Dans les hôpitaux de Marseille, le calme avant la tempête

Enquête
le 19 Mar 2020
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Alors que les premiers cas graves arrivent dans la région, les hôpitaux de Marseille se préparent à recevoir la "vague" de malades du coronavirus. L'Ap-hm et d'autres hôpitaux sont en train d'effectuer une réorganisation d'ampleur, du recrutement de personnel spécialisé à la distribution de masques en passant par l'ouverture d'unité spéciale.

La Timone, vaisseau amiral de l'AP-HM. Photo : Esther Griffe.
La Timone, vaisseau amiral de l'AP-HM. Photo : Esther Griffe.

La Timone, vaisseau amiral de l'AP-HM. Photo : Esther Griffe.

"Pour le moment il n'y a personne à l'hôpital, tout est mort et l'ambiance est tendue. On tourne en rond", glisse une psychologue au sortir du service de réanimation de la Timone. Malgré ce calme relatif, les médecins et chefs de service de l'assistance publique des hôpitaux de Marseille (AP-HM) sont sur le pied de guerre. "C'est le feu", concédait ce week-end déjà un chef de service de la Conception. L'AP-HM, tout comme l'hôpital Saint-Joseph et l'hôpital européen s'apprêtent à se retrouver en première ligne dans la région face à la crise sanitaire engendrée par le coronavirus. La situation locale n'est aujourd'hui pas au niveau de ce que vivent leurs homologues alsaciens, ou plus récemment, parisiens. Mais "la vague" de personnes contaminées devant être prises en charge en urgence - pour des insuffisances respiratoires provoquées par ce virus - ne saurait tarder. Face à cela, les hôpitaux du sud de la France disposent d'un atout considérable : plus que dans les autres régions, ils ont eu le temps de se préparer.

"Nous avons la chance, entre guillemets, de passer après. Comme souvent dans une épidémie virale, le sud-est est atteint en dernier, explique le professeur Laurent Papazian, qui coordonne la réanimation à l'AP-HM mais aussi dans toute la région, soit les services qui vont être le plus touchés dans les jours à venir. Cela est dû aux mouvements du virus, des gens et aussi au climat [le virus résiste moins bien à des températures élevées, ndlr]. La partie nord, la région parisienne est d'abord contaminée, puis c'est nous." Pour le moment, seuls quelques cas ont dû être pris en charge en urgence dans la région. Mais la situation ne devrait pas . . .

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Violette Artaud

Commentaires

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13 commentaires


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  1. Tarama

    Pensée émue pour l’hôpital Sainte-Margueritte, ses urgences, sa réanimation, ses blocs… supprimés, fermés, démantelés, il y a moins de 10 ans.

    Ce n’est pas dans la clinique privée de Renaud Muselier, qu’on a construit dans ses jardins, que l’on va soigner le coronavirus…

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  2. Tarama

    A Saint-Jo, ils n’ont pas de masques pour protéger le personnel qui n’est pas directement au contact de ces malades…

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  3. Alceste.

    Une fois de plus c’est l’APHM qui va faire le boulot autrement dit le public. Ce n’est sans doute pas le lieu, ni le moment mais quand-même. Comme disent les Québécois, je me souviens que l’actuelle mairie ne pense que privé pour la santé ou l’école.
    Alors il faudra s’en souvenir le moment venu.
    Soutien., amitié et affection pour nos médecins et soignants.

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    • reuze

      Il ne faut pas oublier, en plus de l’APHM, les deux hôpitaux privés à but non lucratif (Hôpital Européen et St Joseph) qui participent au service public hospitalier.
      Effectivement, il faudra s’en souvenir après la pandémie, quand on reparlera de céder des terrains et d’accorder des permis à des hôpitaux privés à but lucratif qui font des profits gras sans contrepartie.

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    • leravidemilo

      Comme l’indique le beau slogan des luttes contre la réforme des retraites : « Quand tout s’ra privé, on s’ra privés de tout. »
      C’est toujours le moment de le dire, et c’est toujours le moment de le découvrir et de se l’approprier, car il est parti pour servir … longtemps!

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  4. Vand

    Excellent article, éclairant, merci de nous transmettre toutes ces infos… Force et courage aux infirmier.e.s et soignant.e.s, on est derrière vous.

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  5. julijo

    propos d’une « soignante » lus sur Facebook :
    Je suis soignante, ni soldat, ni en guerre ?
    Après nous avoir enlevé tous nos moyens, gelés nos salaires, on nous voit comme des héros. Héros de rien du tout, on a juste pas le choix.
    J’ai la gerbe : la seule guerre que j’ai envie de faire c’est celle contre les décideurs et les bureaucrates. Le confinement n’est décidé que parce que l’hôpital n’a pas les moyens de faire face….

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    • MarsKaa

      Exact… le confinement n est décidé que parce que l hopital n a pas les moyens de faire face.
      Et à qui vont aller les grosses sommes débloquées par le gouvernement ?
      A l hopital ?
      Non aux entreprises…

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    • reuze

      Euh… le confinement est décidé parce que l’hôpital, même s’il était bien financé, n’aurait pas les moyens de faire face à l’afflux de patients tant ce virus est contagieux.
      Ce qui manque et qu’on aurait pu avoir, ce sont des kits de test et des équipements (masques notamment) pour faire du dépistage massif puis confiner dans de bonnes conditions les personnes atteintes.
      L’hôpital est sous-financé depuis des années, c’est vrai, mais ça n’a pas grand chose à voir avec le confinement actuel.

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    • Tarama

      Reuze vous êtes fantastique…

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  6. Marc4nos

    Certaines personnalites politiques marseillaises detectees porteuses du virus semblent beneficier de soins a l hopital auxquels le simple citoyen n a pas acces avec les memes symptômes.

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  7. Mogosmo

    A l’IHU l’ambiance est un peu différente…

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  8. Hubert VIALLET

    Bravo à toutes les équipes médicales qui travaillent dans l’urgence.
    Mais une question me taraude concernant le médicament qui pourrait soigner, comme celui étudié par le professeur Chercheur mondialement reconnu Raoult à Marseille. Le traitement étudié semble marcher sur 24 personnes, certes il doit encore être étudié, mais quel est le moindre risque à ce jour?
    – laisser mourir 5% des infectés et laisser la pandémie se poursuivre,
    – ou bien prendre le risque (cardiaque semble-t-il) de proposer ce traitement à ceux des malades qui le veulent (Comme Martine Vassal, et d’autres), et de contribuer à enrayer la pandémie? Mars actu peut-il demander une évaluation comparative de ces deux risques? Merci d’avance.

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