Au tribunal, le patron d’Ecotonia et son promoteur se disputent autour d’un nid de chouette

Reportage
le 5 Juil 2025
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Ce vendredi, le tribunal correctionnel jugeait Gérard Filippi et sa société Ecotonia, pour avoir contribué à la destruction de l'habitat de la chouette chevêche d'Athéna. Il avait fourni les études d'un promoteur qui souhaitait construire des villas à Château-Gombert.

De droite à gauche : le promoteur Benjamin Contino, Gérard Filippi d'Ecotonia et l'avocate Isabelle Vergnoux. (Dessin : Ben8)
De droite à gauche : le promoteur Benjamin Contino, Gérard Filippi d'Ecotonia et l'avocate Isabelle Vergnoux. (Dessin : Ben8)

De droite à gauche : le promoteur Benjamin Contino, Gérard Filippi d'Ecotonia et l'avocate Isabelle Vergnoux. (Dessin : Ben8)

"Huihuhu !", fait la chouette chevêche d'Athéna pour appeler ses semblables. Les neuf derniers couples des Bouches-du-Rhône qui nichent pour la plupart autour de Château-Gombert se sont peut-être passé le mot. Durant de longues heures, il est question de ce petit rapace menacé devant la sixième chambre correctionnelle de Marseille, ce vendredi 4 juillet. Comme Marsactu l'a raconté, le patron du cabinet d'expertise Ecotonia, Gérard Filippi, y comparait en compagnie de Benjamin Contino, promoteur de son état, pour la destruction de l'habitat d'une espèce menacée.

Le premier est accusé de ne pas avoir empêché le second dans son intention de démolir une bâtisse dont sa société était propriétaire, à Château-Gombert, pour y installer des villas sous le nom frelaté de Lodges du château. En septembre 2023, ce faisant, ce dernier a irrémédiablement détruit le site de nidification, ou sinon de chasse ou de repos de ce petit animal qui, peu à peu, disparaît à l'échelle nationale.

Quelques semaines auparavant, le promoteur a prévenu par mail son cabinet d'expertise de son intention de démarrer les travaux dès août, avant une première expiration de son permis de construire en décembre 2023. Il avait bien prévu quelques nichoirs pour pallier la disparition de l'ancienne bâtisse où, c'est attesté par de très nombreuses photos en sources ouvertes, notamment sur le site de la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO), un couple niche par intermittence sous les tuiles depuis au moins 2021.

Un papillon à son nom

C'est embêtant parce que Gérard Filippi, chemise et mèche blanches impeccables, se décrit lui-même comme un . . .

Benoît Gilles
Journaliste

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