Bataille de chiffres autour de “l’alerte maximale” au Covid-19

Décryptage
le 25 Sep 2020
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Face au spectre de lourdes conséquences économiques pour le secteur de la restauration, les élus locaux ont rivalisé de statistiques pour démentir le ministre de la Santé. Sur quelle base Marseille a-t-elle été classée dans la pire catégorie, l'évolution est-elle vraiment à la baisse et quelle est la situation dans les hôpitaux ? Marsactu a épluché les graphiques.

Ils ont fini par rythmer nos vies, au fil des points de situation quotidiens, hebdomadaires, des conférences de presse diffusées en direct à la télé et sur les réseaux sociaux. Depuis le déconfinement, une poignée d’indicateurs ont été placés au cœur de la gestion de l’épidémie de Covid-19. Triturés, affinés, abandonnés, ils forment une météo difficile à suivre de la progression du virus. Mercredi soir, le ministre de la Santé Olivier Véran en a encore donné l’exemple en proposant une nouvelle représentation de ces données. Ses multiples cartes et courbes colorient la France en nuances de rouge. Voilà Marseille en “alerte maximale” avec sa teinte écarlate.

Jean Castex jeudi 24 septembre sur France 2.

En théorie, quoi de plus incontestable qu’un chiffre pour appuyer une politique ? Mais quand tout le monde n’a pas la même lecture, voire les mêmes données, c’est au contraire du carburant pour la contestation. “Les déclarations d’hier soir sont irrationnelles, et je veux qu’on retrouve de la sérénité dans ce moment : une sérénité scientifique, qui s’appuie sur des chiffres concrets”, a plaidé le premier adjoint à la maire de Marseille Benoît Payan (PS), lors d’une conférence de presse où il était question d’un “gel” des mesures pour 10 jours. Le président du conseil régional Renaud Muselier a lui aussi aligné les statistiques pour démontrer “pourquoi ces mesures sont incompréhensibles”. Sur France 2, après avoir indiqué qu’il avait téléphoné aux deux collectivités, le Premier ministre Jean Castex est même venu avec son petit graphique. On les examine en détail.

Marseille fait sauter le compteur et embarque la métropole avec elle

Le principal de ces chiffres, qui dévie le cours du quotidien en entraînant fermetures et restrictions, c’est celui du taux d’incidence. Il désigne le nombre de cas déclarés au cours des sept derniers jours pour 100 000 habitants et résume ainsi la “circulation du virus”, selon l’expression régulièrement employée par le ministre. À 50, c’est déjà l’alerte. À 150, celle-ci est “renforcée”. À plus de 250 elle est “maximale”, antichambre de l’état d’urgence sanitaire, une catégorie où seules Aix-Marseille et la Guadeloupe sont placées. En deçà, la fermeture des bars et restaurants, principale mesure crispante, est prévue mais à 22h.

Présentation par le ministère de la Santé des différents niveaux d’alerte.

Étrangement, les élus locaux en fronde n’ont pas relevé une anomalie apparente dans la logique du gouvernement. En effet, le seul indicateur public, sur lequel s’appuie d’ailleurs la Ville de Marseille dans son argumentaire, est le taux départemental, actuellement à 209 cas pour 100 000 habitants. Renseignement pris auprès du ministère de la Santé, c’est la ville centre qui a pesé dans la décision, avec un taux de 281. Nous n’avons pas pu obtenir confirmation que la Ville avait connaissance de ce chiffre, qui ne semble pas avoir été réalisé commune par commune. Mais la “zone d’alerte”, elle, s’applique au niveau des métropoles, qui collent davantage aux déplacements quotidiens.

Véran veut “10 à 15 jours” de baisse avant de crier victoire

Au diapason, les élus du territoire l’ont tous souligné : ce fameux taux baisse ces derniers jours. Renaud Muselier, le président (LR) de région qui veut porter un recours contre les décisions d’Olivier Veran et leur traduction préfectorale, devrait en faire un de ses arguments devant le tribunal administratif. “Ces premiers résultats encourageants auraient mérité d’être salués par le ministre de la Santé et l’ensemble du gouvernement”, a regretté Benoît Payan. Une objection à laquelle avait répondu par avance Olivier Véran lors de sa conférence de presse. “On peut constater un frémissement”, a-t-il reconnu. Mais “3 ou 4 jours de stabilisation affichée ne suffisent pas à considérer qu’on est sur la bonne voie. On peut évidemment l’espérer. Si c’est le cas nous en auront la confirmation dans les jours qui viennent. Les experts disent qu’il faut 10 à 15 jours”, a-t-il poursuivi. Plus précisément, la semaine du 14 au 20 septembre a été la première à marquer une baisse, le pic étant donc observé du 7 au 13, mais les données sur cette semaine ne sont pas encore exploitables.

