Au 37, rue Thubaneau l’immeuble prend l’eau
Le 20 août, après des semaines de fuites d'eau dans tout l'immeuble, deux enfants y tombaient de 5 mètres de haut, le sol d'un appartement s'écroulant sous leurs pieds. Après des travaux imposés par un arrêté de péril, les habitants ont réintégré le 37, rue Thubaneau, sans être rassurés pour autant. Il y a 15 ans, cet immeuble comme le reste du quartier faisait l'objet d'un vaste programme de restauration immobilière.
De l'extérieur, le petit immeuble est plutôt sympathique. Façade blanc cassé plutôt fraîche et de caractère, style XVIIe siècle. Le feuillage touffu d'une plante grimpante entoure l'interphone. Elle est bien la seule à trouver son compte dans la paroi imbibée d'humidité. De mémoire de locataires, l'interphone n'a jamais fonctionné. C'est en envoyant des clés dans un gant de cuisine depuis les étages qu'on parvient à entrer.
En poussant la porte, une odeur âcre saisit les narines sans qu'on puisse exactement en identifier la source. "Le ménage a été fait hier, c'est exceptionnel", commente pourtant Alice Vezies, locataire d'un T1 au 4e étage. D'ordinaire, précise-t-elle, le sol du hall d'entrée de l'immeuble est jonché d'excréments de rats, voire de cadavres de ces mêmes nuisibles. On devine quelques traces dans les recoins, ainsi que les plinthes en bois défoncées qui témoignent d'allées et venues régulières des rongeurs.
Un état global inquiétant qui a valu plusieurs coups de frayeur à ses habitants durant l'été, jusqu'à une évacuation en urgence par les pompiers et un arrêté de péril imminent le 29 août. De retour dans leurs appartements depuis la fin septembre, les habitants ne sont pas pour autant rassurés, persuadés que les travaux effectués ne sont que superficiels.
Si le quartier de Belsunce est connu pour avoir été bâti sur un marécage au XVIIe siècle, l'humidité générale qui imbibe l'immeuble de quatre étages ne vient pas de là. Des dégâts des eaux à répétition en ont fait une éponge. Pour arriver à une situation de crise à l'été 2016. Anne-Claude Ruet, élégante locataire, qui a vécu au deuxième étage pendant un an, n'en revient toujours pas. "Pendant plusieurs semaines, il pleuvait dans les escaliers, en continu. Au téléphone, l'agence me disait : ça va s'arrêter, ça finit de couler, c'est tout."
Deux effondrements en 10 jours
Déjà, le 30 octobre 2015, elle alarmait l'agence gestionnaire Michel-de-Chabannes . . .
« La curée » de Zola serait-elle encore d’actualité ?
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