Christelle Rotach : "Aux Baumettes, nous allons dans la bonne direction"

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Élodie Crézé
14 Avr 2014 0

En septembre dernier, cinq contrôleurs des lieux de privation de liberté ont effectué une visite complémentaire au centre pénitentiaire des Baumettes, suite au premier rapport établi en 2012 par le contrôleur général Jean-Marie Delarue. Il dénonçait alors des "conditions indignes" de détention. Si de réelles avancées ont été soulignées lors de la dernière visite, celles-ci sont considérées comme encore fragiles. Christelle Rotach, la directrice de l'établissement pénitentiaire, en poste depuis un an, a accepté de répondre à nos questions.

Marsactu : de réelles avancées ont été pointées aux Baumettes par le rapporteur général mais il conclut également à des réalisations insuffisantes "par manque de moyens matériels et humains". Que répondez-vous à cela ?

Christelle Rotach : Le contrôleur général Jean-Marie Delarue nuance ses propos en expliquant qu'il réalise bien que la poursuite des travaux engagés conduisant aux améliorations souhaitées est conditionnée par les moyens qui seront alloués aux Baumettes. Cela correspond pleinement à la réalité.

En clair, les Baumettes ont bénéficié de dotations exceptionnelles pour les travaux d'urgence. Celles-ci vont-elles être reconduites afin d'en garantir l'achèvement ?

Bien sûr, il y a eu un complément des dotations exceptionnelles pour que l'on puisse poursuivre les travaux. En 2013 il y a eu une dotation particulière, en 2014 il y en a de nouveau une et a priori ainsi on aura répondu à une très grande partie des prescriptions du contrôleur général. Notamment pour ce qui concerne la réhabilitation des cellules d'hébergement. Pour les travaux plus importants, nous sommes dans une procédure de marché qui est engagée mais pas totalement aboutie.

Le rapport insiste sur la nécessité de mettre en oeuvre un projet d'établissement en accord avec la direction de l'établissement, les personnels et la justice. Ce projet existe-t-il et quelles en sont les lignes directrices ?

Oui, ce projet d'établissement existe déjà. A l'origine de celui-ci, il y a la prise en compte des différentes problématiques pointées lors de la visite du contrôleur, celles soulignées lors des audits extérieurs de l'inspection générale des services judiciaires, plus les propres constats que les personnels ont pu faire remonter depuis mon arrivée, il y a un an.

A partir de tout cela, j'ai décidé d'élaborer un plan d'action de 2013 à 2016 et de travailler sur différents axes, qu'il s'agisse d'axes immobiliers, de pratiques professionnelles, d'amélioration des services ou encore de prise en charge des détenus. Ce projet est une structuration des différents axes de travail qui sont engagés depuis l'année dernière et pour les années à venir. L'aboutissement sera le passage des "Baumettes historique" à Baumettes II. Et les travaux sont dans les temps.

Baumettes II pourra-t-il résoudre en partie le problème de surpopulation de nouveau souligné lors de la visite complémentaire de l'établissement en septembre dernier ?

Baumettes II n'est qu'une partie de l'équation. En effet, ce chantier ne propose que 570 places, or j'ai actuellement plus de 1800 personnes hébergées. Je ne peux pas résoudre le surencombrement seulement avec Baumettes II. Ce projet constitue la première étape, mais il faut aussi compter sur le programme immobilier régional avec Aix II, la réouverture de Draguignan et des perspectives sur le prochain programme immobilier pour "Baumettes historique". Le programme pour lutter contre la surpopulation s'inscrit encore dans un projet plus vaste.

L'améliorations des conditions de vie des détenus figure-t-elle au cœur de votre politique pénitentiaire ? Qu'est-ce qui est prévu au niveau des activités, sportives et culturelles ?

On est en train de revoir complètement l'organisation des activités sportives avec le service pénitentiaire d'insertion et de probation (Spip), de réinvestir des espaces extérieurs pour que tous puissent avoir y accès. En tout cas on est en train d'organiser l'activité sportive pour la développer au maximum au profit du plus grand nombre. Les activités culturelles déjà engagées se poursuivent en partenariat avec le SPIP, les associations socioculturelles…

Que va-t-il advenir des bâtiments existants, dont certains sont très dégradés ?

La question est de savoir si, dans un délai raisonnable à l'issue de la mise en service de Baumettes II, on réhabilite, ou si on détruit et on reconstruit. Cela se décidera à la lumière des orientations politiques générales, de l'état de la population pénale, des effectifs ainsi que des choix stratégiques qui seront faits sur le programme immobilier. Mais à cette heure, les autorités se réjouissent plutôt des axes qui ont été pris sur les Baumettes et des améliorations visibles. Nous allons dans la bonne direction.

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