Mes châteaux d’If: Le petit théâtre des opérations.

Billet de blog
le 12 Mar 2022
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Mes châteaux d’If: Le petit théâtre des opérations.
Mes châteaux d’If: Le petit théâtre des opérations.

Mes châteaux d’If: Le petit théâtre des opérations.

   Malgré son titre, rien à voir avec la crise hospitalière et les déprogrammations. Ah les fadas ! Faire rire avec l’ histoire, la grande Histoire, celle des rois et des empereurs, quelle gageure. Chez Julien Hervieux et son chien, rien que de l’ anecdote de premier choix dans la boucherie des deux guerres mondiales. Mata Hari, la belle agent trouble ou les chiens anti-chars, à vous de voir.

   L’ histoire, celle de Julien Hervieux commence avec une chaîne youtube où le petit prof d’histoire raconte l’histoire par la bande, celles des héros méconnus qui mettent en déroute les grandes armées, le jeteur de peau de banane sur la route d’ Hamilcar et des éléphants, le brave soldat Chvéïk, Makhno l’anarchiste et sa bande de rigolos ukrainiens, …bon ne croyez pas tout ce que je dis, sauf que lui, prend des véritables figures trouvées dans les recoins pour en faire la mémoire avec un soupçon de rigolade et un zeste de décalage, car on sait bien que raconter un grand massacre (ou une guerre) passe bien mieux avec un sourire décomplexé, voire sadique. Regardez la St Barthélemy, une fête pour les catholiques, si j’y ajoute de l’humour contre les parpaillots avec force détails sur les étripages et autres arrachages de testicules, tout de suite, ça passe mieux. La guerre de 14 racontée du point de vue allemand peut s’avérer hilarant ( comme les gaz). Par contre si vous aimez les larmes, relisez, la mine triste et le cerveau sur la main, In western nichts neues, A l’Ouest rien de nouveau de Erich Maria Remarque, la guerre vue de Berlin.

    Chez nos deux compères de bande dessinée, leur tasse de thé, ce sont les deux grandes guerres mondiales, comme ça, il y a beaucoup d’histoires. Ils peuvent tenir deux cents ans chez Fluide. Je vous dirais bien de lire en parallèle Les Thibault de Roger Martin du Gard, un roman magnifique autour de la première guerre mondiale mais à ce moment-là, ça vous ne ferait plus du tout rire.

Jacques, l’anarchiste, devient message de l Internationale socialiste. La venue de la guerre se précipite. L’ Autriche veut annexer la Serbie. L’enchainement des réactions provoque le début des hostilités et le ralliement des socialistes jusqu’a ceux de la Guerre sociale et du Bonnet Rouge, deux journaux contestataires de l’époque. Le 31 juillet, Jaurés est assassiné. Le 1 er aout, la mobilisation est annoncée. Les anti-militaristes deviennent belliqueux…Jacques tente un dernier coup fatal et meurt dans un accident d’ avion en tentant de lancer des tracts anti guerre  au dessus de la ligne de front.( Les Thibault)

Il y a aussi La Percée de Jean Bernier et Hommes en guerre d’ Andreas Laztko parus chez Agone dans le genre à te foutre le trakzir.

   Julien Hervieux, le scénariste explore par exemple, l’ histoire d’un sniper, Simo Häyhä, qui tira comme à la fête foraine, des soldats russes en plein hiver 40. Le type aurait sûrement remporté les jeux olympiques en biathlon en temps de paix puisqu’il slalomait en ski pour harceler les soldats soviétiques. Simo, obsessif en diable, va abattre 505 ennemis au fusil. Mais, Simo n’était pas ukrainien mais finlandais.

(En lisant la Panthère des neiges de Sylvain Tesson, un grand livre, je tombe sur cette histoire qu’il a intégré en parlant de l’immobilité du sniper qu’il compare avec celle de Vincent Munier, le photographe “chasseur” d’images d’animaux.)

    Dans un autre registre, des bonus brefs enchantent cette bande dessinée comme «  D’où vient l’expression Café liégeois? Figurez-vous qu’avant 1914, quand on allait au bistrot chez les bourgeois, on commandait un café viennois. La France, montée sur ses ergots, sut prendre des mesures à la hauteur du bombardement de Liège. Elle renomma le café viennois en café liégeois. Un peu comme la rétorsion française de la douane française à la Ciotat. Magnifique fait d’armes que cette prise de l’Amore Vero du nom de ce yacht russe, pour montrer à la grande Russie de quel bois on se chauffe sur la cote d’ azur. Ah, (ici, sanglots et violons) si Bruno Le Maire pouvait confisquer tous les yachts de Saint Tropez pour renflouer l’ hôpital public…( c’est comme ça qu’on termine sur ce qu’on a commencé, hein?)

   Le petit théâtre des opérations, Monsieur le chien et Julien Hervieux, Fluide Glacial, 2022,56 pages, 14, 90 euros.

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