Municipales : débattre, il n’y a pas de débat

Tribune
le 24 Juin 2020
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Les rédacteurs en chef des principaux médias marseillais interpellent sur l'absence de débat entre les candidats toujours en lice, à quelques jours du second tour.

À quelques jours d’un second tour décisif pour l’avenir de la seconde ville de France, les citoyennes et citoyens marseillais sont privés d’un débat entre les principaux candidats toujours en lice.

Chacun dans son camp avance des arguments pour justifier ce refus. Nous, rédacteurs en chef des principaux médias de Marseille, ne souhaitons pas commenter la pertinence de ces arguments. Chacun, dans son camp, trouve une légitimité politique au silence. Nous ne pouvons l’accepter.

Les Marseillaises et les Marseillais ont besoin de voir se confronter les principaux candidats,
d’entendre leurs propositions, de pouvoir juger de leur points de divergence ou de convergence.

La crise sanitaire a déjà eu un impact retentissant sur la participation au premier tour. La persistance du risque sanitaire va continuer de peser sur la participation au second tour. L’absence de débat entre les principaux candidats ajoute à ce déficit démocratique.
Les citoyens de Paris et de Lyon ont eu droit à des débats entre les différents candidats. La seconde ville de France ferait donc exception. Ce mercredi, France 3 Provence Alpes prépare son plateau pour ce débat.

Vous, responsables politiques, pouvez donc encore le rejoindre pour confronter vos projets.
Par ailleurs, si ce délai vous paraît trop court pour revenir sur vos positions, nous sommes prêts à France Bleu Provence, La Marseillaise, Marsactu et La Provence à mettre nos moyens en commun pour rendre ce débat possible d’ici la fin de la campagne officielle, ce vendredi.

Elsa CHARBIT– présidente du club de la presse Marseille Provence, rédactrice en chef de Radio JM
Nicolas GALUP, rédacteur Provence Azur TV
Benoît GILLES– rédacteur en chef de Marsactu
Anne-Sophie MAXIME– rédactrice en chef France 3 Provence Alpes
Léo PURGUETTE – rédacteur en chef de La Marseillaise
Philippe RENAUD – rédacteur en chef de France Bleu Provence
Guilhem RICAVY – directeur des rédactions de La Provence
Julia ZECCONI, directrice de la publication MadeinMarseille

Commentaires

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  1. Félix WEYGAND Félix WEYGAND

    Chers journalistes, je ne suis pas d’accord avec vous, voici une autre façon de voir les choses. Vous observez le phénomène de votre point de vue de media, et vous avez tendance à penser qu’il doit s’imposer.
    Une presse libre et pluraliste est certes une condition de la démocratie, par ce qu’elle révèle par l’investigation, par les analyses des éditorialistes au-delà des faits, par ce qu’elle est un moyen de la publicité des programmes, des positions et des débats. C’est de ce dernier point qu’il s’agit : vous n’êtes qu’un des nombreux lieux de la publicité des débats.
    En tant que tel vous êtes l’objet de tactiques des différents acteurs, via leurs chargés de relation de presse. Mais ces tactiques se déploient aussi sur les réseaux sociaux, et là ce sont les community managers qui les mettent en œuvre, dans l’action militante qui distribue des tracts et tape les portes, dans des meetings, des réunions Tupperware, des apéritifs, etc.
    L’espace public (au sens de la théorie), qui s’élabore dans les repas de famille, à la machine à café du bureau ou au bar du coin (etc.), ne procède pas que, et pour ce qu’on en sait assez peu, de votre action.
    Vous n’êtes donc, ici, que l’objets de tactiques légitimes des autres acteurs. Réciproquement, quand vous espérez avoir de « bons clients » pour un débat bien saignant ou une interview bien tonitruante, vous êtes dans un comportement tactique envers les politiques (vous espérez les acculer à des propos qui feront du bruit) et envers le public (vous survalorisez les « bons clients » tonitruants au détriment du fond).
    La démocratie ne perd rien à ne pas vous faire, ici, plaisir.

