Associations et riverains du littoral Sud déposent plainte contre X pour pollution

Actualité
le 1 Juil 2020
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Ce mardi plusieurs associations de défenses de l'environnement et des riverains du littoral Sud de Marseille ont déposé plainte contre X pour mise en danger de la vie d'autrui. Ils entendent ainsi pointer l'inaction des pouvoirs publics et des propriétaires de la friche de Legré-Mante et d'autres anciens sites industriels face à la pollution avérée des lieux.

Réunis devant le tribunal, associations et riverains vivant à proximité d'anciens sites industriels déposent plainte contre X pour mise en danger de la vie d'autrui. Photo : Violette Artaud.

Réunis devant le tribunal, associations et riverains vivant à proximité d'anciens sites industriels déposent plainte contre X pour mise en danger de la vie d'autrui. Photo : Violette Artaud.

Ils ont décidé de s’en remettre à la justice. Six associations* et 22 riverains du littoral sud de Marseille ont déposé mardi une plainte contre X pour mise en danger de la vie d’autrui, abandon de déchets, destructions d’habitats d’espèces protégées et pollution des eaux. Habitants entre la Madrague et Callelongue, secteur qui comprend de nombreuses friches industrielles laissées à l’abandon, ou simplement soucieux de l’environnement, ces derniers se sont rassemblés devant le tribunal de grande instance à cette occasion.

« On n’en peut plus, cela fait 10 ans que l’on demande une intervention des pouvoirs publics », rend compte Roland Dadena, président de l’association Santé littoral sud. « Si cette plainte ne vise personne en particulier, elle vise à remonter le fil des responsabilités, notamment celles des pouvoirs publics et des propriétaires des sites pollués », complète leur avocate Julie Andreu aussi présente.

« Il faut une intervention de la justice pour faire bouger le dossier »

Alors qu’un projet de dépollution couplé à un programme immobilier est actuellement en cours de ficelage sur l’ancien site industriel Legré Mante par le fond d’investissement Ginkgo, Rolland Dadena est inquiet. Le plan de gestion de dépollution n’a toujours pas été validé par la préfecture, explique-t-il, et celui-ci n’apporte pas les garanties suffisantes de mise en sécurité des riverains. « Ginkgo ne peut être juge et partie, ajoute-il en déplorant le manque d’information de la population. Nous voulons pointer les carences et l’inertie des pouvoirs publics. Il faut une intervention de la justice pour faire bouger le dossier ». Il faut dire que par le passé, ce dossier a déjà fait des remous.

Lire notre article sur le difficile dialogue entre Gingko et les riverains.

Riverains et militants associatifs du littoral sud devant le tribunal de Marseille venus déposer plainte contre X ce mardi 30 juin. Photo : Violette Artaud.

Les associations en présence demandent le droit à l’information environnementale et aux risques d’exposition, la mise en sécurité du site de Legré Mante et la mise en place d’un plan de prévention des risques.

8 sites industriels et 12 usines

Spécialiste des questions de pollution, l’avocate Julie Andreu entend élargir le débat. « La faune, la flore, la mer, les habitants, des enfants et des touristes cohabitent dans cet espace où la pollution n’est pas visible, ancienne et volontairement cachée. Les pouvoirs publics et les propriétaires ne respectent pas les réglementations », estime-t-elle. Et l’avocate d’évoquer l’absence de panneaux d’interdiction de baignade sur la plage polluée de Samena, les cheminées rampantes où passaient jadis les fumées toxiques éventrées à l’air libre, tout comme les crassiers.

Au total, entre la Madrague et Callelongue, huit sites industriels et douze usines ont un jour fonctionné à plein régime. Un passé qui laisse forcément des traces. « Plomb, arsenic, mercure et surtout amiante, il y a des rapports qui prouvent la présence de polluants, défend Julie Andreu. Qu’est-ce qui va se passer demain s’il n’y a pas de projet de réhabilitation ? Personne ne veut le dire parce que c’est un petit coin de paradis, mais certains plaignants ont des problèmes de santé, d’anxiété. Si la préfecture, la mairie, le conseil départemental ne respectent pas leurs obligations de protection des administrés, ils doivent être condamnés. » Il revient désormais au parquet de décider s’il souhaite donner suite à cette plainte et l’instruire.

 

*Santé littoral sud, Union calanques littoral, SOS nature sud, FARE SUD, association des Naturistes Phocéens, CIQ de Sainte-Anne.

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Commentaires

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  1. Electeur du 8e Electeur du 8e

    Parmi les associations plaignantes, s’agit-il bien du CIQ de Ste-Anne ? Il s’occupe d’un quartier qui n’est pas à proprement parler sur le littoral et, sauf si quelque chose m’échappe, ne comporte pas de friche industrielle polluée.

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  2. kalev kalev

    Effectivement que vient faire là le C.I.Q.
    Ste Anne ???

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