Comment la crise sanitaire a changé notre regard sur la ville

Actualité
le 11 Mai 2020
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Évolution des déplacements, distances de sécurité, rayon d'un kilomètre, besoin d'air : le confinement a révélé des enjeux. Avec le déconfinement, vont-ils façonner la ville post-Covid19 ? Tour d'horizon en sept étapes.

Le cours d'Estienne d'Orves sans terrasses de cafés pendant le confinement. Photo : JV

Le cours d'Estienne d'Orves sans terrasses de cafés pendant le confinement. Photo : JV

Une parenthèse de deux mois ? Un déclencheur d’évolutions toujours repoussées ? Depuis le confinement, la crise sanitaire agit en tout cas comme un révélateur des enjeux de la ville et de ses espaces publics, de la place de la voiture aux inégalités d’accès à des espaces de respiration. Ces questions, le déconfinement ne les […]

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Commentaires

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  1. ALAIN B ALAIN B

    Mais il faudrait des vrais bancs et non pas des cubes sur les places comme nous pouvons le voir sur la place de Strasbourg (place Cermolaccé)

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  2. Tarama Tarama

    De lire certaines choses par ce qui est censé être l’élite de l’architecture et de l’urbanisme… je me dis qu’on n’est pas sortis.
    Madame Vezzoni ne doit pas faire beaucoup de vélo à Marseille.
    Encore une fois on n’est pas dans le binaire : oui, il y a besoin de généraliser les zones 30, mais oui, également, il y a besoin d’espaces dédiés uniquement au vélo.
    On roule à 30km/h à vélo quand on très entraîné ou quand on a un vélo électrique, et si je ne doute pas que ses émoluments lui permettent de s’en procurer, ce n’est pas le cas pour tout le monde.
    Des villes très en pointe, comme Grenoble, qui ont généralisé les zones 30, continuent en même temps de créer des « autoroutes à vélo » dédiées et réservées.

    De même, ces dames ne doivent pas non plus se déplacer beaucoup à vélo ni autrement qu’en voiture pour ne pas savoir que les pavés c’est une horreur : ça ne « rend » pas à vélo (c’est inconfortable aussi), et ça coince pour tous les autres modes de transport (trottinette, skate, poussettes, caddies, etc.).
    Elles traduisent par là une vision du vélo « loisir », mais pas réellement comme un mode de transport du quotidien, qui doit avant tout être efficace.

    De plus les pavés génèrent un bruit sans commune mesure, qui rend les quartiers invivables pour les habitants. Elles sont sympas avec leur « alerte auditive », mais elles n’habitent peut-être pas dans une rue pavée passante.

    Peu de coussins berlinois à Marseille, ça dépend où.

    Les « noyaux villageois », on est entre le mythe et la vaste blague.
    Même les plus « solides », comme Mazargues (« le village dans la ville », d’après le panneau municipal) ont fini par péricliter dans la dernière décennie, sous les coups de boutoirs des derniers centre commerciaux et de « l’uberisation ». Ce sont des villages dortoirs, comme les zones pavillonnaires péri-urbaines.

    Lire qu’Euroméditerranée serait un modèle ou une solution…
    Comment peut-on dire ça, alors que c’est le fossoyeur des quartiers anciens de Marseille justement avec les Terrasses du Port pour le commerce, et le déplacement (pas la création, le déplacement) de milliers ou dizaines de milliers d’emplois situés dans les quartiers de Marseille pour aller remplir ses bureaux vides ?

    La ZAC de Bonneveine, construite il y a 40 ans comme un « pôle d’équilibre » (ça veut dire ce que ça veut dire) a ainsi littéralement été vidée de ses emplois dans la dernière décennie, dont nombre d’entre eux ont été envoyé à Euroméditerranée, de la Joliette à Arenc (services municipaux, administrations de l’Etat, France Télécom/Orange, RTM,…).
    Et « spoiler », comme on dit aujourd’hui, les gens ne s’y rendent ni en transports en commun, ni à vélo.
    Alors citer Euroméditerranée comme exemple, c’est vraiment une blague qui vient jeter un doute sur la crédibilité du reste du discours…

    Les espaces verts, certes, mais encore faut-il qu’ils soient accessibles, car une des choses les plus pathétiques de cet épisode aura été l’interdiction de marcher sur de l’herbe et la seule autorisation du goudron et du béton, révélant une considération bien étrange du rapport à la nature et à l’espace public de la part des autorités.

