[Comment ça va les santonniers?] “Je perds au moins la moitié de mon chiffre d’affaires”

Actualité
le 10 Nov 2020
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Durant le premier confinement, Marsactu avait suivi les "premiers de corvée" qui continuaient à travailler. Pour cette saison 2, nous nous intéressons chaque jour à celles et ceux que la crise économique frappe avant la crise sanitaire. Pour les santonniers, novembre et décembre sont le pic de leurs ventes. À l'origine d'un collectif, Julien Quilez craint la disparition du métier.

Photo : Julien Quilez

Photo : Julien Quilez

Chez Julien Quilez, les santons sont une affaire de famille. Il en fabrique et en vend aux côtés de son père depuis 17 ans. Tous deux ont repris les ateliers Santons Jouve, fondés en 1955 par son grand-père. Si jusque-là l’activité familiale était plutôt florissante, la crise sanitaire est venue perturber la stabilité de toute la profession. Même en passant par la vente en ligne pour continuer les ventes, le santonnier est très pessimiste.

Comment ça va les santonniers ?

Très mal. C’est en novembre et décembre qu’on fait 80% de notre chiffre d’affaires. Et cette année, la foire d’Aix-en-Provence prévue du 15 novembre au 31 décembre a été annulée. Pour ce qui est des ventes à venir, le marché de Noël, par exemple, c’est toujours en suspens. On retient notre souffle en attendant les annonces gouvernementales, mais si le confinement est prolongé, au moins un tiers de la profession risque de mettre la clé sous la porte. C’est une catastrophe.

Les ventes sur le web peuvent-elles vous aider à tenir le coup ?

Ceux qui ont un site web comme moi peuvent s’en sortir un petit peu. Avec les livraisons et le click & collect. Mais cela reste insuffisant par rapport aux recettes qu’on fait pendant les foires où l’on voit passer entre 30 000 et 40 000 personnes par jour ! Donc dans tous les cas, même avec les ventes en ligne, je perds au moins 50% de mon chiffre d’affaires. De plus, un grande part des santonniers n’a pas de site internet. 

Quelles solutions espérez-vous ?

La seule chose qui peut nous sauver c’est le maintien des foires d’Aix, Aubagne et Marseille en décembre. Avec les confrères aixois des santons Richard et les santons Canet, on a réuni 70 membres de la profession pour fonder l’union des santonniers et créchistes. On essaie de faire entendre notre voix en interpellant les politiques au nom du collectif. Nous avons déjà envoyé des courriers aux maires, députés et sénateurs de notre région. Il faut qu’ils nous aident sinon c’est tout un métier qui risque de disparaître.

 

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Commentaires

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  1. Brallaisse Brallaisse

    Amis lecteurs , les tragiques événements des jours passés nous ont mis face à des gens qui réfutent , nient et combattent notre mode de vie.
    L’un des moyens de combattre cette idéologie est de mettre en avant justement ce dernier et de faire vivre nos traditions. Nombre d’athées , de croyants de toutes origines fêtent Noel pour ce moment familial et de convivialité .
    Alors retrouvons nous qui que vous soyez , d’où que vous veniez autour de la crèche.
    C’est le moment de le faire, en soutenant cette magnifique tradition en achetant quelques santons de Provence.
    Il vaut mieux une activité vivante plutôt que de faire à la mort de cette dernière un musée.

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  2. jasmin jasmin

    Donc depuis l’existence des santonniers, il n’y avait pas d’union de ces professionnels? et seuls 50% d’entre eux font de la vente en ligne? J’avoue être très surprise que dans un artisanat aussi florissant, magnifique, demandé par les touristes du monde entier, sur des produits aussi onéreux, ça n’existe pas de manière massive. En même temps, quel dommage qu’un artisanat local ne soit pas vu sur place, touché, adoré avant d’être acheté…
    Comme dans toute chose, les horreurs arrivent avec leur lot d’opportunités. Maintenant qu’il y a enfin une union des artisans santonniers, elle peut soit se constituer en coopérative pour centraliser les ventes sur internet, soit aider chaque artisan à s’équiper de logiciel de vente en ligne en mettant à disposition la ressource experte pour le faire. Certains dans une foire expo, ils verront défiler 40 000 ou plus personnes par jour, mais sur internet, ils en verront des millions. Encore faut il que le logiciel soit réactif, esthétique, fait par un professionnel d’image et communication. C’est pour cela qu’en tant que fédération ou union, ils peuvent mettre en commun ce talent là. Imaginez les touristes virtuels chinois et autres, frustrés de ne pouvoir voyager et qui peut s’inviter la provence à domicile, ce qui lui donnera envie de venir plus tard en vrai sur place.

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