Ambiance de fin de cycle au conseil municipal de rentrée

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le 7 Oct 2013
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Cela sentait le pétard mouillé dans l'hémicycle, pour ce conseil municipal de rentrée. Le menu du jour promettait un long feu d'artifices d'interventions pugnaces avec 378 délibérations à voter, deux rapports de la chambre régionale des comptes (CRC) mis au débat et, au centre, le chantier polémique du stade Vélodrome, critiqué par les magistrats. La presse nationale était descendue pour l'occasion avec de l'OM et des millions à titrer pour le 20 heures. Mais le sous-sol de la place Bargemon doit être sujet à l'humidité : la flamme a fait long feu avant de s'éteindre dans un bruit de boisson gazeuse éventée. Seul le conseiller FN Bernard Marandat a réussi à épuiser son temps de parole (2 minutes). Fait rare : tous les groupes avaient encore du temps au compteur malgré le nombre de rapports présentés.

Certains mettront cette absence de pugnacité sur le compte du changement de présidence du groupe Faire gagner Marseille. Après Patrick Mennucci, puis Christophe Masse quelques mois, c'est Félix Weygand qui en assume la charge pour les derniers conseils avant la fin de l'année. S'il a tenu son rôle avec rigueur, il n'a pas la puissance vocale du premier, mais partage en revanche le goût de l'opposition constructive du second. Ainsi sur le rapport de la CRC concernant la gestion de la ville, il remarque qu'il "n'y a rien de pénalement répréhensible pour ce qui concerne notre collectivité" et note plus loin que les "rédacteurs des rapports ont pris quelques libertés" en jugeant de l'opportunité politique de telle ou telle action. Deux arguments que Jean-Claude Gaudin développe à l'envi dès qu'il est question du contrôle de la chambre. Pour le reste, il revient longuement sur les points où l'analyse de la chambre recoupe ceux de l'opposition.

Absentéisme en série

A sa décharge, il avait autour de lui des bancs fort clairsemés. Visiblement, dans tous le groupes d'oppositions, certains conseillers ont jugé opportun de sécher ce conseil à quelques mois du premier tour des municipales. Et ceux qui étaient présents ne le sont pas restés longtemps. La plupart des candidats aux primaires socialistes ont quitté tôt l'hémicycle pour aller réviser leurs fiches au calme en prévision du débat télévisé enregistré dans l'après-midi. Sur les bancs de la droite, les moqueries fusent. Seul Patrick Mennucci est resté jusqu'au bout. Après la séance, il se félicitait de son choix : "Franchement, assister au conseil, c'est la meilleure manière de se préparer". D'autant plus qu'avec les bancs dégarnis et un temps de parole encore conséquent, il pouvait s'offrir le numéro de duettiste avec le maire qu'il a alimenté pendant tant d'années.

Cela a notamment été le cas sur rapport 340 qui propose l'achat d'un ensemble immobilier situé sur le périmètre d'Euroméditerranée II. Après que Félix Weygand a demandé le retrait du rapport, faute de temps le préparer sereinement, son prédécesseur monte à l'attaque en s'étonnant notamment que la Ville choisisse d'acheter un terrain alors qu'elle en possède un de la même surface dans le même périmètre. Comme il l'a fait de nombreuses fois ces derniers années, Jean-Claude Gaudin mime l'énervement : "Vous n'êtes pas encore dans mon fauteuil et moi j'y suis encore pour longtemps". Mennucci répond du tac-au-tac : "Ah bon, je croyais que c'était 3 ans pour vous, et 3 ans pour Yves Moraine. On dit même que le candidat de la droite, c'est Gauraine…" Le président du groupe UMP s'énerve à son tour. Mais ce n'est pas son conseil.

