À Marseille, la préfecture de police lance sa “guerre” contre les consommateurs de drogue

Fumée
Bref
le 28 Jan 2026
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La préfète de police déléguée Corinne Simon, le 28 janvier 2026 aux Réformés. (Photo : CMB)
La préfète de police déléguée Corinne Simon, le 28 janvier 2026 aux Réformés. (Photo : CMB)

La préfète de police déléguée Corinne Simon, le 28 janvier 2026 aux Réformés. (Photo : CMB)

La préfecture de police a déclenché ce mercredi 28 janvier une opération de trois jours dans les Bouches-du-Rhône dans le but de cibler les consommateurs de drogue. Le rendez-vous a été donné en fin d’après-midi, fontaine des Danaïdes, à la sortie du métro des Réformés, pour lancer le dispositif. Lequel ressemble beaucoup, à première vue, aux opérations dites “Jumbo” déployées en centre-ville ces derniers mois, avec pour cible l’immigration illégale mais aussi le contrôle des commerces.

Mais cette fois, c’est aux consommateurs de drogue que la préfète de police déléguée Corinne Simon a déclaré “la guerre”, explique-t-elle aux journalistes. “En 2026, nous ouvrons un nouveau volet de la lutte contre le trafic de stupéfiants. Pour que même les consommateurs occasionnels comprennent qu’à chaque fois qu’ils se rendent sur un point de vente ou se font livrer, ils participent au trafic”, assène-t-elle. Une doctrine conforme aux mots qu’Emmanuel Macron a prononcés lors de sa venue le 16 décembre : la seule mesure annoncée par le président de la République ce jour-là concernait le passage de l’amende forfaitaire de 200 à 500 euros pour les consommateurs.

En attendant la hausse effective de cette amende, la préfecture inaugure ce 28 janvier trois jours d’opérations piétonnes et routières sur 159 points de contrôle et 23 communes, mobilisant pas moins de 1 200 policiers et gendarmes. Le bilan sera connu à son issue.

Clara Martot Bacry

Commentaires

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  1. 9zéros 9zéros

    Quelle idée ! Ou comment récupérer du flouze aux moins malins qui se feront surprendre par la patrouille, sachant que cette belle initiative ne changera absolument rien à la problématique si ce n’est de faire naître de nouvelles façons de contourner la police….
    La coke est partout et surtout chez les 40/60ans et plus. On peut parier que sur l’entourage de tous ces décideurs il doit y avoir quelques consommateurs occasionnels ….

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  2. Patafanari Patafanari

    Ils vont donc ouvrir une salle de shoot (Halte Soins Addictions (HSA, anciennement salle de consommation à moindre risque ) en jargons administratifs revus et corrigés), uniquement pour piéger les drogués (les consommateurs en langage économique) qui viendront s’y installer ?

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  3. Mireille Urbain Mireille Urbain

    Il faudra que la préfecture m’explique comment elle va traquer les consommateurs qui se font livrer à domicile. Tous les jours, je baigne à l’insu de mon plein gré dans les effluves de cannabis (De mon temps, on parlait de marijuana) De nombreux résidents s’en plaignent. Mais les consommateurs fument chez eux. Alors faut-il appeler la police pour une visite domiciliaire qui en principe nécessite un commission rogatoire?
    C’est vraiment n’importe quoi et ça ne trompe que ceux qui ne sont pas interpelés par le sujet.

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    • Electeur du 8e © Electeur du 8e ©

      Je confirme que les effluves de cannabis sont devenus un vrai sujet de préoccupation dans les immeubles collectifs. Il suffit qu’un occupant consomme ce produit illicite à l’odeur aussi forte que désagréable pour que tous les voisins soient au courant. UberShit est là pour faire l’approvisionnement – et d’ailleurs, la police pourrait s’intéresser aux scooters dont l’état est souvent proche de celui d’une épave et dont les conducteurs méprisent ouvertement le Code de la route : elle y trouverait souvent autre chose que des pizzas.

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  4. kukulkan kukulkan

    quelle honte que l’Etat poursuive les contrôles aux faciès industriels et stigmatise, abime la république. A gerber.

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  5. Tasogare Tasogare

    Bientôt, la préfecture de police proposera de renommer la Canebière parce que son nom (et son histoire, son étymologie) fait trop référence au cannabis… 😬

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    • AlabArque AlabArque

      Merci & bravo pour cette imparable remarque étymologique 😉 …

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  6. MaxMama13 MaxMama13

    Quelle hypocrisie ! Le cannabis est partout, dans toutes les classes sociales, les catégories, y compris les policiers. Il est moins nocif et addictif que le tabac ou l’alcool, aussi ou moins préjudiciable pour la société. Si l’idée c’est de protéger les consommateurs, rien ne vaut des plantations perso et des produits à la composition contrôlée. Si l’idée est de gagner de l’argent, il faut le légaliser, récolter les taxes et lui appliquer les mêmes restrictions (âge, lieux et conduite automobile) et politique de prévention. Mais ça contrarie peut-être les vendeurs d’alcool et de tabac et ceux d’anxyolitiques ou d’antidouleur, autre catégorie de produits acceptés et contrôlés. Quant à la cocaïne, elle s’est démocratisée, en particulier dans les professions où une forte pression pèse sur les salariés. Elle est monnaie courante depuis longtemps dans les milieux privilégiés, artistiques, politiques, médiatiques, etc., milieux qu’on ne dérange rarement. Bref, voir les choses en face et être pragmatique, sans faire semblant de s’attaquer au narcotrafic qui serait efficacement combattu en s’attaquant aux finances occultes et aux conditions qui permettent son implantation dans les cités. Les personnes qui frémissent en reniflant une odeur d’herbe devraient réfléchir et s’informer. Je précise que je n’ai jamais fumé.

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    • Tasogare Tasogare

      C’est surtout bien connu, depuis au moins un siècle, que la prohibition n’a que des effets négatifs… alors qu’avec de la législation et de la prévention, on contribuerait à rendre moins “cool” le cannabis et à baisser sa consommation, voire proposer des substances plus propres et qualitatives (c’est-à-dire, pas coupées avec des produits nocifs) aux fumeurs.

      Mais avec un pouvoir exécutif coincé, rigoriste, appartenant à une époque passée et fantasmée, et qui n’a pas brillé en matière de santé publique depuis 8 ans (suivez mon regard en 2020), on ne risque pas d’aller bien loin. :/

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