“Se déplacer en bus à Marseille ne devrait pas être un combat”

Tribune
le 20 Mai 2026
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À Marseille, prendre le bus en fauteuil roulant, avec une poussette ou simplement en vieillissant, relève du parcours du combattant. Rampes en panne, trottoirs inaccessibles, chauffeurs non formés : vingt et un ans après la loi de 2005 sur le handicap, la deuxième ville de France continue de priver une partie de ses habitant·e·s de leur droit élémentaire à se déplacer. Le Collectif des Habitant·e·s Organisé·e·s du 3e arrondissement (CHO3) dit stop et lance la campagne "Droit au bus".

Alors que Marseille est la deuxième plus grande ville de France, elle accuse un retard criant sur l’application de la loi du 11 février 2005 pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes en situation de handicap. En particulier, notre ville doit respecter l’article qui l’oblige à rendre accessible toute la chaîne de déplacement aux personnes en situation de handicap ou à mobilité réduite.

Aujourd’hui, cela fait plus de 21 ans que cette loi existe. Pourtant, pour les personnes en situation de handicap, chaque déplacement en bus reste un combat faute de politiques publiques et d’une volonté politique suffisantes.

Notre campagne pour rendre Marseille accessible à toutes et à tous ses habitant·e·s se concentre sur les bus. Pourquoi ? Parce que c’est le moyen de transport le plus utilisé, et parce que le responsable politique est visible : la Métropole Aix-Marseille-Provence. Le métro est quant à lui peu accessible et le tramway ne dessert pas tous les quartiers. Face à ces transports validistes, le bus reste donc le seul moyen de déplacement pour beaucoup d’habitant·e·s. Pourtant, aujourd’hui à Marseille, la rampe d’un bus sur quatre, parfois même d’un bus sur trois, ne fonctionne pas.

À Marseille, sortir de chez soi pour aller à la plage, aller au cinéma, à un rendez-vous médical, retrouver nos proches ou travailler… suppose une véritable stratégie. Il faut anticiper, prévoir, partir deux heures à l’avance. Nous attendons trop fréquemment deux ou trois bus : soit le trottoir n’est pas accessible, soit le bus n’a pas de rampe, soit le chauffeur ne sait pas utiliser les commandes pour la rampe, soit les boutons d’assistance ne fonctionnent pas. Et cela arrive en plein hiver, sous la pluie, mais aussi avec la chaleur en plein été.

Souvent, il faut lever la voix pour demander la rampe. Lorsqu’on peut monter, on ne peut pas toujours descendre. Parfois, on ne peut même pas accéder à l’arrêt. Résultat : on ne choisit pas notre destination, c’est la destination qui nous choisit.

Aujourd’hui, nous nous battons, non seulement pour améliorer le quotidien des personnes en situation de handicap à Marseille, mais aussi pour les générations futures. Nous désirons que nos enfants puissent grandir dans une ville où se déplacer n’est pas une épreuve. Comme tout le monde, nous voulons sortir sans avoir à attendre un bus pendant des heures.

Nous interpellons la Métropole et les autorités compétentes pour qu’elles prennent leurs responsabilités. Il est temps d’agir pour faire de Marseille une ville accessible, inclusive, digne de son rayonnement. Personne n’est à l’abri : ce qui nous arrive aujourd’hui peut toucher n’importe qui. L’accessibilité n’est pas un privilège, c’est un droit fondamental pour toutes et tous. Se déplacer dignement est un besoin vital.

Nous demandons des choses simples :

qu’aucun bus ne circule avec une rampe défectueuse ;

que tous les chauffeurs soient formés ;

que tous les trottoirs et les arrêts soient aménagés ;

que l’information et la signalétique soient sonores, visuelles et accessibles à toutes et à tous.

Nous, le Collectif des Habitant·e·s Organisé·e·s du 3e arrondissement (CHO3), vous invitons à nous rejoindre. Signez notre pétition et ensemble, demandons à la Métropole que notre droit d’accéder aux transports publics, dont les bus, soit respecté. Rendons notre ville accessible et vivable pour toutes et tous.

Signataires : 

Collectif des Habitant·es Organisé·es du 3e arrondissement (CHO3), Assemblée des délogés, Association des usagers de la PADA, Centre social Belle de Mai, Collectif 5 novembre, Comité antivalidiste de Marseille, El Manba, En chantier, Fairville lab Marseille 3e, Fraternité de la Belle de Mai, Handitoit Provence, L’Appel de Mai, L’Hydre, La Friche, Le Donut, Les Minots de Noailles, Merkén, Mot à mot, On le fait pour nous, Organon Cie, Peanuts, Primitivi, Résistance Handi droits, Senhandicare, Sensé, Soin soin, Un centre-ville pour Tous

Pour tout contact écrire à droitaubus@cho3.org

Commentaires

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  1. Electeur du 8e © Electeur du 8e ©

    Les déplacements non motorisés sont déjà sportifs pour les personnes valides à Marseille, qui doivent composer avec des trottoirs minuscules et/ou encombrés de mobilier urbain et de véhicules divers et variés, avec des pistes cyclables erratiques et avec des passages piétons mal respectés par les usagers motorisés de la rue.

    Quant au réseau de bus, notoirement sous-dimensionné et dont le confort d’utilisation rappelle une époque heureusement révolue dans la plupart des autres grandes agglomérations, il faut parfois avoir la foi pour s’obstiner à vouloir l’emprunter.

    On imagine donc que les déplacements des personnes à mobilité réduite sont, dans cette ville, plus proches de l’exploit que de la banalité.

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    • julijo julijo

      C’est vraiment la honte de la ville les transports en commun pour les personnes handicapées, et les valides galèrent aussi.

      Je fréquente régulièrement les villes de Bordeaux Lyon et Strasbourg au tout n’est pas parfait mais nettement plus pratique et mieux adapté.
      Il y a sans aucun doute un problème de budget, mais ce n’est pas le seul, le manque de volonté politique pour l’amélioration du réseau est manifeste.

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