Le pic aurait été atteint il y a deux semaines. Source : point hebdomadaire ARS PACA.

Vraie pour les Bouches-du-Rhône, la baisse est aussi observée à Marseille : 331 il y a une semaine, 281 aujourd’hui. “Mais cela reste extrêmement élevé, il faut se souvenir que le seuil d’alerte est à 50 à la base !”, souligne-t-on à l’agence régionale de santé (ARS). C’est même le record en France métropolitaine. Sur un niveau plus fin, c’est la tranche d’âge des plus de 65 ans, les plus susceptibles de souffrir de formes graves, qui inquiète avec 180 cas pour 100 000 habitants à Marseille, là où l’alerte maximale est activée à 100.

Eaux usées et taux de reproduction

Parmi les signes encourageants qui alimentent le sentiment d’injustice, la Ville de Marseille liste la contamination en baisse des eaux usées. Depuis plusieurs mois, la Seramm, qui gère les égouts, opère en effet des prélèvements tournants sur l’ensemble du réseau, que le bataillon des marins-pompiers (BMPM) analyse dans sa cellule baptisée Comete. “Depuis cet été, nous avons vu que cela donne 7 à 15 jours d’avance sur l’évolution de l’épidémie. C’est le bataillon qui nous a alerté en juillet en disant que ça repartait”, appuie l’adjointe déléguée à la santé Christine Juste (EELV). Reste que ces données n’ont jamais été rendues publiques. Contacté, le BMPM a renvoyé vers l’ARS pour toute communication. Cette dernière n’est pas revenue vers nous dans les temps impartis à la publication de cet article.

L’autre indicateur lancé dans le débat par les responsables politiques locaux se résume à la lettre R, pour reproduction. Il s’agit là d’une estimation du nombre de personnes moyen contaminé par chaque malade. S’il est inférieur à 1, l’épidémie décroit. “Dans la région Sud, le taux de reproduction du virus est le plus bas de France ! Sur la carte affichée par le ministre hier, c’était même la seule région en vert”, s’est exclamé Renaud Muselier. Cela peut donner du corps à la décrue. C’est une hypothèse que n’a pas niée Olivier Véran même s’il ne s’agit encore que d’une tendance.

Vu de la réa, un “pari risqué” d’attendre

Froids, parfois même abstraits, ces indicateurs sont toujours complétés par un point sur la situation en réanimation. Des données qui ont été passées sous silence par Benoît Payan lors de son intervention, même s’il a insisté sur la “fatigue” des équipes et la nécessité d’une aide de l’État. Médecin de formation, Renaud Muselier s’est quant à lui risqué sur ce terrain, en constatant la “première période de stabilité depuis plusieurs semaines, sur les 3 derniers jours”. Dans un autre registre, Maryse Joissains a relativisé la portée de l’épidémie sur son territoire en rapportant que seules 6 personnes se trouvent en réanimation. Une question de point de vue sur le niveau acceptable : “il est exact qu’il y a de quoi s’étonner” abonde Challenges, qui explique que l’hôpital d’Aix compte effectivement 6 malades dans un état grave pour 10 places, soit un taux d’occupation de 60 %…

Côté Marseille, c’est loin d’être le discours développé par les différents responsables de l’Assistance publique-hôpitaux de Marseille (AP-HM). Dans une interview accordée la semaine dernière à Marsactu, le chef de la coordination des services de réanimation dans la région Laurent Papazian décrivait la situation comme “à la limite de la saturation. Un tiers des lits de réanimation du département sont occupés par des patients Covid. Et à chaque fois que l’on augmente ce chiffre, c’est au détriment des autres patients.” La détente annoncée par Renaud Muselier aurait-elle eu lieu ? Lundi encore, Marc Leone, chef du service d’anesthésie et réanimation à l’Hôpital Nord parlait d’une “digue rompue”, au micro de France Bleu. D’un tiers, la part du Covid dans la “réa” est passée à 45 %. “C’est le critère le plus important, a appuyé le Premier ministre sur France 2 avec une projection de saturation de la capacité au 13 octobre. On commence à déprogrammer [des actes chirurgicaux, ndlr]”.

“On peut faire un pari qui est très risqué. Soit on est dans la réaction et on attend de voir ce qui se passe, mais on sait qu’on a toujours un temps de retard, soit on est dans l’anticipation”, a commenté sur France info Julien Carvelli, médecin en réanimation aux urgences de l’hôpital de la Timone. L’AP-HM, qui devait tenir un “point de situation” ce jeudi, a déprogrammé l’événement. Pour ne pas être pris au milieu de la bataille politique ?

