Du Nord au Sud, la longue traversée du futur tramway

À la une
Julien Vinzent_
9 Nov 2014 23

Un tramway peut en cacher un autre. Alors que Marseille Provence métropole (MPM) accélère pour ne pas mettre en service trop en retard les 1200 mètres du tronçon de la rue de Rome, ses services planchent sur l'extension du réseau au Nord et au Sud, sur 10,4 kilomètres en tout. Après une première évaluation menée en 2013, une "étude de faisabilité complémentaire" devrait démarrer début décembre, pour un rendu trois mois plus tard.

L'objectif n'est pas de calculer combien de voyageurs pourraient emprunter cette nouvelle ligne, de localiser précisément les stations ou de prévoir l'évolution du réseau de bus qui doit l'accompagner. Selon MPM, cette lourde tâche est menée parallèlement. Il s'agit ici d'affiner trois questions : d'une part "l'opportunité" d'un parking relais au croisement du tram et du boulevard urbain Sud, d'autre part d'examiner des variantes du tracé autour des métros Bougainville et Capitaine Gèze. Enfin, MPM réfléchit à l'installation d'un dépôt des tramways sur le site de Montfuron (9e), récemment libéré par les hélicoptères des hôpitaux. Voisin du terminus du métro Dromel, ce terrain doit aussi accueillir un parking relais.

50 minutes du Nord au Sud

Derrière ces points techniques, le dossier fourni aux candidats pour réaliser cette étude donne de précieux indices sur ce futur tramway, programmé pour 2018 dans le plan de déplacements urbains. Le rapport permet de calculer le temps que prendrait le voyage le long du fameux "axe Nord-Sud", censé être la colonne vertébrale du réseau de transports marseillais : "La vitesse moyenne d’exploitation entre St-Exupéry et La Rouvière est estimée à 17,5 km/h." L'occasion de poser une bonne vieille règle de trois : il faudra 50 minutes pour parcourir les 14,6 kilomètres qui séparent les deux terminus.

"Neuf à onze stations supplémentaires" sont évoquées au nord d'Arenc et "13 à 14" au sud de Castellane. Au Nord, un plan positionne même les 11 stations potentielles, reprise ci-dessous par nos soins :

Les pointillés rouges marquent les variantes à l'étude. Voir en plein écran

Le vice-président délégué aux transports Robert Assante souligne que "rien n'est encore arrêté, ni le tracé, ni les stations". Certaines incertitudes ne sont d'ailleurs pas mentionnées dans l'appel d'offres, comme l'alternative entre le boulevard Schloesing d'un côté et Rabatau puis Teisseire de l'autre.

Le document rappelle toutefois une certitude : les lignes actuelles vont évoluer, dès l'année prochaine avec la mise en service du tronçon de la rue de Rome. Une T3 Arenc – Castellane rejoindra la T1 Noailles – Les Caillols et la T2 Arenc – Blancarde. Conséquence visible sur le schéma ci-dessous : le trajet Arenc – Cours Saint-Louis sera couvert par deux lignes, ce qui signifie une fréquence doublée, soit un tram toutes les trois minutes en heure de pointe.

Le même principe de lignes doublées est en germe pour l'extension Nord et Sud, avec cette fois-ci quatre lignes détaillées par le cahier des charges : "ligne T1 Noailles – Les Caillols (inchangée) (5,9 km) ; ligne T2 Blancarde – Capitaine Gèze (6,9 km) ; ligne T3 La Rouvière – St Exupéry (14,6 km) ; ligne T4 Blancarde – Ste Marguerite Dromel (6,1 km)."

"La fréquence de chaque ligne s’élèvera à un tramway toutes les 6 minutes en périodes de pointe. Ainsi, les tronçons parcourus par deux lignes différentes seront desservis par un tramway toutes les 3 minutes en période de pointe." C'est à dire que le service sera particulièrement performant entre les deux terminus du métro 2, Dromel au Sud et Bougainville au Nord.

Un chantier découpé en tranches

Là encore, on est loin du schéma idéal couché sur papier à l'inauguration. La programmation devrait être arrêtée "dans le premier semestre 2015", indique MPM. Robert Assante évoque une tranche Castellane-Dromel, qui serait ensuite prolongée "en une voire deux fois" jusqu'à La Rouvière. Au Nord, rejoindre le pôle multimodal du Capitaine Gèze, situé sur le périmètre d'Euromediterranée 2, marquera un point d'étape avant Saint-Exupéry.

L'élu admet ne pas être en mesure d'annoncer ce qui pourra être réalisé dans la mandature, c'est-à-dire d'ici 2020. Indice : il n'est pas sûr que les capacités financières de MPM permettent d'assumer plus de deux des tranches listées auparavant. Or, d'après les déclarations qui filtrent régulièrement dans La Provence et ailleurs, la communauté urbaine semble encline à entamer par le Sud. Autant dire que les élèves du lycée Saint-Exupéry qui verront l'arrivée du tram sont actuellement à l'école primaire.

D'autant plus que s'ajoute l'inconnue du financement de l'État, qui devait être apporté par l'écotaxe, aujourd'hui annulée. "Posez la question à Ségolène Royal", peste Robert Assante. Mais le tramway paie peut-être aussi la priorité accordée par le président Guy Teissier au boulevard urbain Sud, dont les travaux étaient prévus bien plus tard par son prédécesseur Eugène Caselli (PS).

Le cahier des charges présenté aux entreprises, suivi de quelques plans contenus dans le dossier :

Article en accès libre

Soutenez Marsactu en vous abonnant

OFFRE SPECIALE – 2 MOIS pour 2€

Si vous avez déjà un compte, identifiez-vous.


Commentaires

Vous devez être vous-même abonné pour écrire un commentaire sur un article réservé aux abonnés.

Ajouter un commentaire

Vous avez un compte ?

Mot de passe oublié ?


Ajouter un compte Facebook ?


Nouveau sur Marsactu ?

S'inscrire