Les cahiers de doléances scolaires du collectif Castellane

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le 24 Mar 2016
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Plus d'un mois après que les médias se sont emparés de la lettre d'une enseignante sur l'état de son établissement, le collectif des écoles de la Castellane organisait ce mercredi ses premiers états généraux de l'éducation. Après les promesses, enseignants et parents d'élèves réclament des actes.

« On n’est pas là pour faire un état des lieux mais pour entrer dans l’action ». Lâché par une enseignante d’une école primaire de la Castellane, ce préambule aux premiers états généraux de l’éducation à Marseille donne le ton. À l’initiative du collectif des écoles de la Castellane, créé au lendemain de tirs de kalachnikov dans la cité aux abords d’un établissement scolaire, une cinquantaine de parents d’élèves, enseignants et directeurs se sont réunis au centre social de l’Estaque pour une première tentative d’états des lieux généraux de l’éducation à Marseille. Cela pour faire en sorte de « maintenir la pression et que les promesses soient honorées », environ trois mois après la lettre de Charlotte Magri qui a déclenché le feu médiatique. Les coups de peinture et autres petites réparations opérées par la mairie n’ont pas satisfaits les présents.

Le timing semble parfait : fin mars, le préfet doit remettre un rapport effectué après un mois d’évaluation, pour présenter des solutions pour les établissements où les travaux sont les plus urgents. Rapidement, les propositions fusent aux quatre coins de la pièce. La directrice de l’école maternelle la Solidarité (15e) évoque « des conditions d’insécurité et d’inconfort hallucinantes » et ironise « sur les pieds des tables de classe qu’elle a dû couper elle-même pour les mettre à la hauteur des enfants ». Un parent délégué au collège Henri-Barnier (16e) pointe les professeurs non remplacés en cas d’absence de plus de trois jours comme le prévoit la loi, et l’absence de psychologue scolaire.

« Transparence du budget »

L’appel du collectif a été envoyé aux 444 écoles. Il a visiblement su trouver un certain écho. Des enseignants de la Castellane et de l’Estaque (16e) sont présents, mais aussi des écoles Château-Gombert (13), Chabanon (6e), Montolivet (12e), Les Bergers (6e), Parc Kalliste 1 (15e) et bien d’autres encore. Si les intervenants présentent tous leurs doléances, des revendications concrètes ne tardent pas à être proposées, emportant l’unanimité quasi systématique de la salle. « On aimerait une transparence du budget notamment pour les travaux, qu’il soit connu des directeurs d’écoles », plaide une enseignante. « On demande la gratuité des transports de la RTM pour toutes les écoles » lance un autre.

La fin des préfabriqués occupe les débats un moment. « On souhaite la construction de nouvelles écoles, en plus des rénovations, et pas des préfabriqués. Dans ces écoles, les enfants doivent s’entraîner à évacuer les lieux en moins de 5 minutes en cas d’incendie » s’insurge une autre. Alors que certains réclament le rétablissement d’une relation entre les directeurs d’école et les mairies de secteur -les écoles relevant de la mairie centrale – une directrice s’exclame : « Moi dans le 13/14 j’ai un maire FN, je ne tiens pas à avoir de relations ! »

Plan d’urgence

Au bout d’une heure trente, le collectif organise le vote des revendications qui, une fois validées collectivement, doivent être réunies en une synthèse. Pascal Pons, enseignant à l’école Saint-Louis du Rove rappelle que la finalité du texte est d’être remis au Préfet, à l’inspection académique et à la Ville de Marseille. Des points majeurs ressortent à l’issue des débats : des moyens humains supplémentaires et ce dans toutes les branches de l’éducation, un plan d’urgence pour la rénovation des écoles et un contrôle de l’État dans la gestion de tous les services municipaux intervenants dans celles-ci (réparation, entretien…).

Sans surprise, un investissement financier équitable de la Ville est également réclamé pour les écoles publiques ainsi qu’un droit de regard des citoyens sur la gestion du budget municipal alloué à l’éducation. Enfin, point qui suscite des murmures d’approbation et des sarcasmes, il est demandé un état des lieux transparent des financements municipaux des écoles privées marseillaises conduit par un organisme indépendant.

« Il faut à mon sens surtout rappeler que l’on réclame simplement que la loi soit respectée », intervient une enseignante qui se présente comme nouvelle arrivante à Marseille et qui fait part de sa stupéfaction face à la situation marseillaise. « Je me demande comment on peut encore mettre ses enfants dans ces écoles ! », lance-t-elle, enfonçant une dernière fois le couteau dans la plaie. Sur sa proposition, les textes de loi finiront inscrits en face de la plupart des revendications, afin de leur donner plus de poids. Le 30 mars, plusieurs syndicats appellent à un pique-nique devant la Préfecture. Histoire de rappeler au Préfet que le torchon des écoles n’a pas fini de brûler.

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Commentaires

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  1. Trésorier Trésorier

    Plus de professeurs et des psychologues scolaires. C’est l’Etat et des impots en plus.

    De nouvelles ecoles ? En 1975, on etait 75 000 habitants de plus, avec une plus grande part d’enfants. Ou sont passees les ecoles ? Des impots en plus.

    La RTM gratuite ? Les ecoles ne sont elles pas sensees etre des services de proximite ? Des impots en plus.

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  2. Trésorier Trésorier

    Suite

    Ces parents d’eleves veulent un controle des depenses municipales en matiere d’education, de travaux dans les ecoles et pour les ecoles libres ?

    Cela releve uniquement du conseil municipal et non d’un cenacle qui vote a l’unanimite. Tout ceci me semble etre un simulacre de democratie. Meme quand il s’agit de demander toujours plus de depenses publiques dans ce secteur.

    Meme s’il s’agit d’enfants et donc d’avenir, les lignes budgetaires ne peuvent pas etre illimitees !!!

    Par ailleurs, outre le conseil municipal qui est charge de controler et voter, les oppositions, tout citoyen et le Prefet peuvent contester les deliberations du conseil municipal au TA, voire, en cas de delit, au Procureur de la Republique.

    Les ecoles libres sont legales et sous le controle de l’Etat.

    Les parents d’eleves ont le droit de choisir l’education qu’ils entendent prodiguer a leurs enfants.

    Ils payent des taxes et impots comme les autres. Les ecoles libres doivent donc, suivant les prescriptions legales, pouvoir etre aidees.

    Enfin, demander une mise sous tutelle de l’Etat des services municipaux est un insulte envers la ville, surtout quand on critique aussi les services de l’Etat dans ce domaine.

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