VERUM MEAM*

Billet de blog
le 6 Fév 2020
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AD HOMINEM

Les campagnes se lancent et les bonnes vieilles pratiques bien rances reviennent comme les maladies saisonnières. Ces mauvaises habitudes sont elles aussi responsables de la désaffection générale à l’égard de la politique ou plus précisément des politiques. On fait appel à des spécialistes sachant se déplacer furtivement dans les égouts de la vie publique et privée des adversaires, pour s’assurer qu’on a des “biscuits” pour disqualifier ses adversaires. L’honneur, la droiture et l’intégrité sont des qualités sans contestation possible, mais pas dans cette discipline si particulière. Non, il faut être menteur, torve, agressif et complètement dénué de scrupules. Et si la cible ne prête pas forcément le flanc à la critique, il faut trouver un angle d’attaque, aussi dérisoire ou malhonnête soit-il. Qu’importe le flacon pourvu qu’on ait l’ivresse. Me concernant, non pas que je me prenne pour un astre lumineux ou que ma notoriété soit celle des Beatles ou d’Aya Nakamura pour les plus jeunes, j’occupe la fonction depuis septembre dernier de Chef de File LFI à Marseille. Cette position me place parmi les protagonistes de cette campagne. Je ne réexpliquerai pas mon positionnement politique, il est clair et colle tout bonnement à la ligne du mouvement auquel j’appartiens. Ligne avec laquelle, à l’intérieur et à l’extérieur de la FI, j’admets la contradiction. J’ai des arguments solides et je respecte sans démagogie les divergences quand elles s’expriment dans le cadre démocratique posé par les votes et les décisions d’assemblées. Ce qui est moins acceptable, c’est la focalisation sur les personnes et non plus sur les stratégies, les prises de positions publiques ou les idées. On dit que je délivre des “brevets de vertu”. Lors même que je n’ai jamais attaqué les personnes sur leur passé ou sur leurs parcours. Je parle toujours de politique (trop peut-être ?) et je juge les actes et les décisions prises en responsabilité. Je ne suis pas psychologue et je ne sais pas sonder les âmes des gens. En tant que responsable politique, le fait qu’ils soient sympas, rigolos, beaux, laids, grands ou petits ne m’intéresse pas. Nous sommes en campagne et ces contingences n’ont rien à voir avec ce qu’attendent nos concitoyens. S’agissant de moi, on essaie de rayer d’un coup de marqueur noir près de 20 ans de militantisme associatif et politique pour forcer le trait sur une erreur politique, une tâche dans mon parcours. Encarté chez Les Verts à l’époque en 2008 et en conflit avec la tendance majoritaire j’ai commis la faute de participer à l’élection sur les listes « Démocrates et Écologistes » sans jamais rejoindre le Modem.   Et pour ne pas trop m’étaler sur cette question qui anime avec délectation mes détracteurs, je le dis sans pudeur, c’était une erreur et je n’ai besoin de personne pour comparaître et plaider coupable chaque nuit au tribunal de ma conscience !. Cette fois-là je n’étais pas en accord avec moi-même et me suis laissé submerger par ma colère. Depuis, je ne suis que mon cœur et mes convictions, sans plus jamais y déroger ! On affiche ma photo aux cotés de gens  avec qui j’ai rompu politiquement et dont la direction politique est diamétralement opposée à la mienne, sans bien sûr le préciser ! Tout mon engagement, mes combats, mes textes, les luttes que j’ai soutenues et les idées que j’ai avancées sont ainsi balancés aux orties, et le nom de mon père marqué du sceau de l’infamie par des apprentis inquisiteurs… Je le dis trivialement mais je le dis quand même : “quand on monte à l’échelle, il vaut mieux avoir le cul propre !”. L’idée sous tendue derrière “l’exhumation” de ce “dossier” dérisoire est que les militants des QP et leurs parcours parfois interlopes ne sont ni fiables, ni crédibles. Comme si aujourd’hui l’apparatchik devient le maître étalon de l’engagement politique. Les mêmes qui me critiquent le font-ils de Hugo qui a commencé monarchiste et a fini par défendre les communards ? Le font-ils de Jaurès qui part du centre droit pour devenir le monument que nous savons ? Le font-ils de Ben Barka qui commence au palais et fini martyr de la tri-continentale ?  Doucement, je ne me compare même pas à la poussière sur la semelle de ces grands hommes. Mais le raisonnement est reconductible ! Je me revois il y’a quelques années assis devant un cadre politique qui m’expliquait que son parti lui avait tout donné. Je lui avais répondu que moi, en tant que militant politique des QP, les partis m’avaient surtout beaucoup pris. On explique aussi que je suis, avec mes camarades, un militant professionnel. C’te blague, entendre ça c’est tout de même le comble de l’ironie. Voilà 20 ans que je paye mon essence, mes billets de train, les sandwiches suspects et les boissons pas très fraîches partout où je vais. 20 ans que je participe, à la hauteur de mes moyens, à toutes les actions de solidarité dès que je le peux. 20 ans pendant lesquels j’ai enchaîné les journées de travail harassantes et les réunions, les tractages de jour et les affichages de nuit entrecoupées de nuits de garde. 20 ans que je fais passer cette vie de militant chronopathe et que je vole ce temps à mes enfants, à ma femme, à mes parents et à mes amis ! 20 ans de victoires, de défaites, de larmes, de rires, de sel et de pain partagé. 20 ans dont je ne regrette pas une seule seconde. Mais 20 ans que j’ai choisi ce chemin par conviction et sans aucune relation alimentaire au dit engagement. Donc pour le professionnalisme il faudra repasser… On chuchote aussi dans mon dos plein de mots en “iste”. Mais si vous savez ! Communautariste, Islamiste et pleindechosiste qui font peur. Pour être clair, net et précis sur ce point de sémantique, le mot communautariste est bien sûr simplement la traduction du bon vieux “sale arabe”. Je suis de la 2ème génération d’immigrés dans ma famille et je vivrai toujours avec cet inconfortable complexe identitaire. Non pas dans ma tête, mais dans le regard, le jugement et les blagues de mes interlocuteurs. Ça ne m’empêche pas de vivre et quand je vois l’absence de questionnement de mes filles à ce sujet, je sais que les choses avancent dans le bon sens. Mais pour les accusations de communautarisme et la traduction lapidaire que j’en fais, c’est que depuis que j’ai l’outrecuidance de me préoccuper ou de m’occuper de politique, cette antienne resurgit à intervalles réguliers. Il y a un travail de socio-psychologie profond à réaliser sur celles et ceux qui ne trouvent rien d’autre à dire pour “chauffer leurs copains”. Peut-être faut-il convoquer Fanon et ses travaux ou trouver un digne héritier qui se penche sur la question. Les seuls vrais communautaristes que je connaisse portent des costumes cravates et adaptent leurs discours en fonction du public auquel ils parlent, vous en connaissez aussi je présume ? Mes textes et mes paroles sont là pour témoigner de ma fibre universaliste (même si le mot est galvaudé). Les plus convaincus ressortiront le concept de “double discours” et pour ceux-là je ne peux plus grand-chose. La phase terminale de la mauvaise foi c’est la haine, et la haine n’apporte jamais de solution.  J’espère encore que la raison va revenir et que les boules puantes, les rumeurs, les calomnies vont cesser. Parce que ce sont ceux qui mènent les campagnes qui décident du ton qu’ils souhaitent donner à ladite campagne. J’entends moi aussi des “oiseaux” gazouiller des drôles de chansons, j’entends qu’on pose des dossiers sur des bureaux, qu’on les cachète et qu’on les met en attente d’expédition vers les rédactions diverses et variées qui trépignent d’impatience. Je ne prête aucune attention à ces dires et médires, et je continue de prier pour que le débat s’élève et que nous commencions enfin à parler de ce qui nous oppose et de ce qui nous rassemble en tant que MarseillaisEs.