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  2. Laurent Malfettes_ Laurent Malfettes_

    J’ai un point de vue différent de Félix dont je comprends le propos, mais qui occulte l’aspect contradictoire et instantané et éventuellement révélateur de la discussion entre les candidats, comme les moments de vérité peuvent surgir dans des salles d’audience que les « dossiers » n’avaient pas permis de mettre en évidence. Une confrontation non pour organiser un spectacle, mais pour comprendre. Comprendre les projets, les motivations des uns et des autres. Je souhaite ardemment ce débat public et ne trouverai pas plus d’excuse à Michele Rubirola de le refuser au second tour que je n’en ai trouvé à Madame Vassal de le contourner au premier.

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    • Simon BECHELEN Simon BECHELEN

      Refuser de débattre en démocratie lorsque son fondement historique est l’agora… Si les lecteurs ne voient pas l’antinomie, c’est problématique!

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    • Félix WEYGAND Félix WEYGAND

      Mais Laurent, pour comprendre les projets et motivations des uns et des autres, a-t-on besoin de ce débat ?
      Vassal va essayer de taper sur Rubirola, on a vu que pour cela aussi elle était prête à n’importe qu’elle attaque mensongère, n’importe qu’elle baliverne : elle va décrire le PM comme une secte d’ultra-gauche, antisémite, antichrétienne, laxiste avec les délinquants et l’immigration sauvage…
      Mais Ravier ne la laissera pas faire : Vassal et Ravier se partageant le même électorat vont être dans une foire aux gros mensonges racistes et sécuritaires. Ils sont obligés de se sauter à la gorge. Ravier va donc essayer de décrire Vassal comme une crypto social-démocrate de manière à les renvoyer dos à dos. En plus, pain béni pour lui : elle apparaît comme tellement malhonnête avec ses casseroles de fausses procurations qu’il va pouvoir la décrire comme la pire des voleuses sans même avoir à forcer le trait.
      Dans une salle d’audience ce ne sont pas les prévenus ou la partie civile qui parlent, ce sont leurs avocats.
      Là on serait dans une bagarre de chiffonnier, on n’y apprendra rien et Rubirola aurait bien tort de s’y commettre.

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  3. Emmanuel Fouquart Emmanuel Fouquart

    Vous aurez Stéphane Ravier sur France 3, les autres candidats déclinent l’invitation

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  4. Brallaisse Brallaisse

    Laurent, 200% d’accord avec Félix. Nous n’en sommes plus là . Il n’y a rien à discuter avec le front national . Il n’y a rien à discuter avec des gens qui coulent cette ville depuis 25 années et qui se servent. De quoi voulez vous parler ?.
    Lisez ou relisez plutôt les rapports successifs de la Chambre Régionale des Comptes ou bien les chroniques judiciaires de la presse et vous pourrez à loisir vous faire une opinion.

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  5. Laurent Malfettes_ Laurent Malfettes_

    Vous parlez en connaisseurs de la politique locale. Vous faites partie avec moi d’un microcosme passionné et très informé qu’un débat ne fera pas changer d’avis. Mais je pense à tous les autres, l’immense majorité pour qui un debat serait utile. Je pense aux trop nombreux abstentionnistes. Tout le monde n’a pas décortiqué le rapport de la cour des comptes…

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    • Brallaisse Brallaisse

      Vous avez raison , mais il y a des évidences dans Marseille qui sautent aux yeux, ne serait ce que les comportements de ces derniers jours. Cette équipe a tripatouillé dans tout ce qu’il est possible comme coup tordu .Cette cité est exsangue , endettée, et tout ce que vous voulez, la liste est tellement longue.Si les marseillais ne se rendent pas compte de ceci , alors c’est à désespérer de tout , ou bien pour paraphraser Shakespeare « Tout est pourri au royaume de Marseille »

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    • Laurent Malfettes_ Laurent Malfettes_

      Laissons les Marseillais se faire une opinion sans trancher à l’avance pour eux et sans les priver du débat contradictoire auquel ils ont droit et que la démocratie exige. Que penseriez vous d’un tribunal où tout se déciderait sans audience publique ? Sans possibilité pour la victime d’exprimer sa souffrance, de regarder son agresseur dans les yeux ? Et sans possibilité pour le criminel de faire entendre sa défense ? Non, une élection sans débat, c’est comme un procès sans audience et cela peut laisser un goût amer. Michèle Rubirola n’a rien à craindre. Des épreuves plus difficiles l’attendent si elle est élue. Il faut qu’elle y aille pour ne pas être accusée de se défausser.

