Déjà multi mis en examen, David B. louait à nouveau un appartement en péril

Info Marsactu
le 10 Déc 2020
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Placé plusieurs mois en détention provisoire l'année dernière pour avoir loué des taudis, David B. a récidivé en mettant en location  des appartements en péril au 21, rue d'Anvers. Il a été appréhendé ce jeudi avant d'être présenté devant la procureure.

Le 21, rue d'Anvers. Photo JML

Le 21, rue d'Anvers. Photo JML

L’adresse présente la façade peu amène d’un immeuble en péril comme la vague de signalements post-rue d’Aubagne en a essaimé des centaines dans la ville. Le 21, rue d’Anvers fait l’objet d’un arrêté de péril depuis le 14 juin 2019. Les experts avaient notamment conclu à la dangerosité du plancher entre le premier étage et le rez-de-chaussée, présentant une pente de 10 centimètres d’un bord à l’autre de l’appartement.

L’appartement était loué malgré les étais censés sécuriser le plafond. Photo: D.R.

Les propriétaires avaient huit jours pour mettre fin à ces désordres. Il n’en ont rien fait. Pire, le propriétaire des deux logements, David B. continue à louer ces studios, dont celui du rez-de-chaussée désormais “sécurisé” par une forêt d’étais. Cela vaut à l’intéressé d’avoir été présenté ce jeudi devant la procureure de la République Dominique Laurens en compagnie d’Omar M., qui jouait les intermédiaires pour le compte de son ancien associé.

Ce nouveau rebondissement de l’affaire David B. part du signalement d’un voisin qui découvre courant octobre de la lumière à travers les persiennes donnant sur la rue. “J’ai aussitôt mandaté un huissier pour qu’il puisse constater l’occupation, explique ce voisin qui tient à rester anonyme. L’arrêté de péril qui était affiché sur la porte a été arraché. J’avais alors inscrit “immeuble en péril” à la bombe sur la façade mais là aussi cela a été effacé”.

L’un des voisins avait inscrit “en péril” à la bombe à la craie. Inscription effacée depuis. Photo : DR

Dans son constat, l’huissier découvre la même situation que le propriétaire qui le mandate :

“Je frappe à la porte de l’immeuble et je rencontre successivement deux occupants qui m’indiquent qu’ils ont loué pour l’un l’appartement du rez-de-chaussée droit et pour l’autre l’appartement du premier étage gauche à une personne dénommée Omar”.

Or le réseau professionnel de David B. comprend bien un certain Omar M., gérant de la SCI Uni1 avec l’intéressé avant sa liquidation. D’après ce voisin, ce serait cet homme qui aurait conclu le bail pour le compte de son ancien associé. “Le locataire louait ce studio pour 450 euros plus 50 euros pour l’électricité et 20 euros pour l’eau, explique le voisin. Et tout ça sans rien faire pour mettre fin au péril”.

Il saisit donc le maire de son secteur, les 4e et 5e arrondissements, Didier Jau, pour signalement. Lequel, même si les appartements se situent dans le 1er, saisit à son tour Dominique Laurens le 12 novembre. “Nous avons reçu son signalement, le 17, confirme la procureure. Et nous avons aussitôt fait diligence, ce qui montre bien qu’avec la volonté de la Ville et la nôtre, les choses avancent”.

Un habitué des locations à haut risque et à courte durée

Dans son courrier, le maire de secteur rappelle que ledit propriétaire n’est pas tout à fait un inconnu de la justice, ni même de ses colonnes. Au mois de novembre dernier, David B. avait été mis en examen pour mise en danger d’autrui pour avoir loué ces mêmes locaux déjà en péril à des touristes de passage. Un délit présumé qu’il a réitéré rue Poggioli, une autre adresse où il accueillait des touristes de passage.

Pire, il est également accusé d’avoir détourné des subventions de l’agence nationale d’amélioration de l’habitat (ANAH), utilisées pour rénover le 17, rue du Musée à Noailles à des fins d’hébergement touristique plutôt qu’à la location sociale, prévue dans la convention signée de sa main. David B. a donc aussi été mis en examen dans cette affaire dès novembre 2019 par le juge Matthieu Grand – qui instruit par ailleurs l’information judiciaire des effondrements de la rue d’Aubagne – et placé en détention provisoire jusqu’au printemps. Mais dès sa libération dans l’attente d’un procès, il semble que le propriétaire peu scrupuleux a repris ses activités immobilières, notamment dans les nombreux appartements qu’il détient à Noailles.

Aussitôt après la saisine du parquet, les enquêteurs de la brigade “économie souterraine” se sont rendus rue d’Anvers pour constater l’occupation des locaux par des locataires. Le voisin lanceur d’alerte a été entendu à son tour début décembre. David B. et Omar M. ont été appréhendés ce jeudi pour être présentés devant le parquet puis le juge d’instruction. Ce dernier a, selon nos informations, mis en examen les deux protagonistes de cette affaire. Un contrôle judiciaire a été décidé : ils ont l’interdiction de se rencontrer et de se rendre rue d’Anvers.

Actualisation le 10 décembre à 20h45 : ajout de la mise en examen décidée par le juge d’instruction.

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Commentaires

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  1. Forza Forza

    Merci pour cette enquête, même si c’est un peu désespérant. Est-ce encore la CAF qui versait les loyers à ce propriétaire déjà inquiété ? (pour info 520 euros cc pour un studio ce sont les prix du marché sur mon secteur Joliette-Arenc, y compris dans le neuf !)

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  2. jacques jacques

    un contrôle judiciaire pour un mec déjà fourré au trou? on croit rêver!
    Et la proc pense qu’ils vont se gratter pour se contacter ou faire un tour rue d’Anvers?
    Au fait, quid des occupants de ces mirifiques locaux? Il s peuvent s’estimer heureux d’être encore de ce monde.
    Question subsidiaire: pourquoi l’immeuble n’est pas muré?

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    • Bibliothécaire Bibliothécaire

      Certainement pour cause de mise en péril partielle de l’immeuble, levée par la sécurisation (étayage).

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  3. Minh Derien Minh Derien

    DAVID B. est-il un indicateur de la police ? C’est pour cela, en application d’un article 24, non voté, “retiré” …mais déjà étendu, qu’on protège l’anonymat de ce triste sire ?

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    • Bibliothécaire Bibliothécaire

      Si vraiment vous êtes curieux, d’autres commentaires dans d’autres articles vous satisferont…

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  4. Sentenzza Sentenzza

    Faudrait le condamner à vivre dedans !

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  5. Laurent Malfettes_ Laurent Malfettes_

    Il se dit qu’il aurait sous-loue sa cellule des Beaumettes pendant son absence (temporaire)…

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    • corsaire vert corsaire vert

      à la Tapie qui faisait des “‘affaires ” pendant son incarcération !

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