Dans la Criée occupée, des jeunes précaires jouent l’extension du domaine de la lutte

Reportage
le 8 Mai 2021
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Depuis bientôt deux mois, étudiants et jeunes précaires occupent le théâtre national de la Criée à Marseille. Nombre d’entre eux se mobilisent pour la première fois de leur vie. En coulisses, ils font leurs premières armes en devenant acteurs de la lutte pour l’accès à la culture.

Tous les mercredis sur le parvis de la Criée, occupants et passants sont invités à faire partager leur talent artistique, même le plus petit
Tous les mercredis sur le parvis de la Criée, occupants et passants sont invités à faire partager leur talent artistique, même le plus petit

Tous les mercredis sur le parvis de la Criée, occupants et passants sont invités à faire partager leur talent artistique, même le plus petit

Ce 6 mai 2021, le parvis du théâtre national de Marseille est vide. Le Mistral s’engouffre dans la banderole rouge qui barre la façade du théâtre de la Criée, en lettres capitales : "OCCUPONS". Soudain les portes s’ouvrent et la musique jaillit comme un cri, en même temps qu’une flopée de jeunes occupants-danseurs, les bras levés et le sourire aux lèvres.

Ils sautent sur le beat et les montées, flottent sur ce remix qu’ils ont composé, et dans lequel les mots de Roselyne Bachelot se mettent à danser : "Les occupations sont dangereuses. Dangereuses, et inutiles".

https://www.youtube.com/watch?v=JDH6tFQ5HWk&ab_channel=OccupationCri%C3%A9e

Emotions en lutte

Ils s'appellent Pablo, Léa, Jade ou Bastien, ils ont entre 20 et 25 ans et depuis le 15 mars ils sont une bonne quinzaine à occuper le théâtre de la Criée, de jour comme de nuit. Certains sont étudiants, d'autres demandeurs d'emploi, dans le secteur culturel mais pas que. Depuis des semaines, ils apprennent la vie en collectivité, les joutes verbales, l’envie de tout abandonner, le devoir de responsabiliser les nouveaux arrivés. Au quotidien, ils découvrent l'ascenseur émotionnel de la lutte.

Sur le parvis, beaucoup n’osent pas encore se lever et prendre le micro. Mélisse, cheveux rouges relevés en chignon, pantalon pattes d’eph et yeux clairs, se décide à esquisser des pas de charleston, avant de lire quelques mots. "Ébloui. Flottante. Amoureux. Contradictoire. Lessivé. Effervescente. Chaud patate. Fébrile. Ensoleillée. Fatigué. Heureux." Elle a demandé aux occupants de résumer leur ressenti en un mot et a soigneusement noté sa . . .

Loeiza Alle

Commentaires

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6 commentaires


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  1. Opiniatre

    Depuis un an, les jeunes gens sont enfermés, pas de relations sociales, de la visio ad nauseam, et pour de jeunes acteurs pas de répétitions. Les bistrots restent fermés, les rassemblements extérieurs sont limités à 6 personnes, quoi de plus excitant de d’occuper un théâtre, vivre en collectif, refaire le monde, sortir des questions de politique culturelle pour embrasser toutes les causes. Mais les théâtres vont rouvrir dans 10 jours, comment imaginer qu’ils soient bloqués, et d’ailleurs pourquoi, pourquoi les artistes présentés ou le public qui a soif de spectacles seraient punis par un mouvement qui demande le contraire. Sans oublier quelques roués qui aimeraient obliger les théâtres à être évacués par la police, ce qui leur permettrait de prouver qu’ils avaient bien raison. Il est urgent de reprendre le chemin des musées, des cinémas, des concerts, des salles, sinon Netflix et Telegram auront pris toute la place et les responsables politiques se diront que finalement le financement public de la culture n’est plus nécessaire.

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  2. Mars1

    Tout ça rappelle mai 68, mais la société a beaucoup changé depuis, plus individualiste et cloisonnée malgré les connexions des réseaux sociaux. Pas sûr que la convergence des luttes que certains souhaitent puisse se faire dans ces conditions, avec la précarité croissante et le souci essentiel, pour beaucoup de personnes, de simplement survivre.

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  3. pas glop

    « Pourquoi les théâtres et d’autres lieux culturels pourraient être occupés après le 19 mai » ? Parce qu’aucune des revendications portées la par centaine de lieux occupés n’a débouché jusqu’à présent. Il ne s’agit pas de rouvrir à n’importe quel prix. Sans parler de la réforme de l’assurance chômage qui va précariser plus d’un million de personnes.

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  4. Magnaval

    Le fatras habituel de logorrhée gauchiste de gens biberonnés aux subventions et à l’argent public.

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    • pascal

      Le fatras habituel de logorrhée conservatrice de gens qui n’ont pas besoin d’une école et d’une santé gratuite pour tous.

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    • Magnaval

      L’école est gratuite et la santé également, ou à peu près. Ce sont des services publics, pas comme la société du divertissement.

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