Le choeur des fidèles

En effet, par un curieux effet tournant, ce ne sont pas seulement les cavaliers légers de la majorité – notamment le président de groupe Yves Moraine, auréolé de sa nouvelle écharpe de maire du 6/8 – qui montent à la charge mais l'ensemble des fidèles du gaudinisme qui, un par un, viennent défendre le bilan de la municipalité et les chantiers encore à venir. C'est l'argentier Jean-Louis Tourret qui répond à Félix Weygand, Jean-Marc Coppola et Karim Zeribi sur le rapport de la chambre. La discrète Colette Babouchian reprend le chemin de la crèche pour y défendre mordicus les chiffres de la Ville contre ceux de la CRC. Hélène Venturino vient vanter les efforts de la municipalité en termes de réduction de gaz à effets de serre, Bernard Susini vante la prochaine boucle à eau de mer. Danièle Casanova fait le bilan de la politique scolaire, Valérie Boyer celui de la politique de la ville, et même Marie-Louise Lota dont les interventions en conseil se comptent sur deux doigts monte à l'assaut de la fracture nord/sud sur la question des transports.

Dans ce choeur de louanges, il faut une pointe d'émotion, elle sera consacrée à Michel Bourgat qui, avec la nouvelle unité d'hébergement d'urgence, présente son dernier gros dossier avant son retrait de la vie politique. "Il ne m'a pas demandé mon avis là-dessus parce que je l'aurais incité à poursuivre", note le maire avant de tresser une belle couronne au "docteur". Même l'opposition y va de son couplet positif par la voix du maire de secteur Garo Hovsepian qui salue là un élu de son secteur qui "fait fi des dogmatismes". Las, cela ne suffira pas à Michel Bourgat pour obtenir l'unanimité sur les deux rapports qu'il présente.

Peu importe pour le maire, seule compte l'unité de sa majorité : "Nous sommes partis à 51 au début de cette mandature, nous finissons un peu plus nombreux. Mais nous finissons dans une unité dont ils ne font pas preuve", dit-il en montrant le camp de la gauche. Il compte en ralliement l'ancien Modem, Patrick Zaoui et la nouvelle transfuge, Elisabeth Saïd qui a rejoint les rangs de l'UMP et applaudi avec la ferveur des convertis. A l'appel de l'unité, manque Robert Assante. Visage fermé, le maire des 11e et 12e, est en rupture. Le camp du maire le lui rend bien en le battant froid. Comme bien d'autres, il est parti avant la fin. Comme si, pour lui aussi, tout cela n'a que trop duré. "On sent vraiment la fin d'un cycle, glisse la sénatrice et maire Samia Ghali qui n'a pas pris la parole et s'est éclipsée assez tôt. Certains élus sont déjà passés à autre chose". En politique, pour la plupart, ce temps d'après est toujours une élection.

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Commentaires

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  1. cani cani

    Ras le bol de ces élus qui quittent l’hémicucle

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  2. cani cani

    Ras le bol de ces élus qui quittent l’hémicycle

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  3. savon de Marseille savon de Marseille

    Le PS a donc globalement déserté l’hémicyle pour un conseil municipal . Et le plateau TV n’excuse rien, c’était le soir ! : quand on a de telles ambitions pour Marseille , on se doit d’être présent aux 2 . +1 point à Ménnucci.

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  4. Anonyme Anonyme

    Pitoyable !!!! Honte à ces politiciens au rabais,les marseillais ne méritent pas un tel dédain ….

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  5. Anonyme Anonyme

    Mennucci c’est le seul qui soit cohérent,il assume son mandat.

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  6. Anonyme Anonyme

    Confirmation qu’aMarseille seule la politique politicienne est prioritaire pour les élus socialistes.Lorsqu’un debat de fond se présente, l’absentéisme est la réponse adéquate!!! Encore une manifestation de mépris pour leurs concitoyens et l’exercice courageux de la démocratie. Confirmation de la conclusion du dernier Complément d’enquête : a Marseille , rien ne changera. Précision utile a ce commentaire: je vote socialiste depuis 25 ans sauf pour les élections municipales ou le vote blanc est malheureusement le seul possible.

