Vivre plus longtemps pourrait nuire à l’économie en PACA

Billet de blog
Le Sonar
4 Déc 2018 0

Une étude prévisionnelle de l’INSEE alerte sur un potentiel phénomène vieillissement de la population en région Provence-Alpes Côte d’Azur, de 2013 à 2030. Cette tendance pourrait être due notamment à l’arrivée aux grands âges des baby-boomers, et serait susceptible d’avoir à long terme un impact négatif sur la santé économique de la région.

De plus en plus de séniors choisissent la région Provence-Alpes Côte d'Azur pour profiter de leurs retraites // cc.
 

L’Insee a publié l’an dernier une étude sur l’évolution démographique en région Provence-Alpes Côte d’Azur (PACA) et il faut dire que les résultats ne sont pas très encourageants… L’établissement en a tiré des projections territorialisées pour 2030, reposant sur le prolongement des tendances actuelles. Trois composantes ont été prises en compte : la fécondité, la mortalité, et les migrations internes et externes.

Plusieurs résultats interpellent, notamment une tendance générale au vieillissement de la population en région PACA, en partie dû à l’arrivée aux grands âges des baby-boomers – la tranche de la population née pendant la période faste qu’à connu la France entre 1945 et le début des années 1970 – mais aussi à la baisse du nombre de femmes en âge denfanter.

Selon l’institut, le nombre de seniors (les personnes âgées de plus de 65 ans), pourrait augmenter de 35% sur la période étudiée et seraient près de 1,37 millions en 2030. La part des séniors représenterait alors 27% en 2030, contre 21% en 2013.

 

La région pourrait compter plus de 5 millions d’habitants en 2030, ce qui correspond à 12 500 habitants supplémentaires en moyenne par an. Il est important de préciser que les résultats démographiques varient fortement en fonction des territoires. L’étude a divisé la région en 4 systèmes territoriaux distincts : le système Alpin, Rhodanien, Provençal et Azuréen. Pour donner un exemple chiffré des disparités démographiques en fonction de ces systèmes, le rapport pointe que la population augmenterait trois fois plus vite dans l’espace Alpin que dans l’Azuréen. Une tendance est cependant observée dans l’ensemble de ces quatre entités territoriales : la population âgée de 65 ans ou plus sera plus importante en 2030 qu’en 2013.

La population de plus de 75 ans, dite du «4ème âge » augmenterait aussi. Dès 2030, un habitant sur 6 aurait plus de 75 ans dans le système Alpin.

 

Une diminution du solde naturel de la région

 

On remarque une tendance générale à la du diminution du solde naturel de la région. Il s’agit différence entre le nombre de naissances et le nombre de décès. Après 2030, la population régionale n'augmenterait plus que de 8 100 habitants par ans contre 12 500 d’ici à 2030. Ce phénomène de ralentissement de la croissance démographique tendrait à s’homogénéiser peu à peu entres les systèmes territoriaux. Selon les projections de l’INSEE, le solde naturel deviendrait négatif dans la région autour de 2040.

 

En 2050, près d’un tiers de la population régionale aurait 65 ans ou plus. A cette date la région Provence-Alpes Côte d’Azur compterait 147 habitants de 65 ans ou plus pour 100 de moins de 20 ans.

 

Ces résultats sont assez inquiétants pour l’une des régions les plus célèbres et attractives de France. Pourtant, il est assez simple de trouver une explication à ce phénomène. Plus le temps passe et plus les générations de baby-boomers vieillissent à l’échelle nationale. Une tendance qui est particulièrement marquée dans la région Provence-Alpes Côte d’Azur où les seniors ont pris l’habitude de s’installer, préférant le soleil et le climat du Sud de la France. Ce choix des générations âgées a eu pour conséquence un exode des métropoles vers des territoires plus reculés où les domaines privés sont plus grands et agréables à vivre. Les jeunes générations ne parviennent pas à s’installer de façon pérenne dans les logements et locaux laissés libres puisque la présence des seniors dans la région a entraîné une augmentation des prix de l'immobilier. Les jeunes n’ont d’autre choix que de partir vers d’autres régions françaises, plus attractives.

 

Les résultats présentés par l’INSEE ont aussi un impact sur l’emploi dans la région Provence-Alpes Côte d’Azur. L’Institut pointe une baisse de la population d’âge actif de 191 000 personnes d’ici à 2050, c’est à dire les personnes âgées de 20 à 65 ans. Elles représenteraient alors seulement 48,9% de la population régionale. C’est la première fois que ce chiffre passerait sous la barre symbolique des 50%.

 

22,3 millions de personnes de plus de 60 ans en 2050

 

En 2050, il y aura 22,3 millions de personnes âgées de plus de 60 ans, contre 12,6 millions en 2005, selon l’INSEE. Une hausse importante (environ 80% en 45 ans) qui, en plus de proposer des défis sur le financement des systèmes de retraites, force aussi à repenser l’activité économique du pays.

La plupart des secteurs d’activité sont concernés par l’impact du vieillissement de la population : la santé, les transports, l’alimentation ou encore le logement. Une économie propre aux personnes âgées se met progressivement en place pour répondre à leurs besoins : l’économie du vieillissement. Surtout, la hausse du nombre de personnes âgées réduirait forcément celui des travailleurs. Qui dit moins d’actifs dit aussi croissance ralentie.

Plusieurs pays occidentaux font déjà face à des problèmes démographiques. Pour le résoudre, certains comme l’Allemagne ont utilisé le flux de migrants. Une solution polémique dans le débat public. Si cette idée est complexe à mettre en place, tout comme l’accroissement de la natalité, une alternative existe : l’accroissement de la participation des femmes sur le marché du travail. Elle est effectivement encore très inférieure à celle des hommes. Une telle politique pourrait alors être en mesure d’infléchir le ratio entre les actifs et les inactifs.

 

C’est aux représentants politiques de faire des choix pour essayer d’améliorer la situation dans la région Provence-Alpes Côte d’Azur. L’étude publiée par l’INSEE devrait d'ailleurs servir de base pour apporter des réponses adaptées.

 

                                                       Lucie De Perthuis, Thomas Vichard et Bastien Thomas
 

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