Une tambouille sans chef

Billet de blog
le 6 Déc 2021
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Cette semaine, la droite locale affaiblie et divisée.

À l’issue d’une campagne confuse et droitière, les adhérents de Les Républicains (LR) ont choisi leur champion·ne pour la présidentielle : il s’agira de la Présidente de la Région Île-de-France, Valérie Pécresse qui l’a emporté face à la surprise Ciotti, tenant d’une droite zemmouro-compatible. 

À l’échelle locale, cette séquence a permis de dresser le constat d’un appareil exsangue, sans direction, ni contenu, ni militant, ni perspective. La fédération départementale qui comptait entre 15 et 10 000 adhérents à la fin des années 2000 n’en compterait que 6 000 et encore, relève Coralie Bonnefoy, ce chiffre serait artificiellement « gonflé » par la primaire. Vidé de ses militants, le parti est également déserté par ses chefs. 

Et d’abord par Renaud Muselier, à la tête de la fédé depuis le printemps dernier, qui claque la porte. Il avait été tancé par une partie de sa base et de l’appareil national lorsqu’il avait ouvert sa liste des régionales à des membres de LREM. La deuxième secousse est intervenue lors du congrès des Maires lorsqu’il s’était prononcé en faveur de l’UDI Philippe Laurent contre le LR David Lisnard. La troisième et définitive querelle intervient lors de la primaire. Alors qu’il avait qualifié Eric Ciotti de « faux-nez de l’extrême droite » et annoncé voter pour Xavier Bertrand, ce dernier lui refuse ce soutien en raison de son « amitié » avec l’ancien président du conseil départemental des Alpes-Maritimes. Au-delà de ces brouilles, chacun comprend que le départ du « bébé Chirac » acte un désaccord de fond avec une orientation de plus en plus droitière d’un parti dont le centre de gravité s’est sensiblement déplacé sous le double effet de répulsion à l’égard de la majorité Macron et d’attraction vers le « moment » Zemmour-Le Pen. Une évolution palpable localement comme l’illustre ce lapsus d’un Ciotti remerciant à l’issue du premier tour « Stéphane Ravier » confondant le sénateur frontiste avec l’ancien maire du 11-12.

Mais le coup le plus dur et aux effets plus durables pour l’appareil local de LR est le départ de l’historique bras droit de Renaud Muselier et fin connaisseur de la pulitichella marseillaise, Bruno Gilles. Le voilà parti à Horizons rejoindre Edouard Philippe et laissant les cadres du parti orphelins – alors que celui-ci est toujours maître de la Métropole et du département. Qui pour compter les cartes et relever ceux qui manquent à l’appel ? Qui pour calculer les équilibres ? Qui pour punir les défections et récompenser les fidèles ? Voilà LR sans chef ni tacticien. Le programme et les idées ? Plus tard. S’il est encore temps.

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