    Les espaces semi-publics (pieds d’immeubles, etc.) sont systématiquement fermés au bout de quelques mois d’usage. L’exemple d’Euroméditerranée encore, est criant à cet égard. Mais le fermeture de la ville entière est un problème qui a donné lieu à de nombreux articles dans Marsactu.

    La photo du « bol d’air frais » place de Strasbourg, c’est surtout un bol de béton, et dans quelques semaine ce sera la fournaise sur ces espaces. Si on avait été confinés au coeur de l’été, ça aurait été encore plus invivable. C’est évoqué en fin d’article.

    La politique de l’AGAM, depuis des années, était de « densifier » (= bétonner) les « dents creuses », qu’elle ne voyait que comme des opportunités foncières. J’en parle au passé, mais c’est encore sa politique récente.
    Dommage que ces brillants esprits, pardon de le dire, n’aient pas plus de sens de l’anticipation et qu’il faille une crise d’une telle ampleur pour les amener à imaginer, enfin, une ville plus « humaine ».

    Taïwan ou la Corée du Sud ont mis en place des suivi de population par traçage électronique pour juguler l’épidémie, qui relèvent de systèmes totalitaires. On ne peut pas sérieusement les citer en exemple.

    Je vois quand même un manque de finesse dans toutes ces réflexions, par des gens qui sont d’ailleurs des acteurs du système depuis des décennies et ont participé à l’édification de la ville d’aujourd’hui, et paraissent quelque peu hors-sol. Ce qui tend à laisser penser qu’on n’est pas sortis de l’auberge.

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    • julijo julijo

      je souscrit complètement.

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    • julijo julijo

      souscriS -pardon !

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    • leravidemilo leravidemilo

      Eh bien! merci bien Tarama pour cette « alerte auditive » massive en direction des ceusses qui ont eu maintes fois l’occasion de nous faire « bénéficier » des effets délétères de leurs « savoirs »… et qui viennent aujourd’hui remettre au pot, sans aucune allusion à leurs donneurs d’ordres, qui donc ont dus disparaitre entre services de réanimation et morgues (Adieu vaches, Bouygues, cochons, Eiffage, Vinci et autres Constructa…)
      J’en partage pleinement chacun des points, et n’en rajouterai qu’un seul, relatif aux priorités : 1 Fauteuil roulant, 2 poussette et landau 3 vélo…. 1 trottoir, 2 piste cyclable…
      Il est certes bienvenu, pour leur épanouissement personnel, que ces gens en viennent à se poser quelques questions; mais ils semblent un peu pris de cours et devraient fissa se re confiner, pour une pleine quarantaine de réflexion, avant que de se bousculer sur les plateaux télé. Et surtout faire un retour réflexif sur le fait qu’avant de se poser des questions, ils ont apporté bien trop de réponses, en les coulant dans du béton…
      Dommage. les voila nés trop tard dans un monde trop vieux…Dans une bonne école d’urbanisme des années 46 47 48, ils auraient pu s’éclater sur un devoir sur table concernant leur vision pour reconstruire Hiroshima, Dresde ou Berlin…

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  3. Electeur du 8e Electeur du 8e

    Moi aussi, je partage ce qu’écrit @Tarama. La ville d’aujourd’hui ne vient pas de nulle part, ses choix (ou non-choix) d’urbanisme ont des auteurs.

    L’exemple de Bonneveine est particulièrement pertinent : bien que daté des années 1970, ce projet avait le mérite de mixer au même endroit logements, emplois, commerces et espaces verts – et autoroutes urbaines, il faut bien que l’époque ait laissé sa trace ! Et ces dernières années, on a fait tout le contraire de la « ville du quart d’heure », y compris à Bonneveine…

    Fallait-il une crise sanitaire pour que de brillants esprits censés voir loin découvrent que la ville actuelle fonctionne mal et que son usage est souvent inconfortable ? Ce n’est pas sûr : de nombreuses associations, qui connaissent le terrain, le disent depuis longtemps. Dommage qu’elles soient si souvent méprisées par ceux qui se prennent pour des « sachant » tout en n’étant que des technocrates.

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  4. Make OM Great Again Make OM Great Again

    Il faut peut-être arrêter de sonder les personnes qui ont (im)pensé la ville d’hier ! C’est agaçant ce manque de pluralité dans la manière d’aménager Marseille et ce recyclage de vieilles idées.

