France culture exclue du tribunal après avoir diffusé les dérapages d’une audience

CENSURE
Bref
Jean-Marie Leforestier
16 Mar 2017 1

C’était une rare opération de transparence audiovisuelle au tribunal de grande instance de Marseille. France culture et sa journaliste Pascale Pascariello étaient autorisées depuis plusieurs semaines à capter certaines audiences en vue de diffusion de certains extraits dans l’émission « Les pieds sur terre ». Malgré l’écoute par la justice du reportage avant la diffusion, la diffusion du résumé audio d’une audience a mis en rogne le tribunal qui a coupé net l’autorisation accordée à la radio.

L’objet du courroux réside dans le tollé suscité par cette audience en comparution immédiate du 10 février, raconte Mediapart, un titre auquel collabore l’auteure du reportage. Un homme jugé pour le vol avec violence des téléphones de trois mineures y a écopé de cinq ans de prison dont six mois avec sursis. La violence des mots employés par la présidente du tribunal et la procureure ressort crûment dans l’enregistrement. Jamais condamné, sujet à des troubles psychologiques, le prévenu entend la magistrate du siège lui asséner : « C’est honteux, monsieur. Il n’y a même pas de mots. On ne sait même pas comment est-ce [sic] qu’on arrive encore à vous regarder comme un être humain. » La représentante du parquet ajoute :  « Vous êtes odieux et en plus, vous faites semblant de vous excuser. »

Si le tribunal juge le montage biaisé, ce n’est pas le cas de plusieurs magistrats qui ont eu accès à l’intégralité de l’enregistrement de l’audience [publié par Mediapart ici]. Un magistrat anonyme mais « respecté » selon Mediapart déclare ainsi : « Cette audience est effrayante tellement elle est conduite de façon peu professionnelle. […] Un jeune homme qui n’a pas d’antécédents judiciaires ne peut pas être condamné pour de tels faits à plus de deux ans de prison, dont un an avec sursis. Et encore : ce serait déjà très ferme. » Marie-Blanche Régnier du syndicat de la magistrature est du même avis : « Il y a un problème d’impartialité, de procès équitable et une absence d’individualisation de la peine. Marseille n’est pas connue pour être une juridiction laxiste, mais là, on dépasse l’entendement« . Ni les acteurs de l’audience ni la présidente du tribunal de grande instance n’ont répondu aux questions de Mediapart.

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Source : Mediapart

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  1. Jean LucJean Luc

    Une lepénisation de certains « esprits » dans la magistrature? Une justice d’abattage par manque de moyens?
    « Selon que vous serez puissant ou misérable, Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir » LA FONTAINE
    Merci à Rachida Dati et Nicolas Sarkozy qui, en leur temps, ont réduits les crédits de la justice francaise, la plus pauvre en Europe (par rapport à la richesse nationale).
    Et demain, avec 500 000 fonctionnaires en moins promis par le premier ministre de l’époque, qu’en sera t’il?

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