Ravi de vous rencontrer

Billet de blog
par Assedix
le 6 Juil 2020
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Le weekend dernier, le créateur de la page Marseille à la loupe, par ailleurs candidat malheureux aux élections municipales, avouait avoir pleuré de joie samedi. Plus sincèrement encore, il reconnaissait qu’en dépit de son inlassable investissement, il avait toujours craint que le changement ne soit en fin de compte inaccessible. Pour ma part en dépit d’un engagement beaucoup moins fort dans la vie locale, et d’opinions différentes sur bien des sujets, j’ai eu l’impression de ressentir la même émotion que lui et probablement beaucoup d’autres.
Un profond soulagement, une sorte d’apaisement, la preuve si longtemps attendue que cette ville que j’aimais était décidément aimable.

 

Mais pourquoi une telle joie alors que les difficultés auxquelles Marseille doit faire face n’ont pas changé depuis la semaine dernière ? Qu’est-ce qui a bien pu se dénouer samedi dernier en chacun de nous tandis que se jouait dans l’hémicycle du conseil municipal « la chute du monstre », pour reprendre un titre désormais incontournable ?

 

C’est l’étrange spectacle du lion et du taureau surplombant du haut de leurs échasses la place Bargemon qui m’a inspiré un début de réponse. En effet, au pied de ces installations surréalistes et alors que le monstre agonisant poussait ses derniers râles dans l’hémicycle, il n’en fallait pas beaucoup pour s’imaginer que chacun d’entre nous donnait au même instant le coup de grâce à une Chimère, cet animal hybride et maléfique, cette représentation terriblement pesante et inhibitrice que nous avions de notre ville.

Marseille, c’était « pas comme ailleurs. »

Marseille, c’était « comme ça depuis longtemps et ça ne risquait pas de changer. »

Marseille, c’était la droite, et pas la plus cosmopolite.

Marseille, c’était une ville où l’on préférait clôturer l’espace public que d’en faire profiter les SDF.

Marseille c’était les vieux grincheux, les plages fermées avant le coucher du soleil.

Marseille c’était « Barcelone le jour (???) et Barcelonnette la nuit. »

Marseille, c’était la ville où les trottoirs appartenaient plus aux voitures qu’aux poussettes.

Marseille, c’était l’OM. La ville de J-P Foucaud, de B.Tapie, de Soprano.

Marseille, c’était « le grand amour » de Gaudin. Qui réside dans le Var.

La ville de ceux qui n’y habitent pas.

 

Et puis voilà qu’à la surprise générale, une élection nous a révélé que, pour la plupart, les marseillais eux-mêmes ne se reconnaissent pas dans ce carcan. Qu’ils ne se sentaient pas à l’aise dans tous ces petits groupes un peu rances où l’on regarde le nouveau venu comme un étranger, et l’étranger comme une menace. Nous nous croyions seuls et samedi nous avons eu la divine surprise de nous découvrir majoritaires. De nous découvrir tels que nous étions et de nous faire reconnaître comme tels.

Et nous allons sans aucun doute continuer à le faire.

Créer une véritable démocratie locale en nous appuyant, au-delà de la carte postale défraîchie, sur les véritables ressources de la ville, dont nous ignorions jusque-là l’ampleur : des blogueurs et les communautés qu’ils créent, des associations et autres collectifs ad hoc sincèrement dévoués au bon fonctionnement de cette ville. Et parmi ces bonnes volontés, à la fois en pointe et au soutien, un journal local d’investigation que toutes les villes nous envient.

Alors à présent que le monstre est déboulonné, de l’Hôtel de Ville et de nos imaginaires, ne craignons plus de nous approprier notre ville. Apprenons à nous connaître tels que nous sommes.

Marseille, c’est Marsactu.

 

Marseille c’est NOUS.

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