Pétoires aux prétoires

Idée de sortie
le 31 Jan 2020
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L’équipe de Polar en Lumières, festival régional incontournable pour les aficionados du film noir, dévoile une onzième édition pertinente, en axant sa programmation autour des films de procès, du cinéma judiciaire, prolongement captivant de l’intrigue policière.

Durant dix éditions, le festival vitrollais Polar en Lumières nous a offert une vision kaléidoscopique d’un genre cinématographique majeur, directement nourri par son homologue littéraire : le film policier, et ses divers sous-genres, alimentent une mythologie narrative et visuelle indissociable de l’image en mouvement, et ce depuis les premiers pas du cinéma, jusqu’à construire ses propres motivations différentes du récit.
Entre ombre et lumière, mystification des repères, complexité des espaces, les frontières entre bien et mal devinrent vite incertaines, conviant Éros et Thanatos, lorsque la mort survient sous le regard de femmes fatales, à l’instar des œuvres de Hawks, Hitchcock, Welles ou De Palma. Ce maelström mythologique fondamental — et fondateur — dessinera pendant plus d’un siècle les reflets d’une société en crise.

Pour sa onzième édition, l’équipe de Polar en Lumières éclaire d’un nouvel angle ce genre sans cesse renouvelé : en consacrant sa programmation aux films de prétoires, films de procès, ce nouveau rendez-vous mêle à l’intrigue les éléments plus largement politiques et sociétaux que broie la machine judiciaire. Un sous-genre qui permet, dans les sillons de la tragédie théâtrale voire antique, et dans un espace-temps confiné, une éclatante diversité de la dramaturgie narrative. À l’instar des années précédentes — et c’est l’une des belles réussites de la manifestation —, de nombreux invités accompagneront les projections pour une kyrielle de rencontres savoureuses, avec le public.

Du formidable cinéaste Rabah Ameur-Zaïmeche, dont le dernier opus, Terminal Sud, fut l’un des grands moments de cette fin d’année, à l’auteur Alexis Aubenque, en passant par le grand reporter Christian Bindner ou les réalisateurs Ziad Doueiri et Antoine Raimbault, le récit noir sera au centre de tous les échanges. À commencer par la projection en avant-première de La Fille au bracelet de Stéphane Demoustier, qui révèle la jeune actrice Mélissa Guers. Suivront les séances de Terminal Sud, des opus de Ziad Doueiri (L’Insulte et L’Attentat), du film très remarqué d’Antoine Raimbault, Une intime conviction, librement inspiré de l’affaire Suzanne Viguier, ou de Ni juge, ni soumise, qu’accompagneront également les documentaristes Yves Hinant et Jean Libon.

Au-delà des nombreuses rencontres, expositions, dédicaces, concert et échanges littéraires, cette nouvelle édition nous permettra de réviser nos classiques, ou de (re)voir de récentes sorties sous formes de séances de rattrapage, tout en approfondissant les divers traitements cinématographiques qu’offre le film judiciaire : citons pêle-mêle l’excellent Le Procès d’Orson Welles, Le Traitre de Marco Bellocchio, La Vérité d’Henri-Georges Clouzot, Témoin à charge de Billy Wilder ou Le Verdict de Sidney Lumet, spécialiste incontesté du genre ! Un cinéma à la barre parfaitement mis à l’honneur lors des six jours de cette onzième édition.

Emmanuel Vigne

Festival Polar en Lumières : du 4 au 9/02 au Cinéma Les Lumières (Vitrolles). Rens. : www.vitrolles13.fr/

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