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Commentaires

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  1. barbapapa barbapapa

    Est-ce qu’on attrape le covid ou la grippe attablé à la terrassse de la Samaritaine ? Non sauf malchance exceptionnelle. Est-ce qu’on attrape le covid ou la grippe debout serré serrés aux pubs “irlandais” ? certainement oui. Est-ce qu’on attrape le covid ou la grippe attablé chez Lionel Levy ou à la Pizzeria Magan ? Non ! Est-ce qu’on attrape le covid ou la grippe dans un mariage à 200 où dès l’après-midi tout le monde se papouille collé serré sans masque sur les toits ouvrants des voitures de location ? Oui.
    Avant que de sortir la bombe atomique sur un territoire et des dizaines de milliers d’emploi, un peu de discernement m’aurait semblé plus intelligent. Par ex, comme pour le bruit, fermer des établissements qui ne respectent que très peu les consignes sanitaires, à grand renfort de publicité, ça devrait avoir des effets. Fermer les salles de mariage également, etc.

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    • RML RML

      C est incantatoire mais faux. Ce qui empêche d attraper la groppe, ce sont les gestes barrieres. On attrape aussi la grippe à la Samaritaine ! Et au passage la grippe est moins contagieuse que la covid

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    • Karo Karo

      Mais la grippe peut être aussi mortelle

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    • barbapapa barbapapa

      @RLM : Pour ce qui est de l’incantation, il n’y a rien de magique dans ce que j’ai écrit, c’est presque mathématique, il n’est question que de distances entre les personnes et de nombres de personnes. Ces établissements sont des exemples parmi des milliers où la distanciation et les précautions recommandées sont appliquées. Les gestes barrière sont du devoir de chacun et ils y sont recommandés. Il n’y a aucune raison médicale ou sanitaire de les fermer, au contraire d’autres établissements comme les “pubs irlandais”, les boîtes de nuit, les fêtes de mariage, etc.
      Il faut que la population s’autoprotège contre le nouveau virus, mais si c’est pour empêcher de vivre, le prix est trop élevé à mon avis. En grossissant le trait, on est aujourd’hui
      dans une pensée et des comportements hérités de la secte chrétienne avec châtiment et pénitence…

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    • switch switch

      Et les dizaines de milliers d’emplois, de familles, travaillant dans le secteur événementiel, sur les mariages (lieux, photographes, vidéastes, DJ, traiteurs, wedding planners) on en fait quoi dans votre réflexion ?

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  2. MarsKaa MarsKaa

    Merci pour cet article, belle réactivité de Marsactu, il est vraiment important d’avoir ces données, posées calmement et sobrement.
    Cette crise fait aussi des dégâts politiques.

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  3. sb sb

    Une question sans doute un peu désuète : pourquoi le choix de doubler ou tripler les chambres de réanimation pour supporter les patients covid + l’activité régulière n’est il pas proposé ? Est ce que la dépense allouée par l’état serait plus importante que le dédommagement apporté aux restaurateurs et autres activités obligées de cesser ? Je n’ai pas trouvé beaucoup de réponses sur le sujet. Merci !

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    • Titi du 1-3 Titi du 1-3

      Quand on entre en réa pour cause covid, on en sort parfois vivant mais un peu cabossé.

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    • Miraflor Miraflor

      c’est exactement la question que je me pose depuis les annonces de Véran! L’état a peur que les services de réa soient saturés: évidemment quand on a que 10 places à Aix, je comprends qu’on peut vite être saturé!

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    • Hélène Hélène

      Je ne sais pas s’il faut parler de désuétude de la question. En revanche il a été dit dans ces pages qu’il n’y a ni les locaux, ni le matériel, ni le personnel (formé) pour doubler ou tripler les chambres de réanimation pour quelques patients que ce soit. L’APHM tente de recruter des infirmiers et infirmières pour la réanimation depuis la fin du mois d’août sans succès.

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    • Tarama Tarama

      Il n’y a en réalité pas d’autre question.
      Les décideurs ne veulent augmenter les capacités hospitalières car ça coûte de l’argent et qu’ils démolissent méticuleusement le système de santé depuis au moins 35 ans.
      Ils ne vont pas gâcher subitement tout ce travail pour quelques morts, et c’est tellement plus facile (et probablement jouissif) pour eux de culpabiliser la population, tout en augmentant leur pouvoir à coup d’état d’urgence.