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  6. Zumbi Zumbi

    Où avez-vous vu à la télé une agora démocratique ? si vous voulez faire un « débat » comme à la télé utilisez cet outil en rajoutant de nombreuses interruptions, insultes et coup bas
    http://www.encyclopedie-incomplete.com/?Le-Pipotron-Generateur-Automatique

    Le seul format intéressant pour découvrir à la téléune partie des projets est celui de Marsactu avant le 1er tour. Dommage que Marsactu s’associe maintenant à ceux qui ne rêvent que de nous resservir le même show qui depuis 30 ans fait irrésistiblement monter le dégoût abstentionniste.

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  7. Brallaisse Brallaisse

    La différence entre un vote et un jugement est simple . Le vote est direct , le jugement est plus complexe, nous donnons notre plainte à un avocat qui doit la défendre face à un procureur qui contre argumente ou attaque et in fine des magistrats jugent.
    Rubiola n’a pas besoin de se confronter à Vassal. Pour s’entendre durant une heure se faire traiter de tous les noms et subir inepties ,sur inepties.
    Qu’elle aboie dans son coin , quand elle n’aura plus de voix nous serons tranquilles.
    Je comprends ce que vous dites et je l’accepte. Mais face à la situation ce cette ville les contre verses n’ont plus lieu d’êtres

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    • Laurent Malfettes_ Laurent Malfettes_

      Et pourtant il y en a une (de controverse)… Mais j’entends vos arguments et vos nuances comme vous avez entendu les miens, chacun forgera son opinion. Ça sert à ça, le debat 😉

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  8. barbapapa barbapapa

    Vu le niveau de la campagne de certains : le front national on a l’habitude avec son jeu sur les bas instincts d’une partie de la population, la liste Vassal avec l’horreur de leurs fausses affiches, les déclarations xénophobes et anti pauvres, l’insanité des procurations ursurpées de personnes en état de faiblesse… il eut été pertinent de poser les mêmes questions très précises, par écrit, ou par oral, aux candidats concernés, questions qui émanant de journalistes seraient correctes et pourraient de façon intelligent éclairer le débat

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    • Laurent Malfettes_ Laurent Malfettes_

      Faute de mieux, on pourrait imaginer une confrontation dans ce genre, avec des interpellations et des réponses pré-enregistrées par les candidats. Ça manquerait de spontaneite mais cela permettrait un échange… par procuration 😅

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  9. Electeur du 8e Electeur du 8e

    Au moment où l’on débat aimablement pour savoir s’il faut ou non un « débat » (qui, je me répète, sera au mieux une succession de monologues, et au pire une succession de mensonges et d’attaques politiciennes – je fais confiance à Mme Vassal pour choisir la deuxième option), on apprend en bas de cet article de 20 Minutes (encart « 20 secondes de contexte ») que la multiprésidente a refusé de répondre aux questions qui lui étaient posées sur l’affaire des procurations en marge d’un entretien avec ce journal : https://www.20minutes.fr/municipales/2805207-20200623-municipales-2020-marseille-veux-donner-envie-gens-faire-peur-souhaite-michele-rubirola

    En fait, Notre-Dame de la Procuration ne conçoit pas de faire autre chose qu’un exercice de communication devant un simple porteur de micro. Il est d’ailleurs significatif qu’au premier tour elle ait refusé de répondre à l’invitation de Marsactu, pour échapper à des questions éventuellement un peu trop pugnaces à ses yeux. Or c’est dans ces entretiens au format « confessionnal » qu’on en apprend le plus, pas dans des débats minutés où personne n’a le temps de développer une idée nuancée et complexe.

    Le monde politique actuel prête beaucoup trop d’attention à la forme et au verbe, bien aidé par des médias qui, le plus souvent, ne laissent pas parler plus de cinq secondes d’affilée leurs invités. A ce petit jeu, ce ne sont pas les candidats dont le projet est le plus solide qui brillent, mais ceux qui sont formatés pour faire des petites phrases et sourire mécaniquement dès qu’ils voient un objectif d’appareil photo.

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    • Laurent Malfettes_ Laurent Malfettes_

      Assez d’accord et une mention spéciale pour Notre Dame de la procuration. Très drôle 🤣

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  10. Brallaisse Brallaisse

    Que vous êtes tous pas gentils avec Martine, que elle est allé voir papy Gaudin et que lui il est tout fâché et qu’il va donner la fessée à ceux qui l’embetent
    Elle est toute estransinnee peuchère

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