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  7. Manipulite Manipulite

    Un refus de jeu qui n’est pas à l’honneur de ceux qui sont encore élus jusqu’en 2014. Bravo à Menucci d’avoir respecté les obligations de son mandat. Les autres se sont déconsidérés une fois de plus.

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  8. Anonyme Anonyme

    “pendant temps d’années” c’est joliment poétique, mais pas très correct

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  9. or1984 or1984

    Il faut arrêter le masacre! Il faut mettre en place une pétition afin d’exiger de l’État la mise sous tutelle de la ville , aucun de nos politiciens véreux ne changera de direction ,ils continuerons ces projets ruineux au seul bénéfice de certains promoteurs

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  10. piqueboufigue piqueboufigue

    ssister au conseil municipal pour un eleu devrais etre obligatoire,sinon qu il rende sa cocarde.c est de moquer des electeurs.

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  11. Anonyme Anonyme

    Ce qu’il y a de bien au conseil municipal, c’est quand je les entends, tout va bien tout est merveilleux. Les marseillais se plaignent, Il n’y a pas de transport en commun valable faux rétorque le Maire, il y a le tram qui double le métro et qui va être prolongé c’est parce qu’ils ne savent pas ouvrir les yeux pour voir toutes les belles choses qui sont réalisées. Il n’y a pas de place en crèche faux rétorque l’élue il y en a 65 000 pour qui : les amis. La mairie fait beaucoup pour les nécessiteux elle leur apporte de l’eau du café des couvertures l’hiver, mais se souci guère quand les malheureux dorment sur le palier des riverains. La ville n’est pas propre, c’est pas nous, c’e’st MPM le touriste qui vient 2 jours il ne sait même pas qui c’est MPM. L’assassinat du petit Jérémie 22 ans Le Maire a contacté la famille, cela leur fait une belle jambe pendant les vacances du Maire la famille aurait aimé que leur fils ne soit pas agressé en pleine rue par je ne sais qui, en pleine ville à 100 m du commissariat merci la vidéo surveillance. Et voilà tout est ainsi il y a toujours une bonne réponse comme la méthode Coué, après on se sent mieux. mais c’est illusoire, les marseillais restent avec leurs problèmes quotidiens, incivilité permanente, saleté, poivrots mendiants qui urinent partout, faute de toilettes publiques

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  12. Le Cabanon Le Cabanon

    Tous ces commentaires sentent les équipes Web des candidats socialistes aux Primaires …. Et plus particulièrement les groupies de Menucci. C’est fou pas un seul commentaire sur le fond, sur l’équipe de bras cassés totalement transparents d’habitude que Gaudin envoi aux combats dans ce conseil. Moraine n’ouvre pas la bouche, surprenant, Teissier non plus …. J’ai regardé sur le web le conseil, et c’est amusant de voir le petit jeu de certain :
    Samia Ghali arrive en cours de Conseil,
    Mennucci se déplace et fait du vent durant les interventions de ses collègues, et ne pense qu’à son opération com: rester jusqu’au bout du conseil en le faisant largement savoir mais omettre de parler de ses très longues absences durant les …. 4 premières heures ! Il s’est bien joué du pipeau.
    Zeribi fait du Zeribi : vide
    Weygand assure sa nouvelle responsabilité,en rondeur mais se paye tout de même le luxe de donner une leçon aux adjoints UMP sur les Campus.
    Caselli fait le strict minimum, c’est à dire rien.
    Masse se saisie de nouveau du volet sécurité et soutien le nouveau Président du Gpe en applaudissant les interventions suivi par d’autres élus mais pas tous, c’est fou certains élus socialo ont du mal avec l’esprit d’équipe.
    Bon tout ce cinéma fait la par belle à Gaudin qui se voit qualifier de nouveau en 2014.

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