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    • Massilia fai avans Massilia fai avans

      Effectivement, ce n’est pas une question de moyens, mais plutôt de ressources, de matériel et de logistique. Ouvrir des lits de réa nécessite un ensemble de ressources qui ne sont pas disponibles immédiatement. Cela fait donc partie de la réflection. Le plus difficile avec cette crise est que vous devez toujours anticiper des des décisions plusieurs semaines avant pour éviter de prendre de laisser un médecin choisir qui sauver.

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    • Juliette Rouchier Juliette Rouchier

      A priori d’un point de vue économique, c’est totalement gagnant. On voit mal que 30 lits en réanimation coûtent plus qu’un secteur entier au chômage à Marseille. La rationalité n’est pas de mise ici.

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  4. sb sb

    …/… Cette question au regard du taux d’occupation des lits de réanimation qui semble être le critère le plus décisif dans le choix des mesures. Mais j’imagine que c’est avant tout pour limiter coûte que coûte la propagation du virus et éviter que les patients se retrouvent en réanimation…

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  5. BRASILIA8 BRASILIA8

    Mr PAYANT le groupe scolaire Grand St Giniez est fermé depuis 48h je ne pense que le responsable soit Mr Veran par contre j’aimerai savoir ce que vous comptez faire pour la réouverture parce du coup les parents doivent garder les enfants et n’ont plus le temps d’aller à la salle de sport ni au cours de danse ni au bar ni au restaurant il doit vous falloir moins de 10 jours pour régler cette situation

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    • ruedelapaixmarcelpaul ruedelapaixmarcelpaul

      Pas sur qu’un commentaire sur un article de Marsactu soit le meilleur moyen d’interpeller un élu.

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    • BRASILIA8 BRASILIA8

      je n’interpelle pas Mr Payant j’illustre l’activité débordante de cet élu qui se fait fort de régler la situation en 10 jours

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  6. BRASILIA8 BRASILIA8

    Mme Ghali a trouvé la solution ,” Samia Ghali, 2e adjointe à la mairie de Marseille, a déclaré qu’elle allait “demander à ce que la police municipale ne fasse pas de contrôle” chez les restaurateurs qui seront ouverts ce week-end.”
    encore une victime de l’ensauvagement on demande au citoyen de base de respecter la loi mais les élus qui souvent les ont votées s’en dispensent ils est vrai qu’eux ne risquent même pas un PV à 154 €

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    • Brallaisse Brallaisse

      Encore une remarque teintée de sa profonde intelligence.

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  7. Didier Febvrel Didier Febvrel

    Pour qu’il y ait cohérence des chiffres, encore faudrait-il que toutes les institutions les aient à disposition. Par exemple, et vous avez raison, les chiffres marseillais ne sont pas colligés en routine notamment à l’échelle infra communale. D’autre part, les données hospitalières disponibles pourraient être plus fines. Par exemple, le lien entre dédoublement des cas et durée de séjour. Tout cela pour dire que le partage des données n’est pas officiellement la règle. Pourquoi? Espérons que ce ne soit pas un enjeu de pouvoir (Pas partageable avec la population) ou de défiance vis à vis des interprétations qui peuvent être données par le monde politique qui décide au bout du bout. Enfin, il faut avoir à l’esprit que toute décision dans ce domaine a des impacts sur la santé par le biais de ses déterminants, aggraver le chômage ou la perte de revenus à des impacts sur la santé. Et aussi les considérer à l’aulne de l’aggravation des inégalités sociales et territoriales de santé. Les décisions relèvent trop du domaine de la santé publique « hard » et peu du domaine de la promotion de la santé. Cela apporte de la complexité mais bon c’est complexe alors analyse et pensée complexes.

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  8. Juliette Rouchier Juliette Rouchier

    Pour info, les eaux usées sont recommandées depuis juillet comme mesure, par l’académie nationale de médecine
    http://www.academie-medecine.fr/communique-de-lacademie-covid-19-surveillance-de-la-circulation-du-sars-cov-2-dans-les-eaux-usees-indicateur-simple-de-suivi-de-la-pandemie-de-covid-19/

    Et un projet vient d’être lancé au cnrs sur ce thème
    https://lejournal.cnrs.fr/articles/covid-19-pister-le-virus-dans-les-eaux-usees

    C’est le meilleur indicateur prospectif qu’on ait en ce moment.
    MAIS nos ministres ne savent pas lire, il faut les pardonner…

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  9. Umble Escoulan Umble Escoulan

    On relit cet article avec intérêt.
    Cette crise est pour moi un vrai révélateur de la qualité des dirigeants politiques. Malheureusement peu rassurant localement. Y a t-il des exceptions qui m’auraient échappé ?

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