Voeu pour la campagne
Ça y est, la campagne présidentielle a commencé.
Encore une fois, la campagne présidentielle va tourner autour des propositions et des programmes. Ces propositions seront discutées, débattues, décortiquées, chiffrées et contre-chiffrées jusqu’à l’élection. Et une fois l’élection passée, elles seront presque toutes oubliées.
Tel que la politique est pratiquée aujourd’hui, ces programmes ne servent à rien d’autre qu’à meubler. Pourtant, je n’ai pas besoin de programme pour savoir ce que fera Mélenchon, Attal, ou Le Pen s’iels arrivent au pouvoir. On les connaît, on sait ce qu’iels pensent, on sait qui sont leur soutien. On sait à quoi attendre avec une politique de gauche, de centre ou de droite. Et même pour l’extrême-droite, on voit bien ce que font Trump, Milei, Poutine… (et il n’est malheureusement pas inutile de se rappeler de ce qu’ont fait les nazis, car on a vu récemment qu’il y en a encore plein de nostalgiques). Et on sait que les programmes ne sont que des promesses qui n’engagent que ceux qui y croient, c’est-à-dire plus grand monde.
Ce que cache cette fascination journalistique pour les programmes, c’est l’idéologie. Ces petites propositions permettent de ne pas parler du fond. Du vrai fond. De quelle société on veut, de comment on y arrive. Des grandes idéologies.
Je rêverais d’une campagne qui soit beaucoup plus centrée sur les idéologies.
Quelle société les candidat.e.s veulent dans 5, 10, 50, 100, 1000 ans ?
Et quel est plus ou moins le chemin qu’iels pensent poursuivre.
C’est ça qui m’intéresse.
Je pense que cela pourrait intéresser beaucoup de gens. Cela permettrait aussi de voir quelles sont les grandes différences entre les candidat.e.s.
Je crois qu’une des causes de la désaffectation pour la politique (vu avec l’abstention) c’est le « ils sont tous pareils » Remettre de l’idéologie montrerait leur différences. Remontrerait qu’est-ce que c’est la droite, la gauche, le centre.
Et enfin, cela permettrait aussi aux citoyennes et citoyens de se poser la même question, qui est primordiale. Du coup en conclusion, je vous pose cette question :
Quelle société, quel monde, vous voulez, dans 10, 50, 100, 1000 ans ?
P.S. : Et pour commencer je vais y répondre moi-même. La société que j’aimerais, c’est qu’on arrive à des systèmes vraiment démocratique. On a des moyens techniques exceptionnels qui permettraient d’avoir un système de gouvernance démocratique, où l’on arrête de laisser le pouvoir entre les mains de quelques-uns. Cette transformation pourrait être assez rapide. A plus long terme, je vois bien une société sans pauvreté, sans sans-abri. Comme il s’agit d’un article politique, je vous demande de ne pas regarder ça comme un discours pieu, à la Miss Monde, mais bien comme une réflexion politique. Comment faire réellement pour avoir une société sans pauvreté, sans exclusion ? Cela passe par une redéfinition même de la richesse, ainsi que par une universalité totale. Encore une fois, je parle d’un projet pas forcément atteignable de mon vivant. Mais je suis convaincu qu’il est temps, pour l’humanité en général, de se poser cette question. On est dans un moment où notre survie en tant qu’espèce ne semble plus menacée par notre environnement. Notre survie ne dépend plus que de nous. Il faut donc que l’on réfléchisse à comment survivre et mieux si possible à comment vivre ensemble.
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