    L’urbanisme tactique (agam), les projets Bouygues Immobiliers (tangram) ou les zones 30 (vezzoni) ne sont pas des solutions à la hauteurs de crises à venir. Et si demain, un virus plus létal ? Un incendie australien ? Des inondations ? La montée des eaux?

    Cette crise doit nous forcer à anticiper, à planifier, à prendre l’avenir au sérieux. Il faut inverser notre rapport à la nature, aux ressources. Proposons des solutions à toutes les échelles (territoire, ville, quartier, îlots) qui soient guidées par un objectif de résilience, de diminution des gaz à effet de serre, d’inclusivité par le contrôle des loyers notamment.

    De la nature, de la pleine terre, de la verticalité qualitative (la densité est à la fois poison et remède, nous n’avons pas le choix, sinon à contrôler la démographie comme en Chine), des lieux de sociabilités accueillant (en finir avec le mythe de l’espace public méditerranéen minéral et le ré-inventer) et une grandes réflexions sur le devenir des grands pollueurs du territoire (arcelor, centrale à charbon, croisiéristes, automobilistes…)… me semblent être un bon point de départ.

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  5. Brallaisse Brallaisse

    L’après COVID , voilà la dernière idée émise. Nos têtes d’œufs viennent de trouver le thème pour le deuxième tour des municipales et les copains de ces dernières ,des marchés pour des études lucratives. Et cela permet, en sus, d’oublier le reste. Et Dieu sait si la liste est longue.
    Pourquoi des cubes et pas des bancs , tout simplement afin que les sans-abri ne puissent s’y vautrer pour dormir. Vous comprenez cela choque les yeux de madame VLASTO et ceux des croisiéristes .
    Alors VASSAL va repartir dans le mythe marseillais des 111 villages sur la base d’une ville décloisonnée. L’équipe GAUDIN a crée de véritables ghettos et les mêmes parlent de décloisonnement . Le pompon dans ce descriptif étant la notion rue / village de la Rue de Lyon. Je me demande de qu’elle époque parlent’ils du 18e , de 1950 ou d’aujourd’hui. y ont’ils mis les pieds d’ailleurs ? Car franchement la rue de Lyon fait peur, voyageant beaucoup je trouve énormément de similitudes avec des contrées exotiques ( à ne pas prendre au sens péjoratif du terme) . Entre Arenc et Gèze , nous sommes ailleurs !. A moins que cela soit un décor de cinéma permanent de film noir?.
    Ce qui est énervant dans cet article cher Julien VINZENT , c’est la présence du fameux Monsieur « ON ». Vous évoquez l’après guerre avec l’architecture utilitariste de DEFFERRE , c’était il y a maintenant quasiment 50 ans , mais pas les responsables de l’état actuel de cette ville . Ils semblent sortir de l’œuf et ouvrent les yeux en se posant la question; mais qui a fait cela ?.
    Cynique un jour, cynique toujours.
    Alors si ces gens là veulent faire de l’urbanisme , renvoyons les chez eux et équipons les du jeu SIM CITY , cela devrait les occuper un moment.

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  6. Concorde Concorde

    C’est intéressant de voir que « la ville » dans les discours sur l’après-confinement se résume aux mobilités et à l’espace public. Ce n’est pourtant qu’un petit morceau du sujet, et d’autres réflexions semblent nécessaires, et ce que ce soit en période de crise sanitaire ou non :
    – sur la qualité des logements, des constructions neuves, sur la nécessité d’un réel engagement public et privé pour la réhabilitation du parc privé. La crise actuelle met en lumière l’importance du logement, mais cette question dépasse les situations de crise
    – sur la répartition des fruits de la valorisation économique des espaces urbains (ce qu’on appelle parfois la rente foncière), répartition qui dans son profil actuel explique une partie des inégalités et de la faible qualité des logements et espaces urbains produits.

    La crise économique qui s’annonce aura peut-être pour effet de mettre en avant, dans le champ de l’urbanisme, la question de l’économie du projet urbain, qui est peu abordée frontalement : si on veut des logements de meilleure qualité et moins chers, il va bien falloir repenser certains circuits économiques. Et cela permettra peut-être aussi de repenser mobilités et espaces publics en accordant une plus grande valeur à certains usages.

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