French Tech : un label mais pas encore d'argent

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Zalera
13 Nov 2014 3

Les acteurs du projet French Tech Aix-Marseille se disaient plutôt confiants. L'annonce d'Axelle Lemaire, la secrétaire d'Etat en charge du numérique, a montré qu'ils ne s'étaient pas trompés. Le dossier provençal figure bien parmi les 9 sur 15 retenus avec Lyon, Nantes, Lilles, Rennes, Montpellier, Grenoble, Bordeaux et Toulouse.

Les quatre collectivités porteuses du projet, la communauté urbaine Marseille Provence métropole, la Ville de Marseille, la mairie d'Aix et la communauté du Pays d'Aix se sont immédiatement réjouies de cette nouvelle. Maryse Joissains, Guy Teissier et Jean-Claude Gaudin ont même poussé l'alliance métropolitaine tant vantée lors de la candidature au label jusqu'à envoyer un communiqué de presse commun, mais avec trois déclarations distinctes, quand même. 

Coq rouge

Pourtant, cette victoire politique ne débouchera pas directement sur des financements car de ce côté-là, rien n'est encore joué. Bien sûr, le territoire n'a pas été choisi par hasard. "Cet écosystème existait déjà, insiste la directrice de l'incubateur Belle de Mai Céline Souliers, il est maintenant reconnu au niveau politique. C'est un aboutissement, une reconnaissance du travail effectué". Mais dans l'immédiat, cette labellisation n'est représentée que par un coq rouge en origami. 

C'est désormais aux organismes privés d'aller chercher une part des 200 millions de financements promis par la Banque publique d'investissement (BPI). Pour le territoire Aix-Marseille, ce sont neuf "accélérateurs" dont la mission sera de développer et d'accompagner les start-up, qui sont concernés. "Ce n'est pas une question d'équité mais de projet", explique Marie Gallas, directrice de la communication de la mission French Tech au ministère de l'Économie, de l'industrie et du numérique. C'est donc un appel à manifestation d'intérêt (AMI) qui va être lancé dans les prochaines semaines. Ce sera aux "accélérateurs" de présenter leurs projets et de demander un financement correspondant. L'enveloppe sera ainsi dépensée "jusqu'à épuisement"

Sur le papier, les projets seront ainsi jugés sur leur intérêt et non sur leur implantation géographique. Ils devront répondre également à un certain nombre de critères, notamment financiers. Car "ce fonds est un investissement avec une logique de rentabilité", rappelle la directrice de la communication.

"Pas de numerus clausus"

Neuf projets, plus ou moins aboutis, sont donc en lice, sans compter ceux des huit autres French Tech déjà labellisées. Ils s'articuleront autour de deux lieux-totem : Les futurs Pôle média 2.0 sur le site des Casernes du Muy à Marseille et Pôle numérique de la Constance à Aix-en-Provence. Certains "accélérateurs" prévoient la construction d'un campus comme Voyage Privé sur la zone d'aménagement concerté (ZAC) de la Constance, ou The Camp sur le technopôle de l'Arbois. D'autres se veulent plutôt être une pépinère à l'image de Telfrance Pôle média de la Belle de Mai où il est actuellement situé ou Gemalto. Chaque projet porté par ces structures privées sont donc différents et nécessitent donc des financements particuliers. 

Si tous les territoires labellisés French Tech vont pouvoir en bénéficier, les vieilles luttes intestines pourraient bien être de la partie. Car comme le précise Marie Gallas, "nous n'avons pas de numerus clausus" et d'autres métropoles pourraient être labellisés French Tech dans les prochains mois "au compte-goutte en fonction des projets". D'autant qu'en plus des 15 territoires à avoir déposé leur dossier, une dizaine vient de s'ajouter à la liste. Et comme le rappelle Michel Vauzelle dans un communiqué, "la Région veille également à accompagner au mieux les candidatures French Tech de la Côte d’Azur, de Toulon, et celle, plus récente, d’Avignon et Arles". Le "spot numérique du sud" dont se revendiquait Aix-Marseille sur son site pourrait bien avoir de la concurrence. 

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