Dans Euromed 2, la boucle d’eau de mer attend les futurs bâtiments

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Clémentine Vaysse
20 décembre 2016 0

EDF et Eiffage présentaient ce lundi la boucle d'eau de mer qui doit permettre d'alimenter en eau chaude et en climatisation le futur quartier "Smartseille", dans le 15e arrondissement. Comme la première boucle de GDF Suez inaugurée en octobre plus au sud d'Euroméditerranée, l'équipement précède les appartements et bureaux qu'elle doit desservir.

L'intérieur de la centrale de thalassothermie

Marseille ne compte plus une mais deux boucles d’eau de mer dans le périmètre Euroméditerranée. Après Climespace (GDF Suez) qui a mis en service un premier circuit en octobre, EDF présentait ce lundi le sien, destiné à approvisionner en eau chaude et froide le futur « écoquartier » Smartseille porté par Eiffage. Rien que le nom, dans la lignée des « smart grid », ou autre « smart city », sent bon le greenwashing pour vendre, à des investisseurs ou à des particuliers, des appartements ou bureaux flambants neufs le long de l’autoroute dans ce qui est aujourd’hui une friche. 385 logements doivent être construits sur une surface de 2,7 hectares.

Trois immeubles de ce que le promoteur appelle l’îlot Allar sont bien avancés dans la construction. Si le béton est encore à nu, le sous-sol de l’un d’eux accueille déjà une station de thalassothermie. Une galerie de tuyaux doivent y amener sous peu de l’eau douce en circuit qui aura été chauffée ou refroidie grâce à de l’eau de mer et qui sera renvoyée vers les différents bâtiments, et ainsi leur offrir, selon la saison, chauffage ou climatisation.

De l’eau puisée dans le port

Au premier plan, le futur siège d'Eiffage dessiné par Corinne Vezzoni
Au premier plan, le futur siège d’Eiffage dessiné par Corinne Vezzoni

La présentation ressemble comme deux gouttes d’eau à ce que l’on peut lire sur la première boucle qui a été installée à proximité de la tour la Marseillaise, plus au sud. Les ambitions, en terme de raccordement, sont du même ordre : « 500 000 mètres carrés » de bâtiments pourront en bénéficier, selon le délégué régional d’EDF Jacques-Thierry Monti. Pour l’heure, c’est un peu plus d’un quart de cette surface qui sera approvisionné d’ici au printemps, en attendant que d’autres îlots soient livrés. L’investissement, que la société va amortir en vendant ses services, s’élève pour la première tranche à 10 millions d’euros, financés pour moitié par l’État (Ademe et investissements d’avenir) et 28 millions d’euros en tout.

L’eau de mer est puisée à 5 mètres de profondeur, dans une des darses du port. Dans le bâtiment construit dans les bassins Est, de la place est déjà prévue pour installer de nouvelles machines et pouvoir augmenter la surface desservie. « L’eau passe dans un échangeur thermique où elle est en contact avec l’eau douce reliée aux bâtiments puis est rejetée dans l’autre bassin », explique Charles-Antoine Raclet, chef de projet pour la filiale d’EDF Optimal Solutions. À la sortie dans le deuxième bassin, « la température de l’eau peut varier de 5 degrés maximum, poursuit-il, en chaud ou en froid mais la hausse n’est pas perceptible en dehors du panache ». 

Schéma explicatif de la boucle d'eau de mer issu de la plaquette de présentation d'Optimal Solutions
Schéma explicatif de la boucle d’eau de mer issu de la plaquette de présentation d’Optimal Solutions

Attirer les promoteurs

Les canalisations ont presque entièrement été posées. Elles traversent sur un peu plus d’un kilomètre le domaine public et elles doivent encore enjamber la voie ferroviaire en utilisant la structure de l’autoroute aérienne. « Les raccordements se font ensuite immeuble par immeuble avec des contrats d’abonnement au prorata de ce qui est consommé, détaille Jacques-Thierry Monti. Pour les promoteurs, c’est un plus car ils assurent à leurs clients un coût énergétique arrêté pour 20 ans ». Fin octobre, le directeur des grands projets d’Eiffage immobilier Hervé Gatineau indiquait à nos confrères de 20 Minutes que la moitié des achats déjà réalisés, une centaine sur 385 logements, concernent des investisseurs et non des particuliers. Pour la première boucle d’eau de mer, le chiffre d’affaires annuel espéré était, selon une estimation de 2014, de l’ordre de 5,8 millions d’euros.

Quand EDF espère t-il être à pleine puissance soit 17 mégawatts de production de chaud et de froid pour 500 000 mètres carrés ? « À l’échéance où Euromed 2 va se développer, admet Jacques-Thierry Monti. Nous attendons surtout l’îlot XXL ». Soit pas avant 2020 selon les estimations les plus optimistes, alors que les études commencent à peine pour l’aménagement de ces 14 hectares, dont 11,5 seront bâtis. La boucle d’eau de mer faisait partie des arguments d’Euroméditerranée pour se prévaloir du label d’écocité, avec l’aménagement d’un parc des Aygalades, le long du ruisseau éponyme. Mais l’établissement public désespère de voir enfin partir les entreprises qui occupent toujours la gare logistique du Canet. Il est plus facile de faire courir 1,4 kilomètre de tuyaux que de libérer 14 hectares, surtout pour un parc.

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