Face au coronavirus, la justice marseillaise prise dans ses contradictions
Dans des salles d’audience à huis clos, les magistrats sont censés limiter les incarcérations. Mais la tâche s'avère plus complexe qu'elle n'y parait. Les avocats dénoncent des traitements inégaux et l'inquiétude qui gronde aux Baumettes.
Face au coronavirus, la justice marseillaise prise dans ses contradictions
L'enjeu
Alors que la lutte contre l'épidémie de coronavirus nécessite des distanciations sociales, les tribunaux ont pour mission de limiter les prisons déjà surchargées.
Le contexte
La recommandation s'avère aussi complexe à appliquer que certaines peines alternatives ne peuvent être mises en place. Une difficulté entraine traitements inégaux et inquiétude des familles.
À 19 ans, Abdoul comparaît pour une affaire de trafic de stupéfiants. Le 23 mars, il est condamné par le tribunal correctionnel de Marseille à deux ans de prison ferme. À ce moment, la France entière est confinée depuis une semaine, les audiences ont lieu à huis clos et plusieurs prisons sont déjà touchées par le coronavirus. Mais ce même 23 mars, sur les neuf condamnations du jour, aucune peine alternative n’est prononcée. Et les jugements s’accompagnent tous des mêmes mentions : "maintien en détention" ou "mandat de dépôt", synonyme d'incarcération directe.
Le 2 avril, c’est un autre prévenu de 19 ans, Imrane, qui est condamné à un an de prison ferme pour trafic de stupéfiants. Le jugement précise les motivations du tribunal : "Impossibilité aménagement de peine car contexte actuel + SDF". Autre cas remarquable, le lendemain, le tribunal correctionnel de Marseille examine le premier délit local de violation du confinement. Djamel, 27 ans, a été contrôlé au moins trois fois sur une semaine sans attestation de déplacement. Le jeune homme ne parle pas bien français, n’a pas d’adresse à indiquer aux juges et n’a pas d’avocat. Il est envoyé aux Baumettes pour un mois, jusqu’à son procès.
Motifs prioritaires d'incarcération
État d’urgence sanitaire oblige, toutes les audiences pénales ont été reportées. Les comparutions immédiates, qui jugent les auteurs de délit directement en sortie de garde à vue, sont les seules à être maintenues. Elles mettent les magistrats face à un défi de taille : prioriser l’incarcération aux cas de force majeure (
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Merci pour cet article, mais je trouve que le titre est un euphémisme : contradictions ? Vu les faits rapportés dans l’article, je dirais plutôt : indifférence, irresponsabilité, mépris, cruauté… Quand on est accusé d’un délit, être vagabond est donc un motif d’enfermement dans la cocotte minute des Baumettes, probable nid à virus ?
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Un autre titre aurait peut être été plus. exact :compliqué, très compliqué !.
Comment appliquer la loi, rester humain, que les droits de la défense soient préservés, tenir compte des contraintes de rétentions, de la pandémie ?.
Compliqué de compliqué.
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