Préavis de grève inédit chez les salariés de Marseille habitat
De mémoire de salarié de la société d’économie mixte Marseille habitat, le bailleur social de la ville de Marseille, un tel mouvement social n’était jamais arrivé. Ce vendredi, la CFTC, seul syndicat représenté au sein de la société spécialisée dans la rénovation de l’habitat, appelle à un débrayage des personnels devant le siège de la société, rue Sainte-Barbe (1er), ce vendredi de 9 heures à 12h30. Le préavis de grève déposé par la déléguée syndicale, Valérie Mouradian, liste une série de revendications, principalement nées des négociations annuelles obligatoires. “Nous travaillons pour un bailleur social qui nous refuse l’accès aux logements non conventionnés, pointe la déléguée CFTC. Or, il y a parmi nous des gens qui ont de vraies difficultés à se loger“.
Elle pointe également une politique salariale “qui laisse les plus anciens avec des revenus au ras des pâquerettes”. “On a une communication qui dit mettre l’humanisme au cœur de nos missions de bailleur social, appuie-t-elle. Cela commence par un traitement équitable des salariés dont certains ont des difficultés pour boucler les fins de mois“. Elle pointe par exemple la fin de la prime d’intéressement, éteinte par des années compliquées au niveau budgétaire. Les efforts consentis par la direction pour relever les primes de certains gestionnaires de site ne la convainquent guère.
Contacté par Marsactu, le directeur général de la société d’économie mixte, Frédéric Pâris se dit très surpris à la fois par le préavis et son écho médiatique. “Dans le cadre du comité social et économique, nous avons un dialogue social très fructueux avec les représentants du personnel. Nous avions dressé une liste de 13 points dont 11 ont été traités. Nous avons un groupe de travail en cours sur un certain nombre de points. Nous sommes dans un contexte budgétaire très contraint”. En décembre dernier, la Ville a voté une recapitalisation de 22,5 millions pour aider la société à financer un plan d’investissements de 60 millions sur sept ans “dont un tiers est sur fonds propres“.
Un tour de table avec les autres actionnaires, dont la CDC habitat, est donc envisagé pour boucler le financement du plan. Quant à l’accès privilégié des employés au parc privé de la société, “il n’est pas possible pour des questions de légalité“, écarte Frédéric Pâris. Un argument de forme que balaie la syndicaliste, qui y voit le spectre de l’affaire Delormel, l’ancienne directrice générale, logée dans un appartement conventionné du bailleur.
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