UNIR !

Je termine par ces quelques lignes pour dire mon attachement à la FI, parce que je ne l’ai pas fait publiquement et que la confiance que m’ont donnée les InsoumisEs Marseillais et le National participe de ce long chemin vers la dignité et l’égalité des droits qui est l’argile, la glaise de mon engagement militant. Je remercie mes camarades du Pacte pour cette révolution dans l’exercice de la politique qu’ils mettent en pratique depuis Juillet dernier ! Cette aventure politique du Pacte survivra à ces municipales parce qu’elle contient l’ensemble des ferments du municipalisme et du renouvellement des pratiques politiques ! Je remercie aussi les amis de Debout Marseille qui nous ont collectivement traités avec respect dans les discussions qui ont finies par aboutir à la création de cette liste unitaire sur le 7ème secteur. Le respect est le socle de la confiance et il est la garantie de la sérénité et de la salubrité d’une démarche politique! Faire de la politique c’est aussi parfois se mettre en danger et croiser des gens avec qui nous ne sommes pas d’accord sur tout. L’histoire de cette municipale s’écrit aujourd’hui aussi et n’en déplaise, avec cette liste « UNIR ! » . Une liste qui n’est pas ma liste, mais celle de l’ensemble des colistiers du 1er jusqu’au  48ème. Cette liste est celle de l’ensemble des Marseillaises et des Marseillais de notre secteur, qu’ils habitent dans les quartiers populaires ou dans les noyaux villageois. Il est temps de réparer, de soigner ce secteur  sinistré par les politiques de la Mairie centrale, par l’abandon de l’état, mais aussi par la municipalité de ce secteur dirigée par un imprécateur, démagogue, xénophobe et sexiste.  Ça peut passer inaperçu, mais je vois la confiance dans le regard de mes camarades et cela rajoute au poids qui pèse sur mes épaules. Il y a 15 ans quand, avec quelques copains, nous avions monté le collectif Quartiers Nord/Quartiers Forts, cette question de la reconnaissance des militants de quartier par les organisations politiques était déjà transversale dans nos débats. Je mesure parfois avec lassitude tout le chemin parcouru, toutes ces discussions, ces remises en causes, ces controverses, les camarades qui détournent aujourd’hui le regard et ceux qui nous embrassent. Je vois et je lis la bienveillance tant que nous restons confinés au rôles d’acteurs associatif qui semble nous être réservé. Je le compare à la brusque malveillance qui surgit lorsque l’on ose « faire de la politique ». Je mesure ce chemin qui m’a mené jusqu’à revendiquer mon statut de responsable politique et l’insigne honneur de porter la tunique de la liste « UNIR ! » dans la bataille à venir. Hugo (encore lui) disait qu’il était l’homme d’un principe et pas d’un parti. Ce principe je le retrouve tout entier dans cette liste qui renversera les schémas établis !

Bien sûr je réponds une fois pour toutes, les polémiques je les laisse à ceux qui semblent ne pas avoir autre chose à faire…Avec « UNIR! » nous avons une Mairie à reprendre!

 

 

Mohamed BENSAADA                                                           Marseille, le 6 Février 2020

*Ma Vérité.

 

 

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