Ce matin, nos élus ont fait de la politique (métropolitaine)

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le 26 Oct 2012
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Ce matin, nos élus ont fait de la politique (métropolitaine)
Ce matin, nos élus ont fait de la politique (métropolitaine)

Ce matin, nos élus ont fait de la politique (métropolitaine)

La séance de ce vendredi promettait d'être particulièrement salée. La guerre nucléaire promise par l'UMP à Eugène Caselli, président de la communauté urbaine et candidat putatif du parti socialiste à la mairie de Marseille, n'est jamais venu et le débat ne s'est étrangement pas contenté de petites phrases. Pourtant, avant même le premier point de l'ordre du jour, la nouvelle patronne du groupe Upac (droite), Laure-Agnès Caradec demandait déjà la parole. Long discours, particulièrement travaillé. Cette proche de Jean-Claude Gaudin commence fort, tape, assène même : "Vous communiquez beaucoup mais vous travaillez peu […] C'est la technostructure qui pilote. […] Vous montez des coups médiatiques, c'est votre mode de gestion."

Montebourg, Guérini, Évéré, les références tombent comme autant de coups de marteau. Les voisins de l'oratrice en rajoutent, soulignent, râlent : théâtre habituel de la vie politique, lassitude des observateurs que la vue du sang excite autant qu'elle rebute. Caradec tourne la page et finalement poursuit sur "la question essentielle des métropoles".

Ultime taquet à Caselli qui n'avait pas voté la transformation voulue par Sarkozy de MPM en métropole et Caradec déroule la feuille de route : "La métropole ne doit pas constituer un échelon supplémentaire dans le tragique édifice administratif français. […] Elle doit répondre à une plus grande justice fiscale donnant à nos territoires et surtout à la ville-centre de véritables perspectives de développement."

 

 

La chef d'orchestre s'étant rassise, le soliste Guy Teissier poursuivait sur le même thème : "Ce ne doit pas être une métropole Ikea, d'Ikea Vitrolles à Ikea Aubagne. Elle doit nous permettre d'être visibles et audibles jusqu'à Shangaï¨. Le député-maire des 9e et 10e arrondissements cible les objectifs : développements "économique", "urbain" (transports, logements) et "durable". Pour y arriver, selon lui, la métropole devra aussi lever l'impôt tout en renforçant le pouvoir des maires d'arrondissements à Marseille et des communes alentours. Hochements de tête de certains maires dont Georges Rosso du Rove se fera le porte-parole pour insister sur l'importance majeure de la proximité se permettant un magnifique point Godwin : "Supprimer les mairies de proximité, le seul qui ait osé, c'est le maréchal Pétain". Condamnation unanime, brève et on laisse couler.

Loin d'être en désaccord complet avec ce qui se dit, le PS envoie son métropologue Jean Viard. Le chercheur remercie Caradec pour sa modération. "Quand Mennucci n'est pas là, c'est plus facile", lâchera l'élue. Réponse de Viard, caselliste quasi déclaré : "C'est vrai que ça aide". Il se reprend en insistant sur la dimension démocratique de la métropole : "il faut qu'il y ait bataille, qu'il y ait un chef". Le Modem renchérit en rappelant sur la nécessaire coproduction du projet pour éviter une défiance digne de l'Europe.

Christophe Masse dont le rapprochement avec Eugène Caselli est patent fait l'article de la méthode Ayrault et reprend la main. Aujourd'hui, ce sont eux les patrons et Masse s'octroie un scoop sémantique : "la communauté métropolitaine", troisième voix entre le pôle métropolitain et la métropole, tous deux bannis des lexiques du parfait politique en quête de consensus.

Restaient à entendre les chefs.  Dans ce cadre, priorité à "monsieur le maire" qui mariera rappel historique éculé sur l'idylle incomprise qui liait Gaston Defferre à la communauté urbaine, réticence à lâcher du lest aux mairies de secteur "car le maire de Marseille n'est pas la reine d'Angleterre" et hommage à l'actuelle gestion de l'urbanisme à MPM qui consiste à déléguer tout au maire avant de mettre le tout en commun et de valider : le pôle métropolitain de l'occupation des sols.

"Monsieur le président" clôt le tour de paroles en évoquant "la concurrence territoriale", réalité incontestable qui veut que l'on mesure Marseille à Nice, qui s'allie  avec Gênes, ou à Barcelone qui noue des partenariats avec le port de Sète. Eugène Caselli insiste sur les infrastructures de transports nécessaires (liaison autoroutière jusqu'au port de Fos, voies de bus en site propre jusqu'à l'aéroport de Marignane) et fixe enfin un objectif : l'emploi.

 

 

"Nous nous entraînons pour une réunion qui sera sans doute plus difficile lundi", avait lâché Gaudin en préambule, référence à la visite de la ministre en charge de la réforme de l'État Marylise Lebranchu avec, autour de la table, entre autres convives, l'imprévisible présidente de la communauté du pays d'Aix Maryse Joissains qui hier soir n'a finalement pas fait voter le pôle métropolitain qu'elle prônait il y a quelques semaines encore.

Les Marseillais pourront faire valoir un tour de chauffe autrement plus constructif. Mais, ne nous méprenons pas, cette parenthèse "qui donne un sens à notre engagement politique" (Teissier) n'aura duré qu'un temps. À la fin de la séance, le président de la communauté urbaine, accusé de mal gérer les travaux du Vieux-Port aura cette parole profonde (en substance) : "Vous n'avez pas de leçons à donner. Lorsque vous mettez en place les poteaux pour les caméras, les gens se cassent la gueule parce que vous ne bouchez pas les trous." Et toc.

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Commentaires

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  1. lucide lucide

    La gouvernance partagée, le consensus et autres euphémismes à la c.. montrent là encore leur propension à l’immobilisme

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  2. Don Don

    Sur la photo j’ai confondu Brushing avec Charlie Watts !

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