herbe au printemps.
    Les associations de défense,vont s’emparer de l’affaire.
    Nous allons retrouver,le schéma classique de notre pays.
    Ceux qui paieront…
    Pour ceux qui ne paieront pas.
    La facture sera globalement la même.

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  8. pir@te provençal pir@te provençal

    liseron duveteux:
    “Les associations de défense,vont s’emparer de l’affaire.
    Nous allons retrouver,le schéma classique de notre pays.
    Ceux qui paieront…
    Pour ceux qui ne paieront pas.”
    c’est ce qui se passe depuis des années à Marseille, et la SEM n’a rien réglé, c’est toujours à la charge de la mairie.

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